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Le dirigeant souverainiste hongrois Viktor Orban a remporté dimanche une quatrième victoire d'affilée, bien plus facilement que prévu, à l'issue de législatives à l'ombre de la guerre en Ukraine.
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A 58 ans, le doyen des dirigeants en exercice de l'Union européenne (UE) faisait face une alliance inédite et disparate de six partis, et les analystes avaient prédit une bataille serrée comme jamais.
Mais selon des résultats partiels, son parti Fidesz recueillait 54,24% des voix après le dépouillement de 77% des bulletins, contre 33,92% pour l'opposition, a précisé le Bureau national électoral.
"Nous avons remporté une victoire exceptionnelle - une victoire si grande qu'on peut sans doute la voir depuis la lune, et en tout cas certainement depuis Bruxelles", a déclaré grand sourire et sous les applaudissements M. Orban, habitué des bras de fer avec l'UE.
- "Ils ont ruiné notre pays" -
Son adversaire Peter Marki-Zay n'avait toujours pas pris la parole à 21H00 GMT.
En glissant son bulletin dans l'urne aux côtés de sa famille, ce maire conservateur de 49 ans avait dénoncé plus tôt "des conditions injustes et impossibles" visant à permettre à son rival de "rester éternellement au pouvoir".
Et de citer des médias publics à la botte du gouvernement - lui-même a eu droit à seulement cinq minutes d'antenne à la télévision publique, en tout et pour tout.
"Le pouvoir de la presse pro-gouvernement est trop important, je ne pense pas qu'on va gagner", abondait Flora Arpad, étudiante de 19 ans, qui votait pour la première fois.
Dans la coalition de l'opposition certains, comme le vice-président du Jobbik, Marto Gyongyosi, ont dénoncé des "irrégularités".
Accusé par Bruxelles de multiples atteintes à l'Etat de droit, Viktor Orban a muselé au fil de 12 années justice et médias, tout en prônant une vision ultra-conservatrice de la société.
Le scrutin s'est tenu pour la première fois sous la surveillance de plus de 200 observateurs internationaux. Chaque camp a aussi déployé des milliers de bénévoles.
Parmi les partisans du Fidesz, Zsuzsa Alanyi, décoratrice de 44 ans et mère de quatre enfants, saluait "les réductions d'impôts et aides" allouées aux familles.
Pour Agnes Kunyik, 56 ans, au contraire, "ils ont ruiné notre pays, ils l'ont détruit".
Fustigeant "le gouvernement le plus corrompu de l'histoire de la Hongrie, "MZP" avait sillonné ces dernières semaines de long en large le pays, à l'écoute des habitants, dans l'espoir de battre en brèche la "propagande" du gouvernement.
- "La guerre a tout changé" -
Surtout que le conflit en Ukraine voisine a totalement bousculé la donne.
"La guerre a éclaté, et la guerre a tout changé", a résumé M. Orban vendredi au cours de son unique rassemblement de campagne.
Il s'est posé comme "un protecteur" de la Hongrie, un garant de paix et de stabilité, en refusant de livrer des armes à l'Ukraine et de voter des sanctions qui priveraient les Hongrois des précieux pétrole et gaz russes.
Parallèlement, sur les affiches électorales et dans les médias pro-Orban, Peter Marki-Zay a été dépeint comme "dangereux", accusé de vouloir précipiter le pays dans la guerre du fait de son ferme soutien à l'Ukraine.
Le candidat a eu beau souligner la proximité cultivée depuis 2010 par le Premier ministre avec le président russe, le traitant de "Poutine hongrois", son discours n'a visiblement pas suffi à convaincre les électeurs.
Les Hongrois étaient par ailleurs appelés à répondre à quatre questions en lien avec la récente loi interdisant d'évoquer auprès des moins de 18 ans "le changement de sexe et l'homosexualité".
Un référendum "malsain" pour les ONG qui avaient demandé aux électeurs d'"invalider" leurs bulletins en cochant deux cases au lieu d'une. Les résultats sont attendus plus tard dans la soirée.