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Plusieurs centaines de personnes affluaient dimanche après-midi à Bastia (Haute-Corse) pour une manifestation en soutien à Yvan Colonna, militant indépendantiste corse condamné pour l'assassinat du préfet Erignac, victime d'une agression en prison qui l'a laissé dans le coma, a constaté l'AFP.
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Sous une pluie fine et froide, les manifestants étaient pour certains drapés dans des drapeaux corses. La banderole de tête du cortège n'avait pas encore été déployée.
Juste avant le début de la manifestation, le procureur de Bastia Arnaud Viornery a précisé à l'AFP qu'"environ 300 cocktails Molotov ont été découvert dans un espace public" dans la ville.
Cette manifestation a été initiée par des syndicats étudiants nationalistes, rejoints par l'ensemble des partis nationalistes de l'île, comme pour le rassemblement de Corte dimanche dernier, qui avait rassemblé 4.200 personnes selon les autorités, 15.000 selon les organisateurs.
"On est venu pour ce qui se passe en Corse, l'Etat français qui nie le peuple corse, pour la libération de tous les prisonniers corses", a expliqué à l'AFP Marité Costa, 58 ans, déjà présente à Corte dimanche dernier: "On dit +les jeunes c'est des casseurs+, mais c'est pas des casseurs, ils se battent, c'est grâce à eux que ça a bougé, parce que Macron il en a rien à faire, même à un mois des élections".
Dès le lendemain de l'agression d'Yvan Colonna à la maison centrale d'Arles (Bouches-du-Rhône) le 2 mars, des rassemblements avaient eu lieu sur toute l'île, sur fond d'interrogations sur les conditions de cette attaque visant ce militant indépendantiste corse qui réclamait de longue date son rapprochement dans une prison de l'île.
Cette semaine, la violence s'est intensifiée avec notamment l'intrusion d'une quinzaine de manifestants mercredi soir dans le palais de justice d'Ajaccio, qu'ils ont saccagé et tenté d'incendier.
Vendredi, le Premier ministre Jean Castex a tenté d'apaiser la situation en annonçant la levée du statut de "détenu particulièrement surveillé" (DPS) de Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, deux autres membres du "commando Erignac" encore détenus sur le continent. C'est ce statut qui bloquait le rapprochement des trois hommes dans une prison corse.
"En sept ans, rien n'a avancé, et en sept jours de violences, les choses ont bougé", a constaté dimanche auprès de l'AFP Antoine Negretti, 29 ans, venu de Balagne avec son père.