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L'armée israélienne bombarde vendredi le sud de la bande de Gaza alors qu'une délégation du Hamas est attendue en Egypte pour discuter d'un projet de cessez-le-feu prévoyant aussi la libération d'otages aux mains du mouvement islamiste palestinien.
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Dans la nuit de jeudi à vendredi, les forces israéliennes ont multiplié les frappes dans la bande de Gaza, notamment sur Rafah, où des Palestiniens se sont précipités sur des tas de gravats, à la recherche de survivants.
"Nous étions tranquillement assis (à la maison, ndlr) et tout à coup nous avons entendu une forte explosion et des débris ont commencé à nous tomber dessus", a témoigné à l'AFP Tayseer Abou Al-Eish. "L'appartement a été complètement détruit et mes filles criaient. Il y a eu plusieurs victimes (...) nous essayons de sortir les voisins des décombres mais il y a des martyrs".
Et au sud de Jérusalem, un Palestinien a blessé deux Israéliens dans une attaque au couteau avant d'être lui-même abattu, selon la police et les secouristes, le Hamas saluant une "opération héroïque" menée en "réponse" à la situation à Gaza.
- Discussions au Caire -
Une délégation du Hamas est attendue vendredi au Caire pour discuter d'un plan égyptien en trois étapes qui prévoit des trêves renouvelables, des libérations échelonnées d'otages et de prisonniers palestiniens et, à terme, un cessez-le-feu mettant fin aux hostilités.
En Israël, l'attaque de commandos du Hamas a fait environ 1.140 morts, la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir des derniers chiffres officiels israéliens.
Environ 250 personnes ont été enlevées par le Hamas, dont 129 restent détenues à Gaza, selon l'armée israélienne qui a juré, en représailles aux attaques du 7 octobre, de "détruire" le mouvement islamiste au pouvoir depuis 2007 à Gaza.
Au Caire, la délégation du Hamas transmettra aux Egyptiens "la réponse des factions palestiniennes, qui comporte plusieurs observations, à leur plan", a affirmé à l'AFP un responsable du mouvement islamiste requérant l'anonymat.
Ces observations portent notamment "sur les modalités des échanges prévus et le nombre des pionniers palestiniens qui seront libérés, et sur l'obtention de garanties pour un retrait militaire israélien total de la bande de Gaza", a ajouté ce responsable.
"Nous sommes en contact (avec les médiateurs, ndlr) en ce moment même. Je ne peux pas fournir plus de détails. Nous travaillons à tous les ramener. C'est notre objectif", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d'une rencontre jeudi à Tel-Aviv avec des familles d'otages.
- Doyenne des otages -
Présentée comme la femme la plus âgée retenue en otage dans la bande de Gaza, l'otage israélo-américaine Judith Weinstein Haggai, 70 ans, a été annoncée morte jeudi par son kibboutz, Nir Oz, situé juste à la lisière de la bande de Gaza.
Cette mère de quatre enfants, grand-mère de sept petits-enfants et enseignante d'anglais pour enfants à besoins éducatifs particuliers, selon son kibboutz, avait grandi à Toronto et possédait aussi la citoyenneté canadienne.
Plus tôt cette semaine, son kibboutz avait annoncé la mort de son mari Gadi Haggai, 73 ans, également otage à Gaza où se trouveraient toujours leurs dépouilles.
La population de Gaza reste, elle, en "grand danger", avertit l'Organisation mondiale de la santé (OMS), affirmant que "la faim et le désespoir" s'aggravent dans le territoire où, selon l'ONU, près de deux millions de personnes (85% de la population) ont été déplacées.
Beaucoup ont fui plusieurs fois, poussés sur les routes par l'avancée des combats du nord vers le sud et les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, sans pour autant échapper aux bombardements incessants.
L'aide humanitaire, dont l'entrée est contrôlée par Israël, n'arrive qu'en quantité très limitée malgré le vote d'une résolution du Conseil de sécurité le 22 décembre. Israël a annoncé jeudi son accord "de principe" à Chypre pour l'ouverture d'un corridor humanitaire maritime entre l'île et le territoire palestinien assiégé.
- Aéroport de Damas -
Le conflit à Gaza a ravivé les tensions à travers le Moyen-Orient, notamment à la frontière nord d'Israël avec le Liban, où l'état-major israélien a évoqué une possible "expansion des combats".
L'armée israélienne a fait état de nombreux tirs depuis le sud du Liban vers le nord d'Israël, où des sirènes d'alerte ont retenti à plusieurs reprises dans l'après-midi de jeudi, et annoncé des frappes sur des "positions" du Hezbollah.
Et tard jeudi soir, le ministère syrien de la Défense a annoncé une frappe israélienne près de Damas et dans le sud du pays.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, les frappes ont notamment visé les environs de l'aéroport international de Damas et ce, 24 heures à peine après la reprise des vols suspendus depuis une attaque israélienne fin novembre
Israël, qui commente rarement ces allégations, a multiplié les frappes en Syrie ces dernières années, y ciblant les forces soutenues par l'Iran.
Or l'Iran a menacé Israël "d'actions directes et d'autres menées par le front de la résistance" après la mort lundi, dans un tir de missile en Syrie qu'il impute à Israël, de Razi Moussavi, un général des Gardiens de la Révolution dont les funérailles ont eu lieu jeudi à Téhéran.
Autre front de ce conflit en expansion: le Yémen, d'où les rebelles Houthis, alliés de Téhéran, multiplient les tirs vers la Mer Rouge pour freiner le trafic maritime international en "soutien" à Gaza. La marine américaine a abattu jeudi soir en mer Rouge un drone et un missile anti-navire tirés par les Houthis.