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A une semaine du premier tour, la campagne des législatives entre dans sa dernière ligne droite dans une relative indifférence, avec les macronistes qui espèrent conserver la majorité malgré la pression de l'alliance de la gauche derrière Jean-Luc Mélenchon.
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Les candidats ont sillonné leurs circonscriptions tout le week-end, à commencer par la Première ministre Elisabeth Borne, en campagne dans la 6e du Calvados, où l'un de ses prédécesseurs à Matignon, Edouard Philippe, est venu la soutenir samedi.
Plus encore qu'à la présidentielle, l'abstention, attendue à un niveau record pour un premier tour de législatives (52 ou 53% selon les sondages contre 51,3% en 2017), devrait jouer un rôle clé dans le scrutin des 12 et 19 juin.
"Il n'y a pas vraiment de campagne", c'est encore "un non objet" pour les Français, disait le sondeur Brice Teinturier (Ipsos) jeudi sur France inter.
L'abstention des jeunes et des classes populaires pourrait avantager la majorité actuelle, qui s'appuie sur un électorat plus âgé et plus aisé que celui du RN ou de l'alliance de la gauche (Nupes), estiment des spécialistes.
D'après un sondage Ifop mardi, la majorité présidentielle (Ensemble!) arriverait en tête en nombre de sièges à l'issue du second tour (275-310 sièges), mais sans certitude d'obtenir la majorité absolue de 289 députés.
"Nos chances de gagner sont assez élevées", a lancé Jean-Luc Mélenchon mercredi soir à Paris pour galvaniser ses troupes, s'indignant de l'"inaction climatique" du gouvernement ou de la "montée de la pauvreté" dans le pays.
- "Faux plat"-
A l'extrême droite, Marine Le Pen, candidate dans le Pas-de-Calais, s'est d'abord montrée très discrète dans cette campagne malgré ses 41,5% à la présidentielle. Elle a fini par rehausser l'ambition du RN, traditionnellement pénalisé par le mode de scrutin aux législatives, passant d'un objectif de 60 élus à la "capacité de gagner 150 circonscriptions".
Le président de son parti Jordan Bardella a aussi appelé "les patriotes" à "ne pas disperser leurs voix", en pleine guerre fratricide avec le camp d'Eric Zemmour (Reconquête), candidat dans le Var.
Côté macroniste, 15 ministres, dont Mme Borne, sont candidats et jouent leur poste, selon la règle tacite qui impose à un membre du gouvernement de renoncer à son maroquin en cas de défaite électorale.
La secrétaire d'Etat chargée de la mer Justine Bénin (MoDem) a une partie très difficile à mener en Guadeloupe. Et dans la 7e circonscription de Paris, Clément Beaune, ministre chargé de l'Europe, est sous la menace de l'insoumise Caroline Mécary, qu'un sondage (Ifop-Fiducial pour le JDD) donne potentiellement gagnante d'un cheveu, mais dans la marge d'erreur.
Le score du ministre des Solidarités et ex-LR Damien Abad sera aussi scruté de près dans l'Ain, après les accusations de viol qu'il conteste.
Cette polémique, suivie de celle du fiasco autour de la finale de la Ligue des champions au Stade de France, ont parasité la campagne des macronistes.
"Il y a toujours un faux plat après la présidentielle, et les gens n'étaient pas encore entrés dans la campagne", relativise le chef de file des députés LREM Christophe Castaner dans le JDD, en fustigeant le programme de la Nupes, "tous les clichés du monde soviétique" selon lui.
Emmanuel Macron a fini par s'engager avec deux déplacements mardi et jeudi et une interview dans la presse régionale vendredi soir, pour appeler les Français à choisir une "majorité stable et sérieuse" face au "projet de désordre et de soumission de Jean-Luc Mélenchon ou de Madame Le Pen".
Avec la guerre en Ukraine et l'inflation, le pouvoir d'achat est toujours au coeur des débats, le gouvernement annonçant un projet de loi au lendemain des législatives.
Dès ce week-end, la Polynésie et les Français résidant à l'étranger se sont rendus aux urnes pour le premier tour, avec des résultats attendus dimanche ou lundi.
Et une attention particulière pour la 5e circonscription de l'étranger (Espagne, Portugal, Andorre et Monaco) où l'ancien Premier ministre Manuel Valls se présente sous les couleurs de la majorité présidentielle.