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Plusieurs bus et véhicules sont arrivés samedi après-midi à Khan Younès au milieu d'une foule en liesse venue accueillir 150 prisonniers palestiniens libérés par Israël dans le cadre de l'accord de trêve avec le Hamas.
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Devant l'hôpital européen de cette ville du sud de la bande de Gaza largement détruite par la guerre, plus d'une centaine de personnes, des hommes pour la plupart, dont certains portaient des armes, ont crié de joie alors que les bus progressaient lentement au milieu de l'effervescence ambiante.
Dans les étroites impostes coulissantes des bus, des hommes portant le pull en molleton gris des services pénitentiaires israéliens se sont bousculés pour tenter de passer la tête au dehors.
Parfois trois paires de bras ont réussi à se glisser dans l'embrasure pour saluer la foule frénétiquement.
Emu, un homme s'est saisi d'un micro tendu par la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera pour exprimer sa joie d'être sorti de prison et le temps qu'il devait rattraper, malgré les pertes humaines de la guerre qui a duré plus de 15 mois.
L'immense majorité de ces ex-prisonniers, 111 sur 150, ont été arrêtés après le début de la guerre, déclenchée par l'attaque du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023, a confirmé un responsable du Hamas à l'AFP, sous couvert d'anonymat.
Il a estimé qu'il s'agissait "d'un nouveau jour de victoire" puisqu'un "nouveau groupe de nos héros" avait retrouvé "la liberté en dépit de ce que voulait l'occupation".
Ces Palestiniens ont été libérés en échange de trois otages israéliens retenus dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023. Il s'agit du quatrième échange depuis le début de la trêve, le 19 janvier, entre Israël et le Hamas.
- "Victoire" -
"Les détenus ont été torturés et humiliés par l'occupation tout au long de leur emprisonnement, leur arrestation était injuste, ils n'avaient aucun lien avec les opérations contre l'occupation", a affirmé de son côté Rabie al-Kharoubi, venu accueillir les ex-prisonniers.
"J'ai vu le choc dans leurs yeux lorsqu'ils ont vu Rafah (sud) et Khan Younès, détruits, avec des piles de décombres et des rues complètement en ruine", a ajouté le Palestinien de 40 ans.
Certains des ex-détenus qui regardaient par les fenêtres des bus semblaient visiblement sous le choc, un jeune homme pleurant abondamment, les mains sur la tête, sans détacher son regard du paysage, selon des images de l'AFP.
Quand finalement les Palestiniens sont sortis du bus, la foule les a acclamés à nouveau et tapés dans la main à mesure qu'ils avançaient au milieu de la cohue afin de se rendre à l'hôpital pour des tests médicaux réalisés par la Croix-Rouge.
C'est "un sentiment indescriptible, maintenant je suis en famille", a confié un ex-prisonnier souhaitant garder l'anonymat. "Et malgré toute la destruction que Gaza a subie, les gens sont sortis pour célébrer, et ça c'est une victoire."
Un prisonnier plus jeune que les autres semblait ébloui par le soleil éclatant, clignant des yeux. Certains paraissaient gênés par l'agitation, mais la plupart criaient de joie en se prenant la tête entre les mains.
En face, le public était nerveux. Des regards cherchaient fébrilement à reconnaître un proche attendu parfois depuis des années.
Les habitants de Gaza "ont été patients, inébranlables", a souligné Imran Al Khatib, qui a été détenu pendant "27 ans et demi".
"Ils continuent de soutenir la résistance", a-t-il assuré, appelant à "la libération de tous les prisonniers".