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La Russie s'est dite mardi bien déterminée à atteindre "tous ses objectifs" en Ukraine, intensifiant son offensive contre la dernière poche de résistance de la région de Lougansk, dans l'Est.
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Après avoir éloigné les forces russes des deux plus grandes villes du pays, Kiev et Kharkiv (nord-est), les Ukrainiens reconnaissent des "difficultés" dans le Donbass (est), formé par les provinces de Lougansk et de Donetsk, où la Russie a recentré son offensive.
"Les objectifs fixés par le président (russe Vladimir Poutine) seront remplis", a lui aussi assuré le secrétaire du Conseil de sécurité de Russie, Nikolaï Patrouchev, un proche de M. Poutine.
"Les prochaines semaines de guerre seront difficiles", avait prévenu lundi soir le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
- Deux villes en ligne de mire -
Moscou concentre sa puissance de feu sur le réduit ukrainien de la région de Lougansk, essayant de cerner les villes de Severodonetsk et de Lyssytchansk.
Des combats sont en cours pour le contrôle de la ville de Lyman, un important noeud ferroviaire dont la prise constituerait un progrès important dans ces tentatives d'encerclement, a affirmé le chef des séparatistes prorusses de Donetsk, Denis Pouchiline.
"Des unités russes et de la milice populaire (l'armée séparatiste prorusse) sont entrées dans la ville", a-t-il affirmé lors d'une émission pro-Kremlin diffusée sur Youtube, ces informations étant impossibles à vérifier dans l'immédiat.
Le ministère ukrainien de la Défense a aussi évoqué d'intenses combats dans les environs des localités de Popasna et de Bakhmout, dont la chute donnerait aux Russes le contrôle d'un carrefour important pour l'effort de guerre ukrainien.
Les habitants rechignent à fuir malgré les risques: "Les gens ne veulent pas partir", se désole le maire-adjoint de Bakhmout, Maxim Soutkovyï, devant un car d'évacuation à moitié vide.
Dans ce secteur, "l'ennemi a amélioré sa position tactique", a admis mardi matin l'état-major de l'armée ukrainienne, qui assure que "la plus grande activité hostile" est observée "près de Lyssytchansk et de Severodonetsk".
- "Très violents combats" -
"Le nombre des bombardements à Severodonetsk a augmenté (...). Ils détruisent simplement toute la ville", a commenté le gouverneur régional, Serguiï Gaïdaï. "C'est vraiment très difficile. Nous comprenons que les Russes ont maintenant jeté toutes leurs forces soit pour s'en emparer, soit pour assiéger toute la partie de la région de Lougansk qui est contrôlée par l'Ukraine".
Quatre personnes ont été tuées dans la matinée par une frappe sur une usine de produits chimiques où avaient été installés des abris, et une autre dans le centre-ville, a-t-il dit.
Le sort de Severodonetsk rappelle celui de Marioupol, la grande cité portuaire du Sud-Est pratiquement rasée après plusieurs semaines de siège.
"Nous avons de très violents combats dans les régions de Gorlovka, d'Avdiivka, de Maryinka, de Novomaryinka", plus au sud, a de son côté déclaré Edouard Bassourine, un représentant des forces séparatistes prorusses de Donetsk.
Deux républiques séparatistes prorusses ont été proclamées en 2014 dans le Donbass. C'est notamment pour les défendre d'un prétendu "génocide" que le président russe Vladimir Poutine avait déclenché le 24 février l'invasion de l'Ukraine.
Retour progressif à la normale en revanche à Kharkiv (nord-est), où le métro, qui a des mois durant servi d'abri contre les bombes, a été remis en service mardi.
- "Etat terroriste" -
Le front méridional semble quant à lui stable, bien que les Ukrainiens y revendiquent des gains territoriaux.
Le commandement sud de l'armée ukrainienne a fait état, dans la nuit de lundi à mardi, d'une "avancée" de ses divisions "à travers la région de Mykolaïv en direction de la région de Kherson", contrôlée par les Russes. Il a accusé les "occupants" d'avoir tué des civils cherchant à fuir en voiture.
Les forces ukrainiennes pilonnent dorénavant les positions russes avec des systèmes d'artillerie occidentaux tout nouvellement acheminés, en particulier des obusiers américains, a expliqué à l'AFP un porte-parole de l'armée ukrainienne.
De son côté, le maire de Marioupol, Vadim Boïtchenko, a accusé, dans une communication vidéo avec la conférence économique de Davos (Suisse), "les forces d'occupation russes" de se comporter en "Etat terroriste".
- Impatience sur les armes -
Dans ce contexte, Kiev appelle instamment les Occidentaux à lui livrer davantage d'armements.
"L'offensive russe dans le Donbass est une bataille impitoyable, la plus vaste sur le sol européen depuis la Deuxième guerre mondiale. J'exhorte nos partenaires à accélérer les livraisons d'armes et de munitions", a ainsi lancé mardi le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba.
Le président polonais Andrzej Duda, dont le pays a fourni à l'Ukraine ses chars soviétiques T-72, a reproché mardi à Berlin de tergiverser sur la livraison de blindés allemands Leopard, promis à la Pologne en contrepartie. La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a reconnu qu'il y avait discussion, l'hebdomadaire Der Spiegel affirmant que celles-ci étaient dues à la demande de Varsovie de recevoir des chars de dernière génération.
- Etat d'urgence en Hongrie -
Un embargo de l'Union européenne sur le pétrole russe était par ailleurs toujours au centre des discussions, qui requièrent l'unanimité des pays membres de l'Union.
L'Allemagne et la France ont jugé possible d'y parvenir dans les prochains jours, mais le Premier ministre hongrois Viktor Orban, dont le pays dépend du pétrole russe, a jugé cette perspective "très improbable" dans l'immédiat.
Le dirigeant hongrois, arguant des répercussions de la guerre, a décrété mardi l'état d'urgence à partir de minuit dans son pays.
La présidence française a assuré que que "différentes options sont sur la table pour sortir de ce blocage" sur l'embargo.
- Centaines d'enfants tués ou blessés -
En trois mois de conflit armé, 234 enfants ont été tués et 433 blessés, a dénoncé mardi le bureau de la procureure générale d'Ukraine Iryna Venediktova.
Au total, des milliers de civils et de militaires ont péri, sans qu'il existe un bilan chiffré. Pour la seule ville de Marioupol, les autorités ukrainiennes parlent de 20.000 morts.
Côté russe, des sources occidentales évaluent à 12.000 le nombre des soldats tués, le Kremlin n'ayant admis que des "pertes importantes".
L'Ukraine n'a pas fourni de bilan du nombre de ses militaires mis hors de combat.
Plus de huit millions d'Ukrainiens ont été déplacés à l'intérieur de leur pays, selon l'ONU. S'y ajoutent 6,5 millions qui ont fui à l'étranger, dont plus de la moitié - 3,4 millions - en Pologne.
La répression continue en Russie: un tribunal de Moscou a ordonné mardi l'arrestation de deux blogueurs accusés de discréditer l'action de l'armée en Ukraine.
Les députés russes ont adopté en première lecture une proposition de loi qui doit permettre de fermer, sur simple décision du parquet, les médias étrangers accusés de diffuser des informations mensongères sur la guerre en Ukraine.
L'opposant emprisonné Alexeï Navalny s'est servi d'un procès en appel, qui a sans surprise confirmé sa peine de 9 ans de camp, pour dénoncer à son tour une "guerre fondée sur un super mensonge".
Enfin, Moscou a annoncé mardi interdire le territoire russe à 154 membres de la Chambre des Lords, chambre haute du Parlement britannique, en représailles aux sanctions visant la quasi-totalité des élus du Conseil de la Fédération de Russie.