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L'Union européenne s'est engagée vendredi à apporter une aide supplémentaire d'un demi-milliard d'euros pour soutenir le combat de l'Ukraine face à l'invasion russe tandis qu'en Géorgie une région séparatiste prorusse faisait à son tour un pas vers son rattachement à la Russie.
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Les autorités de cette "république" séparatiste autoproclamée, indépendante de fait de la Géorgie pro-occidentale et occupée par des forces de Moscou depuis une intervention militaire russe en 2008, ont annoncé vendredi organiser le 17 juillet un référendum sur son intégration à la Russie.
"Le moment est venu de s'unir une fois pour toutes". "L'Ossétie du Sud et la Russie seront ensemble, c'est le début d'une grande nouvelle histoire", a déclaré le "président" d'Ossétie du Sud Anatoli Bibilov, laissant craindre l'apparition d'un autre foyer de tension, cette fois au flanc de la Géorgie, qui a fait voeu de longue date, comme l'Ukraine, de rejoindre l'Union européenne et l'Otan.
En Ukraine, les combats ont continué dans l'est entre forces russes et armée ukrainienne, notamment à Marioupol, la grande ville portuaire du sud-est où résistent encore un millier de soldats ukrainiens retranchés dans les entrailles de l'usine sidérurgique Azovstal.
"Il y a près de 600 blessés sur Azovstal, les Russes continuent de bombarder l'hôpital militaire", a témoigné depuis l'usine Sviatoslav Palamar, le commandant adjoint du régiment Azov, une des formations ukrainiennes qui s'y trouvent.
- "Nous allons résister" -
"Nous allons résister tant que nous pourrons (...), si on ne l'avait pas fait, cette horde irait plus loin", a-t-il ajouté.
"Je voudrais que les Etats-Unis aident à évacuer nos blessés et mobilisent tous les efforts pour aider à l'extraction de notre régiment" de cet encerclement, a-t-il encore dit.
Sans préciser si cette question avait été évoquée, le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin a constaté vendredi que son entretien avec son homologue russe Sergueï Choïgou n'avait permis aucun progrès.
Selon un haut responsable du Pentagone, "l'appel en lui-même n'a résolu aucun problème aigu ou mené à des changements directs dans ce que les Russes font ou disent".
Iryna Verechtchouk, vice-Première ministre ukrainienne, a fait le même constat après l'appel à l'aide du régiment Azov. "Il ne faut pas exagérer le pouvoir des dirigeants mondiaux" face à la détermination de Moscou, a-t-elle relevé sur Telegram, ajoutant que les "négociations avec l'ennemi sont très difficiles".
"Nous n'arrêterons pas d'essayer de sauver tous les nôtres à Marioupol et Azovstal", a assuré le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans son message quotidien vendredi soir. "Des négociations très difficiles sont en cours sur la prochaine phase d'évacuation, les gravement blessés et le personnel médical. Cela représente un grand nombre de personnes".
Il s'est également dit "reconnaissant envers tous ceux qui oeuvrent à renforcer les sanctions contre la Russie et à accroître le soutien matériel et financier pour nous aider, pour l'Ukraine. C'est la seule recette pour défendre la liberté face à l'invasion russe".
Concernant la situation sur le terrain, il a indiqué que la reprise de territoires tombés aux mains des Russes se poursuivait. "A la date d'aujourd'hui, 1.015 localités ont été libérées, soit six de plus dans les dernières 24 heures".
- Ne laisser personne -
Eau, électricité, communications, transports et services publics y ont été rétablis, a-t-il précisé, confiant garder à l'esprit les villes et territoires encore sous occupation russe. "La libération progressive de la région de Kharkiv prouve que nous ne laisserons personne à l'ennemi", a-t-il assuré.
Face à la poursuite des bombardements et de l'offensive russe en Ukraine, l'Union européenne a annoncé vendredi qu'elle allait ajouter 500 millions d'euros à son financement de l'effort militaire ukrainien, en le portant "à 2 milliards d'euros au total".
La recette est "claire", a déclaré le chef de la diplomatie de l'UE Josep Borrell à l'occasion d'une réunion du G7 à Wangels, dans l'extrême nord de l'Allemagne: il faut "plus de la même chose", à savoir plus de sanctions économiques contre la Russie, plus de soutien à Kiev, et aussi "continuer de travailler à isoler la Russie".
Sur le sujet des sanctions, les 27 membres de l'UE n'ont cependant toujours pas réussi à se mettre d'accord pour arrêter progressivement leurs achats de pétrole russe, la Hongrie ayant jugé insuffisante la dérogation obtenue.
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a assuré Kiev du soutien du G7 "jusqu'à la victoire de l'Ukraine".
"Nous ne sommes pas en guerre contre la Russie, c'est la Russie qui est en guerre contre l'Ukraine: il y a un agresseur et un agressé et nous soutenons l'agressé", a-t-il souligné.
Les ministres des Affaires étrangères du G7 (Allemagne, France, Italie, Canada, Etats-Unis, Japon et Royaume-Uni), rejoints par leurs homologues ukrainien Dmytro Kouleba et moldave Nicu Popescu, sont réunis jusqu'à samedi.
- Suède et Finlande aux portes de l'Otan -
Vendredi, un rapport officiel suédois a ouvert la voie à une adhésion du pays à l'Otan, en multipliant les conclusions favorables avant la décision de ce pays nordique et de son voisin finlandais dans les prochains jours.
"Une adhésion de la Suède à l'Otan relèverait le seuil (de déclenchement) de conflits militaires et aurait ainsi un effet dissuasif en Europe du Nord", conclut le rapport préparé ces dernières semaines par le gouvernement et les partis au Parlement.
Conséquence directe de l'invasion russe de l'Ukraine, Suède et Finlande, deux membres de l'UE restés des décennies hors des alliances militaires, doivent annoncer d'ici le début de la semaine prochaine leur candidature à l'Otan.
La Russie avait mis en garde en particulier la Finlande, pays voisin.
Quant au président turc Recep Tayyip Erdogan, il a exprimé vendredi son hostilité à l'adhésion de ces deux pays à l'Otan, au risque de bloquer l'ensemble du processus qui requiert l'unanimité des membres de l'Alliance atlantique.
Il a expliqué reprocher à Stockholm et à Helsinki de servir "d'auberge aux terroristes du PKK", le Parti des Travailleurs du Kurdistan.
Washington "travaille à clarifier la position de la Turquie", a commenté la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki vendredi.
- Premier procès pour crime de guerre -
Les accusations de crimes s'accumulent contre l'armée russe sur le sol ukrainien à la 12e semaine de guerre, notamment pour le déplacement forcé de milliers de personnes dans des "camps de filtration".
Les chaînes américaine CNN et britannique BBC ont diffusé jeudi des images de vidéosurveillance présumées montrer le meurtre de deux civils ukrainiens abattus par des soldats russes dans la banlieue de Kiev mi-mars.
Le premier procès pour crime de guerre depuis l'invasion russe de l'Ukraine doit débuter le 18 mai à Kiev: celui d'un jeune soldat russe suspecté d'avoir tué un homme de 62 ans. L'audience préliminaire s'est déroulée vendredi à Kiev.
Les actes de l'armée russe feront l'objet d'investigations, notamment de la commission spéciale du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, qui a reçu le feu vert jeudi, de la Cour pénale internationale.
"Choqué par les atrocités commises par les occupants russes sur notre terre, le monde libre a fixé un nouvel objectif conjoint: non d'arrêter mais de vaincre le Kremlin", a commenté vendredi le ministre ukrainien de la Défense Oleksiï Reznikov, notant néanmoins que les armes lourdes que son pays commence à recevoir mettraient du temps à égaliser les forces face à l'armée russe.