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Après l'élection très disputée de Yaël Braun-Pivet à la présidence de l'Assemblée, d'emblée contestée par la gauche, les députés s'attaquent vendredi à la répartition des autres postes-clés. Avec des visions divergentes qui laissent augurer de vives tensions autour des places laissées au RN.
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Les présidents des groupes ont rendez-vous vendredi matin à 10 heures pour tenter de s'accorder sur une répartition des postes de six vice-présidents, trois questeurs et douze secrétaires, qui forment avec la présidente de l'Assemblée le Bureau de la chambre basse, sa plus haute instance exécutive.
Méconnu du grand public, le Bureau apprécie par exemple la recevabilité financière des propositions de loi des députés, fait évoluer le règlement intérieur de l'Assemblée ou l'interprète en proposant parfois des sanctions contre certains élus.
Sa composition est donc autant un enjeu de prestige que d'influence pour les groupes politiques qui se sont retrouvés jeudi après-midi, pour l'ouverture de la 17e législature et l'élection serrée de Yaël Braun-Pivet. La présidente sortante de l'Assemblée a devancé le candidat de gauche André Chassaigne de 13 petites voix, avec le renfort de la droite.
De quoi laisser la gauche amère, alors que le Nouveau Front populaire, enlisé dans d’infructueuses négociations entre partenaires pour former un gouvernement, espérait retrouver de l'élan avec cette élection au perchoir.
En cas de désaccord, et s'il y a plus de candidats que de postes, l'Assemblée se préparerait alors à partir de 15 heures à une longue série de scrutins, potentiellement à plusieurs tours.
"Le mandat qui nous a été donné, c'est faire barrage au RN, si on croit sincèrement que leur projet est antirépublicain on ne leur donne pas des postes", a insisté jeudi auprès de l'AFP Cyrielle Chatelain, présidente du groupe Ecologiste et Social.
"Les députés du RN doivent être respectés parce que derrière eux ce sont 11 millions d'électeurs qui se sont exprimés", a rétorqué le cadre du groupe RN Sébastien Chenu.
- "Sale boulot" -
Pour le camp présidentiel, l'équation s'annonce plus complexe. Car il lui faudra tenter de faire respecter un accord passé avec La Droite républicaine de Laurent Wauquiez, qui a permis jeudi la réélection de Yaël Braun-Pivet.
Et la droite attend un retour sur investissement.
Selon des sources parlementaires, le camp de Laurent Wauquiez a posé comme mise de départ une voire deux vice-présidences - la première étant fléchée vers Annie Genevard - un poste prestigieux de questeur, deux postes de secrétaires, et la présidence de la commission des Finances, qui se jouera samedi, et pour laquelle pourrait concourir Véronique Louwagie.
Mais quelle attitude adopter face au RN? Le groupe Ensemble pour la République (EPR, ex-Renaissance), désormais présidé par Gabriel Attal, a fait savoir qu'il ne comptait voter ni pour les candidats RN, ni pour ceux de LFI dans ces élections pour le Bureau.
Une position que ne partagent pas les alliés du MoDem et Horizons, favorables à une répartition des postes proportionnelle au poids de chaque groupe.
"Pas d'exclusion. Dans la maison du peuple qu'est l'Assemblée nationale chaque Français doit être représenté", a estimé jeudi le président du groupe Horizons Laurent Marcangeli, prévenant que ses troupes "agiront" vendredi "afin de faire en sorte que dans les institutions représentatives de l'Assemblée (...) chacun y trouve sa place".
"Ils vont faire le sale boulot", prévient une source Renaissance, plaidant pour laisser ces groupes "sauver le RN", puis "aller s'expliquer" devant les électeurs qui ont voté pour eux au second tour des législatives au nom d'un "barrage républicain".
Toutefois, la consigne ne fait pas l'unanimité. "Je militerai pour qu'il n'y ait AUCUN blocage politicien dans l'élection des six vice-présidents, quelle que soit leur sensibilité, du RN à LFI", a prévenu sur X le député macroniste Karl Olive.
Jeudi, Yaël Braun-Pivet a rappelé la consigne de son groupe tout en rappelant sa propre position: "Il est sain que chaque groupe politique, quel qu'il soit, puisse être représenté au Bureau" de l'Assemblée.