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Le chef des rebelles en Syrie a affirmé vendredi vouloir renverser le président Bachar al-Assad, après que ses combattants se sont emparés de dizaines de localités et de villes clés lors d'une offensive fulgurante à laquelle la Turquie a apporté son soutien.
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Après avoir pris Alep, la grande ville du nord, et Hama, plus au sud, en moins d'une semaine, les rebelles sont aux portes de Homs, à 150 km de la capitale Damas, l'avancée la plus spectaculaire en 13 ans de guerre.
Les rebondissements militaires touchent aussi l'est et le sud du pays meurtri par une guerre complexe qui a fait un demi-million de morts depuis 2011, et l'a morcelé en zones d'influence, avec des belligérants soutenus par différentes puissances étrangères.
Face à l'offensive lancée à la surprise générale le 27 novembre à partir de la province d'Idleb, fief des rebelles dans le nord-ouest de la Syrie, les forces de M. Assad se sont retirées ou livré à des combats sporadiques.
Si les rebelles s'emparent de Homs, la troisième ville du pays, seules Damas et la côte méditerranéenne seront encore aux mains des forces de M. Assad, dont la famille est au pouvoir depuis plus de cinq décennies.
"Lorsque nous parlons d'objectifs, le but de la révolution, c'est de renverser ce régime. Nous avons le droit d'utiliser tous les moyens nécessaires pour atteindre cet objectif", a dit à CNN Abou Mohammed al-Jolani, le chef du groupe islamiste radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS), qui mène la coalition rebelle.
HTS est considéré comme terroriste par l'ONU, les Etats-Unis et certains pays européens.
- "Objectif, Damas" -
"Idleb, Hama, Homs et bien sûr l'objectif, Damas: l'avancée des opposants continue. Nous souhaitons que cette avancée se poursuive sans incident", a déclaré le président turc, Recep Tayyip Erdogan, dont le pays est un soutien majeur des rebelles.
Tout un symbole: à Hama, la tête déboulonnée d'une statue de l'ex-président syrien Hafez al-Assad, le père de Bachar, a été tirée par un véhicule dans une rue de la ville, selon des images de l'AFP. L'ex-président est responsable du massacre survenu en 1982 à Hama lors de la répression d'une insurrection des Frères musulmans.
"Notre joie est indescriptible", a dit Ghaith Souleimane, un habitant de Hama (centre). "Nous avons été privés de ces moments de joie depuis la naissance, nous n'avons connu que les présidents Bachar et Hafez (al-Assad)."
"La peur couvre Hama", a affirmé Haidar, un habitant.
- "Même si c'est le diable" -
Mais Yazan, un ex-militant antirégime qui a fui Homs et s'est réfugié en France, a déclaré "avoir rêvé de cela depuis plus d'une décennie". "Peu importe qui mène (cette offensive), même si c'est le diable lui-même. L'important est que ce pays soit libéré" du pouvoir Assad.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, les troupes gouvernementales se sont retirées de Homs vendredi, mais le pouvoir a démenti. Les rebelles sont proches de la ville, l'une des premières de Syrie à s'être soulevées contre le pouvoir en 2011, a-t-il ajouté.
Depuis le 27 novembre, les violences ont fait 826 morts dont 111 civils, selon l'OSDH, et au moins 370.000 personnes ont été déplacées d'après l'ONU.
L'offensive a été lancée le jour de l'entrée en vigueur au Liban du cessez-le-feu entre Israël et le mouvement armé pro-iranien Hezbollah, sorti considérablement affaibli de cette guerre.
Le Hezbollah et l'Iran avaient, au côté de la Russie, apporté un énorme soutien militaire à M. Assad et Téhéran a réaffirmé vendredi qu'il continuerait à soutenir "avec toutes ses forces" le pouvoir syrien.
- Une "nouvelle" réalité -
Sur un autre front, dans l'est de la Syrie, les forces syriennes et leurs alliés pro-iraniens se sont retirés des zones qu'ils contrôlent dans l'ouest de la province de Deir Ezzor, a déclaré Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.
Peu après, les Forces démocratiques syriennes (FDS) dominées par les Kurdes, qui contrôlent l'est de Deir Ezzor, ont indiqué s'être déployées dans les secteurs évacués.
Mazloum Abdi, le chef des FDS qui contrôlent des pans entiers du nord-est du pays, a déclaré qu'il était ouvert au dialogue avec les rebelles islamistes, mais aussi avec la Turquie qui considère les FDS comme une organisation terroriste.
Pour lui, la progression rapide des rebelles impose "une nouvelle" réalité politique.
Et dans le sud de la Syrie, les forces syriennes ont abandonné plusieurs positions dans la province de Deraa, berceau de la révolte contre M. Assad, a poursuivi l'Observatoire. Des rebelles locaux se sont emparés de "plusieurs positions" dont des bâtiments administratifs.
Des groupes armés ont aussi pris un poste frontière avec la Jordanie peu après sa fermeture par le royaume, d'après la même source.