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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a mis en garde jeudi les Occidentaux sur les intentions réelles de Vladimir Poutine et réclamé avant toute autre chose d'"arrêter" la Russie, malgré les assurances de Donald Trump selon lequel le président russe "veut la paix".
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Les Européens, sous le choc après l'annonce d'un premier entretien téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine sur la question, ont de leur côté multiplié le réactions, refusant de voir s'ouvrir des négociations sur l'Ukraine "dans leur dos".
Vladimir Poutine "veut la paix", a affirmé le président américain à la presse jeudi, et les Ukrainiens seront à la table des négociations. Je pense qu'il me le dirait s'il ne la voulait pas", a-t-il ajouté.
Dans un message sur X relatant un échange téléphonique avec le Premier ministre polonais Donald Tusk, Volodymyr Zelensky a dit de son côté avoir "mis en garde les dirigeants internationaux sur la confiance à accorder aux déclarations de Poutine disant être prêt à mettre fin à la guerre".
Dans ce contexte explosif, le Kremlin a affirmé qu'il n'y avait pour le moment aucune décision sur la date de la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine et que cela pourrait "prendre des mois". Avant de consentir que l'Ukraine participerait aux pourparlers de paix "d'une manière ou d'une autre".
- "Arrêter Poutine" -
Mais pour Volodymyr Zelensky, les réunions entre l'Ukraine et les Etats-Unis constituent "la priorité". "Et ce n'est qu'après ces réunions, après l'élaboration d'un plan pour arrêter Poutine, que je pense qu'il sera juste de parler aux Russes", a-t-il ajouté.
Les Européens ont de leur côté souligné que seules de réelles négociations impliquant l'Ukraine et l'UE permettraient de parvenir à une paix véritable sur le continent.
La paix doit être plus qu'un "simple cessez-le-feu", a mis en garde jeudi Antonio Costa, le président du Conseil européen, qui regroupe les dirigeants des 27 de l'UE.
Le chancelier allemand Olaf Scholz a mis en garde jeudi contre des négociations menant à une victoire russe et un "effondrement" de l'Ukraine, qui "n'apporteraient pas la paix, au contraire".
"C'est la paix et la stabilité en Europe, et bien au-delà de l'Ukraine, qui seraient mises en danger", a-t-il ajouté depuis Berlin.
- "Ni Yalta 2, ni Minsk 3" -
Parmi différentes lignes rouges tracées par l'administration Trump, les Etats-Unis ont martelé qu'une adhésion de l'Ukraine à l'Otan n'était pas réaliste, tout comme un retour de ce pays à ses frontières d'avant 2014, c'est-à-dire avec la Crimée, annexée cette année-là par Moscou.
Autant d'annonces qui ont provoqué la satisfaction des dirigeants russes, pressés de vouloir élargir les discussions à la "sécurité en Europe".
"Les Russes tentent de prolonger la mentalité post-Yalta, quand une poignée de personnes autour d'une table divisaient le monde" en zones d'influence, a réagi à Paris le ministre ukrainien Andriï Sybiga, en référence à l'accord signé à Yalta en février 1945 entre Roosevelt, Staline et Churchill pour préparer l'après-Seconde Guerre mondiale et se répartir de facto des sphères d'influence.
"Nous ne voulons ni Yalta 2, ni Minsk 3", a-t-il ajouté, faisant également référence aux accords de Minsk de 2014 et 2015 qui avaient échoué à mettre fin durablement aux affrontements entre l'armée ukrainienne et des séparatistes soutenus par Moscou dans l'est du pays.
Quant à la France, elle a dit sa crainte qu'en définitive la nouvelle administration américaine "cède tout" à la Russie dans ses négociations sur l'Ukraine.
"Au moment où le président Trump dit: +il faut négocier, il faut imposer la paix par la force+, notre inquiétude à nous Paris est que cette force ne soit que faiblesse", a déclaré le ministre des Armées Sébastien Lecornu sur la chaîne BFMTV.
- "Trahison" -
Par la voix du chef du Pentagone, plus tôt jeudi à Bruxelles, Washington avait pourtant affirmé que l'ouverture de ces discussions n'était en rien une "trahison" vis-à-vis de l'Ukraine.
"Il y a la reconnaissance (du fait) que le monde entier et les Etats-Unis sont investis dans la paix, une paix négociée", a lancé le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth.
Les Américains ont en outre jugé qu'il appartenait désormais aux Européens d'assurer l'essentiel du soutien à Kiev et qu'il était impératif qu'ils musclent leurs investissements dans la défense..
Les pays européens se sont toutefois montrés très sceptiques, le cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas faisant même le parallèle entre aujourd'hui et 1938, quand les accords de Munich avaient abouti à l'annexion d'une partie de la Tchécoslovaquie par l'Allemagne hitlérienne.
Cette "stratégie de l'apaisement ne fonctionne pas", a-t-elle martelé.
"Toute solution rapide équivaut à un sale accord que nous avons déjà vu, à Minsk par exemple", a averti jeudi Mme Kallas, pour qui rien ne peut se négocier "dans le dos" de l'Europe ou des Ukrainiens, sous peine d'"échec".
Les accords de Minsk conclus il y a dix ans avaient abouti à un cessez-le-feu en Ukraine, rompu à maintes reprises, jusqu'à l'invasion de ce pays par la Russie en février 2022.