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Les efforts diplomatiques s’intensifient pour obtenir une trêve à Gaza et éviter une guerre à grande échelle au Moyen-Orient, avec une reprise des négociations attendue au Qatar vendredi et une visite des chefs de la diplomatie française et britannique en Israël.
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Sur le terrain, la guerre entre Israël et le Hamas palestinien ne connaît pas de répit dans la bande de Gaza assiégée et dévastée et les violences se poursuivent en Cisjordanie occupée où une attaque meurtrière perpétrée par des colons juifs a provoqué un tollé y compris en Israël.
Après plus de dix mois de conflit, déclenché par une attaque du mouvement islamiste Hamas contre Israël le 7 octobre, la diplomatie s'active pour éviter un embrasement régional à la suite des menaces de l'Iran d'attaquer Israël en riposte à l'assassinat, imputé à Israël, du chef du Hamas Ismaïl Haniyeh le 31 juillet à Téhéran.
Les pourparlers de Doha ont débuté jeudi en présence du directeur de la CIA, William Burns, et des chefs des services de renseignement israéliens, ainsi que des médiateurs qatari et égyptien. Le Hamas n'y a pas participé.
Les Etats-Unis ont évoqué un "début prometteur" même s'il "reste beaucoup à faire". Et le Qatar a annoncé leur poursuite vendredi.
- Lammy et Séjourné en Israël -
Les discussions se basent sur un plan annoncé le 31 mai par Joe Biden, qui prévoit dans une première phase une trêve de six semaines accompagnée d'un retrait israélien des zones densément peuplées de Gaza et de la libération d'otages israéliens emmenés à Gaza le 7 octobre, en échange de celle de prisonniers palestiniens.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a répété qu'il poursuivrait la guerre jusqu'à la destruction du Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007 et est considéré comme une organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne.
Le Hamas réclame l'application du plan annoncé par M. Biden et refuse de continuer à négocier. Jeudi, un responsable du Hamas, Oussama Hamdane, a indiqué que son mouvement participerait aux pourparlers s'ils visent "à fixer un calendrier pour mettre en oeuvre ce qui a été accepté par le Hamas".
En Israël, les chefs de la diplomatie britannique David Lammy et française Stéphane Séjourné, qui prônent un cessez-le-feu à Gaza, ont rencontré leur homologue Israël Katz.
Le 7 octobre, des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël ont lancé une attaque qui a entraîné la mort de 1.198 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles israéliennes. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 111 sont toujours retenues à Gaza, dont 39 déclarées mortes par l'armée.
En riposte, l'armée israélienne a déclenché une campagne de bombardements aériens suivie d'une offensive terrestre dans le territoire palestinien qui ont fait au moins 40.005 morts, selon le ministère de la Santé du Hamas, qui ne donne pas le détail du nombre des civils et des combattants tués.
- "On est déjà morts" -
Vendredi, des témoins ont rapporté des frappes israéliennes dans la bande de Gaza et l'armée israélienne a indiqué y avoir "éliminé des terroristes".
Après l’annonce des nouveaux ordres d’évacuation dans la région de Khan Younès (sud), des Palestiniens ont rassemblé leurs affaires pour partir, mais d'autres ont préféré rester.
"Cette fois-ci, on ne bouge pas. De toute façon rien de pire ne peut nous arriver, on est déjà morts à l’intérieur", s'exclame Narimane al-Madhoun, une déplacée de Gaza-ville.
Les violences ont aussi flambé en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967 et séparé de Gaza par le territoire israélien.
Jeudi soir, des dizaines de civils israéliens ont attaqué le village de Jit (nord), incendiant bâtiments et véhicules et lançant des cocktails molotov, selon l'armée. Ils ont été évacués du secteur et l'un d'eux a été remis à la police.
Selon l'Autorité palestinienne basée en Cisjordanie, un Palestinien a été tué et un autre blessé.
- "Brûler, tuer et détruire" -
"Ils étaient armés de couteaux, d'une mitraillette et d'un silencieux. Leur but était clair: brûler, tuer et détruire", a raconté à l'AFP Hassan Arman à Jit, dont la voiture a été incendiée par des colons.
"Je condamne fermement le pogrom en Samarie", a déclaré le président israélien, Isaac Herzog, en utilisant le nom de la province biblique correspondant au nord de la Cisjordanie.
"Les responsables de tout acte criminel seront arrêtés et poursuivis en justice", a déclaré le bureau de M. Netanyahu, qui gouverne avec l'appui de partis d'extrême droite favorables à l'extension de la colonisation israélienne en Cisjordanie, jugée illégale par l'ONU.
Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich (extrême droite) a qualifié les assaillants de "criminels".
Les Etats-Unis ont fustigé une attaque "inacceptable".
Côté palestinien, le Hamas a "condamné un plan d’éradication fasciste de l'occupant terroriste contre notre peuple en Cisjordanie". Et l'Autorité palestinienne a dénoncé un "terrorisme d'Etat organisé".