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Israël a juré samedi de poursuivre jusqu'à la "victoire complète" sa guerre contre le Hamas, qui entrera dimanche dans son quatrième mois, transformant Gaza en "lieu de mort" selon l'ONU et alimentant les craintes d'une contagion au Liban voisin.
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Dans la journée, l'armée de l'air israélienne a mené de nouvelles frappes meurtrières du nord au sud de la bande de Gaza, où le Hamas a pris le pouvoir en 2007, tandis que la tension est montée à la frontière israélo-libanaise.
Le Hezbollah libanais pro-iranien a tiré des dizaines de roquettes vers une base militaire à Meron dans le nord d'Israël, une attaque présentée comme sa première riposte à l'élimination, attribuée à Israël, du numéro deux du Hamas, Saleh al-Arouri, mardi près de Beyrouth.
L'armée israélienne a indiqué avoir frappé en retour "une série de cibles terroristes" du mouvement chiite libanais dans le sud du Liban.
Selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI), des frappes israéliennes ont visé plusieurs villages et villes du sud du Liban, blessant une réfugiée syrienne.
Six combattants ont été tués, selon le Hezbollah, un allié du Hamas.
Israël a juré de détruire le Hamas après son attaque inédite sur le sol israélien le 7 octobre, fatale à environ 1.140 personnes, essentiellement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir du bilan israélien. Environ 250 personnes ont été enlevées dont une centaine libérées lors d'une trêve fin novembre.
Des familles des otages israéliens se sont par ailleurs rassemblées à Tel-Aviv dans la soirée, sous le slogan "Nous ne pouvons pas atteindre 100 jours, ramenez les otages maintenant!".
"La guerre ne doit pas s'arrêter tant que nous n'aurons pas atteint" tous ses objectifs, qui sont "d'éliminer le Hamas, récupérer les otages et faire en sorte que Gaza ne soit plus une menace pour Israël", a déclaré le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, dans un communiqué concluant trois mois de conflit.
L'armée israélienne a peu après annoncé avoir "achevé le démantèlement de la structure militaire du Hamas dans le nord de la bande de Gaza" et concentrer désormais ses opérations "dans le centre et le sud de ce territoire".
- "Un autre moyen d'éradiquer le Hamas" -
Les opérations israéliennes dans la bande de Gaza ont fait 22.722 morts, majoritairement des femmes, enfants et adolescents, et plus de 58.000 blessés, selon un dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas.
"Cette injustice doit cesser", hurle Wali Mamluk, un habitant de Gaza, dans le quartier al-Rimal de la ville de Gaza, dans le nord du territoire palestinien, où des secouristes rassemblent les corps de plusieurs personnes tuées dans un bombardement israélien, selon l'AFPTV.
"Où est la communauté internationale? Où sont les Arabes?", s'insurge-t-il.
"Ils ont tué nos enfants, ils ont tué nos proches", se lamente plus au sud une femme, devant l'hôpital européen de Khan Younès, où affluent les corps de victimes, selon des images de l'AFPTV.
Selon des journalistes de l'AFP, des frappes ont aussi ciblé la nuit et tôt samedi Rafah, à la pointe sud de la bande de Gaza où ont afflué des centaines de milliers de Palestiniens fuyant les opérations militaires plus au nord.
L'offensive israélienne a rasé des quartiers entiers de Gaza et déplacé 1,9 million de personnes - 85% de la population d'après l'ONU - qui manquent d'eau, de nourriture, de médicaments et de soins, avec des hôpitaux pour la plupart hors service.
La bande de Gaza est "tout simplement devenue inhabitable", "un lieu de mort et de désespoir" a déploré le coordinateur des affaires humanitaires de l'ONU, Martin Griffiths.
Selon l'Unicef, les combats, la malnutrition et la situation sanitaire menacent "plus de 1,1 million d'enfants" dans ce petit territoire surpeuplé et paupérisé.
"Israël a proclamé son objectif d'éradiquer le Hamas. Il doit y avoir un autre moyen d'éradiquer le Hamas qui ne provoquerait pas autant de morts", a plaidé samedi le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, en visite au Liban.
- Prévenir une "escalade" -
"L'une des véritables préoccupations est la frontière entre Israël et le Liban et nous voulons faire tout notre possible pour nous assurer qu'il n'y ait pas d'escalade", a aussi déclaré le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken.
"Nous devons nous assurer que le conflit ne se propage pas", a-t-il souligné lors d'une étape en Crète, avant d'entamer dimanche à Amman une tournée dans des pays arabes et en Israël.
Depuis le 8 octobre, les échanges de tirs quasi-quotidiens entre le Hezbollah et les forces israéliennes ont fait 181 morts au Liban, dont 135 combattants du mouvement chiite, selon un décompte de l'AFP.
En Syrie et en Irak, les attaques contre des bases militaires des Etats-Unis se aussi sont multipliées depuis le 7 octobre, tandis que les rebelles Houthis au Yémen perturbent le trafic maritime mondial en mer Rouge en y attaquant des navires, au nom de leur "soutien" aux Palestiniens.
La ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a elle appelé samedi son homologue iranien, Hossein Amir-Abdollahian, pour exhorter "l'Iran et ses affidés" à cesser "immédiatement" leurs "actions déstabilisatrices" alors que "le risque d'embrasement régional n'a jamais été aussi important".
Dans un message vidéo adressé au chef de la diplomatie américaine, le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, basé au Qatar, a appelé M. Blinken à "se concentrer sur la fin" de l'offensive israélienne et la "fin de l'occupation de l'ensemble de la terre palestinienne".
"L'avenir de la bande de Gaza" sera "déterminé par le peuple palestinien et non par Israël", dont "tous les scénarios (...) ne mèneront qu'à l'échec", a pour sa part déclaré samedi Hussein al-Sheikh, un haut responsable de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée, en réponse aux pistes pour l'après-guerre présentées jeudi par le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant.
Ce plan, qui doit encore être examiné par un gouvernement divisé, prône que l'administration de Gaza soit confiée à des "entités palestiniennes" mais excluant le Hamas, classé groupe terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne notamment.