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Le chef du mouvement islamiste palestinien Hamas, Ismaïl Haniyeh, est attendu jeudi en Egypte pour discuter d'une nouvelle trêve dans la bande de Gaza où les combats et les raids israéliens se poursuivent en dépit d'une situation humanitaire critique.
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Au cours de la nuit, des témoins ont fait état de frappes israéliennes à proximité de l'hôpital Nasser de Khan Younès, grande ville du sud du territoire où se cachent selon Israël des dirigeants locaux du Hamas.
Au cours des derniers jours, l'armée israélienne avait indiqué avoir "encerclé" la ville, défait des bataillons du Hamas vers sa portion Est et concentré désormais ses actions sur le versant Ouest.
De son côté, l'ONU a fait état "d'intenses bombardements" à travers la bande de Gaza, et en particulier à Khan Younès, indiquant que 184.000 Palestiniens s'étaient inscrits pour demander une aide humanitaire après avoir été contraints de quitter la partie occidentale de la ville.
"En ce moment, ce qui est en train de se passer, c'est un massacre", a déclaré à l'AFP Léo Cans, chef de mission pour Médecins sans frontières (MSF) dans les Territoires palestiniens.
"Ce n'est pas possible qu'aujourd'hui dans une guerre où les gens n'ont pas le droit de sortir, où les gens sont assiégés, où ils n'ont nulle part où aller, qu'on accepte de tuer 150 femmes et enfants par jour (...) Donc la première demande, c'est un cessez-le-feu immédiat et total", a-t-il ajouté.
- "Au bord du gouffre" -
Près de quatre mois après le début de la guerre qui a dévasté le territoire palestinien assiégé, la population "meurt de faim" et "est poussée au bord du gouffre", a dénoncé un responsable de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Michael Ryan.
Ajoutant à la détresse de la population civile, les opérations de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) sont menacées après que des pays donateurs ont suspendu leur contribution dans la foulée d'accusations d'Israël à l'encontre de 12 employés de l'agence soupçonnés d'implication dans l'attaque du 7 octobre.
Ce jour-là, des commandos du Hamas venus de Gaza ont mené une attaque sans précédent en sol israélien, qui a fait environ 1.140 morts, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de chiffres officiels israéliens.
Quelque 250 personnes ont été enlevées et emmenées dans la bande de Gaza, dont une centaine ont été libérées fin novembre à la faveur d'une première trêve, en échange de prisonniers palestiniens.
En riposte, Israël a juré d'"anéantir" le Hamas et lancé une vaste opération militaire qui a fait 26.900 morts, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du mouvement palestinien.
- Pourparlers de trêve -
Pour appuyer les efforts en vue d'une possible deuxième trêve, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken va retourner "dans les prochains jours" au Moyen-Orient, a indiqué un responsable américain sans dire dans quels pays.
Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, basé au Qatar, est lui attendu jeudi en Egypte pour discuter d'une initiative formulée lors d'une réunion le weekend dernier à Paris entre le directeur de la CIA, William Burns, et des responsables égyptiens, israéliens et qataris.
Selon une source du Hamas, le mouvement islamiste palestinien examine une proposition en trois phases, dont la première porte sur une trêve de six semaines durant laquelle Israël devra libérer entre 200 à 300 prisonniers palestiniens en échange de 35 à 40 otages retenus à Gaza, et 200 à 300 camions d'aide pourront entrer chaque jour dans le territoire palestinien.
- "Commission de paix" -
Pour le moment, le Hamas réclame un cessez-le-feu total en préalable à tout accord alors que le gouvernement israélien évoque une pause dans les combats mais pas la fin de son opération à Gaza.
"Nous travaillons à obtenir une autre entente pour la libération de nos otages, mais pas à n'importe quel prix", a déclaré mardi soir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, sous pression à la fois des familles d'otages pour une libération et de membres de son gouvernement hostiles à une entente qui seraient trop généreuses selon eux pour les Palestiniens.
En marge de la médiation menée par les Etats-Unis, le Qatar et l'Egypte, le président colombien Gustavo Petro, qui soutient ouvertement la cause palestinienne et accuse Israël de commettre actuellement un "génocide" à Gaza, a proposé la mise sur pied d'une "commission de paix composée de différents pays" pour assurer les libérations et la fin des hostilités.
Hors de Gaza, le conflit risque toujours de "se métastaser", expression utilisée récemment par le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken pour évoquer les tensions à la frontière israélo-libanaise, mais aussi en Irak, et au Yémen.
Là, les rebelles Houthis, qui depuis la mi-novembre ciblent le transport maritime international en "solidarité" avec les Palestiniens de Gaza, ont revendiqué dans la nuit l'attaque d'un navire américain dans le golfe d'Aden et fait état de tirs américains sur leurs positions.