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Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio est arrivé mercredi à Saint-Domingue, dernière étape de sa tournée qui l'avait conduit jusque-là en Amérique centrale chercher des partenariats sur les thèmes migratoires et de lutte contre l'influence chinoise.
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A sa descente d'avion, un porte-parole du département d'Etat a annoncé que M. Rubio avait donné son feu vert à une aide de 40,7 millions de dollars au fonds destiné à financer la mission multinationale chargée d'aider la police haïtienne contre les gangs.
Cette annonce intervient au lendemain de la demande des Etats-Unis à l'ONU de geler immédiatement leur contribution à ce fonds.
La République dominicaine partage avec Haïti l'île d'Hispaniola et le chef de la diplomatie américaine doit y rencontrer le président Luis Abinader qui défend une ligne dure à la Trump contre son voisin, chroniquement instable, y compris le début des travaux de construction d'un mur et l'augmentation des expulsions.
M. Rubio arrivait en provenance du Guatemala, qui s'est engagé à accueillir davantage de vols de migrants expulsés par les Etats-Unis, comprenant également des étrangers.
"Nous sommes convenus d'augmenter de 40% le nombre de vols de personnes expulsées, tant des compatriotes rapatriés que des étrangers" qui seront ensuite envoyés dans leurs pays, a déclaré le président Bernardo Arévalo lors d'une conférence de presse conjointe.
Pays de 18 millions d'habitants, le Guatemala est l'une des principales sources de migration vers les Etats-Unis après des décennies de pauvreté, de violence et d'instabilité politique dans le pays.
Selon le ministère guatémaltèque des Affaires étrangères, environ 3,2 millions de Guatémaltèques vivent aux Etats-Unis, dont des centaines de milliers de manière irrégulière.
En 2024, le Guatemala a reçu 508 vols en provenance des Etats-Unis, dans lesquels près de 62.000 personnes ont été expulsées.
- Eviter les frictions -
Depuis le retour de Trump à la Maison Blanche, le président social-démocrate guatémaltèque a évité les frictions concernant la politique américaine d'expulsions massives de migrants.
Le président Arévalo espère que Donald Trump maintiendra le soutien qu'il a reçu du gouvernement de Joe Biden dans l'offensive que l'élite conservatrice de droite a lancée contre lui après sa victoire aux élections de 2023 sur une promesse de lutter contre la corruption.
M. Rubio lui a offert mercredi son plein soutien, le félicitant pour son "engagement envers la démocratie et les institutions".
Sous les administrations précédentes, les Etats-Unis ont cherché à s'attaquer aux causes profondes de la migration par le soutien sur le terrain.
L'Agence américaine pour le développement international (USAID), dont l'ensemble du personnel dans le monde sera placé en congé administratif à compter de vendredi sur décision de Donald Trump, a mené des projets à hauteur d'environ 178 millions de dollars au Guatemala en 2023.
M. Rubio a défendu cette décision, pris la tutelle de l'Agence américaine pour le développement international (USAID), et annoncé mercredi que les Etats-Unis continueraient à financer des projets d'aide internationale après un examen "de la base au sommet" des besoins à l'échelle mondiale.
Après l'investiture de Donald Trump, le gouvernement Arévalo a rapidement accepté un vol militaire avec des ressortissants expulsés entravés, contrairement à la Colombie, dont le président de gauche Gustavo Petro a plaidé pour un meilleur traitement des migrants, avant de reculer face à la menace de représailles douanières.
Autre important pourvoyeur de prétendants à l'émigration vers les Etats-Unis, le Salvador de Nayib Bukele a proposé de recevoir au sein de la plus grande prison d'Amérique latine des prisonniers des Etats-Unis, y compris des citoyens américains, une externalisation du système carcéral sans précédent historique récent pour un pays démocratique.
- Contrer la Chine -
Le Guatemala intéresse également l'administration Trump du fait qu'il soit l'un des rares pays latino-américains - avec le Bélize et le Paraguay - à reconnaître encore Taïwan, la démocratie autonome revendiquée par la Chine.
"Cela n'est pas facile dans un monde où il y a beaucoup de pression pour changer cette reconnaissance et rompre ces liens, mais vous avez toujours tenu bon", a déclaré le secrétaire d'Etat américain.
Lors d'une visite la veille au Costa Rica, qui en 2007 avait rompu ses liens avec Taïwan, Marco Rubio a promis de soutenir les nations latino-américaines dans leur lutte contre l'influence chinoise.
Concernant le Panama où il a commencé sa tournée, Marco Rubio s'est montré lundi optimiste sur la capacité du pays à apaiser les inquiétudes américaines concernant l'influence chinoise sur le canal interocéanique, après les menaces du président Donald Trump de s'en emparer.