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D'énormes colonnes de fumée noire et grasse montent dans le ciel matinal. Odessa s'est réveillée dimanche en sursaut, au fracas d'une série de frappes russes visant des infrastructures du grand port ukrainien sur la mer Noire, relativement à l'abri des combats.
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Vers 06H00 du matin (03H00 GMT), une demi-douzaine d'explosions ont secoué les murs de la ville, selon des journalistes de l'AFP et des habitants. Puis un nuage de fumée noire a bouché une partie de l'horizon.
Plusieurs épaisses colonnes de fumée et des flammes s'élèvent d'une zone industrielle dont les accès sont interdits par des policiers et des hommes en armes, mais où l'on aperçoit des citernes.
"Nous avons été réveillés par une première explosion, puis nous avons vu un éclair dans le ciel, puis un autre, et encore un autre, j'ai perdu le compte", raconte-t-il à l'AFP.
"Puis il y a eu une brève interruption, puis de nouveau les fenêtres se sont illuminées, puis nous avons entendu un bruit, sans savoir si c'était passé au-dessus ou si ça allait tomber sur nous", ajoute-t-il.
Un autre résident, un jeune homme dégingandé prénommé Ilya, coiffé d'une casquette, tenant en laisse son pitbull, montre aux journalistes un éclat de projectile qui a atterri dans les environs, selon lui.
"Les citernes d'essence ont commencé à brûler, nous avons été bombardés, c'était vraiment horrible et effrayant !", s'exclame-t-il. "Il y a des enfants qui vivent ici, beaucoup de personnes âgées et pas d'abri antibombe", précise Ilya, avant de guider un groupe de journalistes vers le toit de l'immeuble.
- Raffinerie et dépôts de carburant -
Mais au bout de quelques minutes, des policiers ukrainiens en uniforme bleu font irruption sur le toit. Ils somment les journalistes de cesser de prendre des images et l'un d'entre eux houspille le jeune homme, lui ordonne d'attacher son chien, avant de le gifler et de le frapper à coups de poing à plusieurs reprises.
Des policiers lui attachent les mains dans le dos avec des menottes en plastique puis le font descendre avec eux tandis que d'autres rappellent aux journalistes l'interdiction par les autorités ukrainiennes de toute publication sur la localisation ou les dégâts des frappes, avant de les laisser repartir.
"La région d'Odessa fait partie des cibles prioritaires de l'ennemi. L'ennemi poursuit sa pratique sournoise de frapper des infrastructures sensibles", a déclaré dans un communiqué sans autre indication un officier du commandement régional Sud de l'armée ukrainienne, Vladislav Nazarov.
Ces frappes n'ont pas fait de victime, a-t-il assuré.
Le ministère russe de la Défense a confirmé des tirs de "missiles de haute précision à partir de la mer et de la terre qui ont détruit une raffinerie et trois dépôts de carburant et de lubrifiants près de la ville d'Odessa".
Selon lui, ces sites servaient à ravitailler en carburant les forces ukrainiennes autour de la ville de Mykolaïv, à 130 km plus à l'est, sur laquelle butent jusqu'à présent les tentatives de l'armée russe d'avancer vers Odessa.
Cette ville historique a en conséquence été jusqu'à présent épargnée par les combats qui font rage dans le nord et l'est du pays. Les frappes de dimanche sont les premières à la toucher depuis près de deux semaines.
Après un interrogatoire sommaire et une vérification de ses papiers d'identité en bas de l'immeuble, les policiers finissent par détacher les menottes d'Ilya. Tout penaud, il en sera apparemment quitte pour une grande frayeur, ainsi que quelques contusions et un hématome au côté droit de la tête.