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La communauté internationale, Etats-Unis en tête, redoublait vendredi ses appels pour dissuader Israël de lancer une offensive à grande échelle à Rafah, où près d'un million et de demi de Palestiniens sont pris dans la nasse à la frontière avec l'Egypte.
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Le président américain Joe Biden a réitéré au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lors d'un appel téléphonique, son opposition à une opération militaire à Rafah "sans un plan crédible et réalisable assurant la sécurité des civils à Rafah", selon la Maison Blanche.
M. Netanyahu a annoncé une "action puissante" contre Rafah pour porter le coup de grâce au Hamas, au pouvoir à Gaza, mais assuré que son armée permettrait auparavant aux civils "de quitter les zones de combat", sans expliquer vers quelle destination.
Environ 1,4 million de personnes, dont beaucoup déplacées à plusieurs reprises, s'entassent à Rafah, transformée en gigantesque campement. "Plus de la moitié de la population gazaouie s'entasse dans moins de 20 % de la bande de Gaza", résume l'ONU.
Rafah est en outre le principal point d'entrée de l'aide humanitaire depuis l'Egypte, contrôlée par Israël et insuffisante pour répondre aux besoins d'une population menacée par la famine et les épidémies.
- "Travailler sans relâche pour les otages" -
Lors de cette conversation, Joe Biden a également "réaffirmé son engagement à travailler sans relâche pour assurer la libération de tous les otages dès que possible".
Selon Israël, 130 otages sont encore détenus à Gaza, dont 30 seraient morts, sur environ 250 personnes enlevées sur son territoire le 7 octobre. Une trêve d'une semaine en novembre avait permis la libération de 105 otages et de 240 Palestiniens détenus par Israël.
Des négociations en vue d'une trêve incluant de nouvelles libérations d'otages du Hamas et de Palestiniens détenus par Israël se poursuivent au Caire jusqu'à vendredi, sous la médiation du Qatar, de l'Egypte et des Etats-Unis.
L'armée israélienne a expliqué son opération dans l'hôpital Nasser de Khan Younès, par "des renseignements crédibles" selon lesquels le Hamas y aurait retenu des otages "et qu'il y aurait peut-être des corps d'otages" sur place.
Le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas a affirmé vendredi craindre pour la vie de six patients en soins intensifs et de trois nourrissons dans la maternité de l'hôpital par manque d'oxygène, les générateurs électriques s'étant arrêtés.
Le ministère a fait état d'un bilan de "112 morts" dans la nuit de jeudi à vendredi à travers la bande de Gaza.
- Accord espéré avant le ramadan -
Après sa conversation avec Joe Biden, Benjamin Netanyahu a rejeté jeudi soir toute reconnaissance internationale d'un Etat palestinien hors du cadre d'une reprise de négociations de paix israélo-palestiniennes, en réaction à un plan évoqué par le quotidien américain Washington Post.
"Une telle reconnaissance, à la suite du massacre du 7 octobre, offrirait une énorme récompense à un terrorisme sans précédent et empêcherait tout futur accord de paix", a affirmé le Premier ministre israélien sur son compte X, ex-Twitter.
Le journal rapporte que l'administration Biden et plusieurs pays arabes alliés des Etats-Unis travaillent à un plan global destiné à établir une paix israélo-palestinienne durable après la fin de la guerre entre Israël et le Hamas.
Ce plan prévoirait un cessez-le-feu "d'une durée prévue d'au moins six semaines", la libération des otages israéliens, ainsi qu'un calendrier pour l'établissement à terme d'un Etat palestinien, une perspective rejetée par le gouvernement Netanyahu.
Le Washington Post cite des responsables américains et arabes qui espèrent un accord avant le 10 mars, date de début du ramadan. Ce plan pourrait faire l'objet de discussions à la Conférence de Munich sur la sécurité, qui s'ouvre vendredi, selon ses promoteurs.
La guerre a été déclenchée par l'attaque menée le 7 octobre par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël, qui a entraîné la mort de plus de 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.
Israël a juré d'anéantir en représailles le Hamas, qu'il considère comme une organisation "terroriste" de même que les Etats-Unis et l'Union européenne. L'offensive israélienne dans la bande de Gaza a fait 28.663 morts à Gaza, en grande majorité des civils, selon le dernier bilan jeudi du ministère de la Santé du Hamas.
Parmi les victimes figurent de nombreux journalistes. Sur 99 journalistes et employés des médias tués dans le monde en 2023, 72 sont morts "dans des attaques israéliennes sur Gaza", souligne dans son rapport annuel publié jeudi le Comité de protection des journalistes (CPJ).