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Des centaines de Palestiniens fuient dimanche des quartiers de Khan Younès, dans le sud de Gaza, où l'armée israélienne prévoit de nouvelles opérations, au lendemain d'un raid sur une école considéré comme l'un des plus meurtriers depuis le début de sa guerre contre le Hamas.
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Déclenchée le 7 octobre par une attaque d'une ampleur inédite du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien, la guerre a provoqué des tensions dans toute la région mais aussi une flambée des violences en Cisjordanie occupée, où un civil israélien a été tué dimanche.
Dans la bande de Gaza, l'armée israélienne dit vouloir déloger les combattants du Hamas de Khan Younès, grande ville déjà visée par plusieurs campagnes d'envergure.
Tôt dimanche, Israël a appelé les civils à quitter la zone d'al-Jalaa (nord), définie auparavant comme zone humanitaire, poussant de nouveau sur les routes des familles souvent déjà déplacées plusieurs fois en plus de dix mois de guerre.
L'armée a affirmé que le Hamas avait "implanté une infrastructure terroriste" dans cette zone et qu'elle "s'apprêtait à mener des opérations".
"Avec ce nouvel ordre d'évacuation, on ne sait plus où aller", dit Sami Chahada, 55 ans, qui avait déjà quitté la ville une fois après que sa fille a été tuée dans un bombardement.
- "Corps déchiquetés" -
"Il va nous falloir encore deux jours pour identifier les corps qui ont été déchiquetés", a affirmé le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal.
L'armée israélienne a affirmé que cette école était utilisée par le Hamas et le Jihad islamique (autre mouvement palestinien armé) pour "mener des attaques" contre ses soldats, et affirmé y avoir éliminé "au moins 19 terroristes".
Israël a juré de détruire le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007 - et qu'il considère comme une organisation terroriste de même que les Etats-Unis et l'Union européenne - après l'attaque sur son sol qui a entraîné la mort de 1.198 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles israéliennes.
Sur 251 personnes enlevées, 111 sont toujours retenues à Gaza, dont 39 sont mortes, selon l'armée.
L'offensive israélienne de représailles à Gaza a fait au moins 39.790 morts, d'après des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas, qui ne détaille pas le nombre de civils et de combattants tués.
Régulièrement, les troupes israéliennes reviennent dans des zones dont elles s'étaient retirées face à la résurgence d'unités de combattants palestiniens. Dimanche, de nouveaux bombardements ont été menés sur Khan Younès.
D'après des images de l'AFPTV, des Palestiniens ont afflué à l'hôpital Nasser de la ville après une frappe, convoyant des dépouilles et des blessés vêtus de T-shirts maculés de sang.
"C'était tous des civils qui faisaient leur marché quand le missile est tombé", affirme un témoin, Awad Barbakh.
Ces derniers jours, plus de 75.000 personnes ont été déplacées dans le sud-ouest, selon l'agence de l'ONU en charge des réfugiés palestiniens (Unrwa).
D'autres secteurs dans le centre et le nord du territoire palestinien assiégé ont été visés au cours de la nuit. Au moins deux personnes ont été tuées, selon le Croissant-Rouge palestinien.
- Attaque en Cisjordanie -
Dans ce contexte, le Hamas a appelé dimanche le Conseil de sécurité des Nations unies à tenir une session d'urgence pour mettre fin "au génocide".
La guerre menace de s'élargir dans la région après l'assassinat le 31 juillet à Téhéran du chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, attribué à Israël, et la mort le 30 juillet du chef militaire du Hezbollah libanais Fouad Chokr, tué dans une frappe près de Beyrouth revendiquée par Israël.
L'Iran et ses alliés ont menacé Israël d'une riposte "sévère".
En Cisjordanie occupée, où les tensions se sont fortement accrues, l'armée israélienne a indiqué qu'un civil israélien d'une vingtaine d'année avait été tué dans une attaque de "terroristes", toujours recherchés, sur des véhicules.
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui siège en Cisjordanie, effectuera une visite en Russie à partir du 12 août où il doit rencontrer Vladimir Poutine, puis en Turquie, pour s'entretenir avec le président Recep Tayyip Erdogan.
Jeudi, les pays médiateurs -Qatar, Etats-Unis et Egypte- ont appelé à la reprise le 15 août des discussions sur une trêve à Gaza, associé à la libération des otages. Israël a donné son accord, le Hamas n'ayant toujours pas réagi.
Un cessez-le-feu à Gaza constituerait un "pas décisif" vers une désescalade, a plaidé dimanche le chancelier allemand Olaf Scholz dans un entretien téléphonique avec son homologue israélien, Benjamin Netanyahu.