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Majorité absolue ou simple ? De retour d'Ukraine, Emmanuel Macron revient dans l'arène vendredi pour la dernière journée de campagne avant le second tour des législatives où se joue le sort de son deuxième quinquennat face à l'alliance de gauche et le RN.
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Au lendemain d'un débat télévisé de l'entre-deux-tours qui s'est focalisé sur le pouvoir d'achat et les retraites entre Gabriel Attal pour la majorité, Clémentine Autain pour la Nupes et Jordan Bardella pour le RN, les candidats terminent à minuit une campagne envenimée entre macronistes et mélenchonistes.
Reprenant l'angle d'attaque de toute la macronie, le chef du Modem François Bayrou a mis en garde jeudi soir dans un autre débat du France 2 contre un "bazar universel" à l'Assemblée si Emmanuel Macron n'avait pas de majorité absolue et que la Nupes obtenait un grand groupe.
Emmanuel Macron, qui se rendra dans l'après-midi au salon VivaTech consacré au numérique et ses innovations, avait demandé solennellement mardi avant son voyage sur le conflit en Ukraine, une "majorité solide" aux Français, estimant que "rien ne serait pire que d'ajouter un désordre français au désordre mondial".
Des déclarations qui lui ont valu de fortes critiques de ses adversaires: la droite a raillé un "sauve-qui-peut politique", Jean-Luc Mélenchon "un sketch à la Trump" et Marine Le Pen une intervention "complètement inappropriée".
Ce voyage pèsera-t-il sur le vote de dimanche? Pour Jean-Daniel Lévy, directeur général de l'institut de sondages Harris Interractive, il est possible que ce déplacement "apparaisse soit comme une forme de désertion ou, à l'inverse, comme une forme de continuité pour le président de la République à l'égard d'enjeux internationaux qui apparaissent comme importants".
"Je ne pense pas que le fait que le président n'ait pas été en campagne sur le terrain dans les derniers jours constitue un élément (pour dimanche), mais plutôt le fait qu'il y ait peu de poids lourds autour de lui" pour faire campagne, explique le président de l'institut Elabe, Bernard Sananès.
Les sondages ne garantissent pas une majorité absolue d'au moins 289 sièges pour le camp d'Emmanuel Macron, à l'image de la dernière étude Elabe publiée vendredi matin pour BFMTV et L'Express, qui lui attribue entre 255 et 295 sièges.
A deux jours du second tour, le résultat demeure donc incertain: "Tout dépend de la dynamique de campagne, de l'abstention et du report de voix", explique à l'AFP M. Sananès.
- "L'épouvantail" Mélenchon -
Avec moins d'un électeur sur deux qui s'est rendu aux urnes dimanche, la mobilisation sera un enjeu déterminant: "Y a-t-il des réserves de voix pour la Nupes? Parviendra-t-elle à mobiliser les plus jeunes qui ne sont pas allés au premier tour?", résume le politologue.
Pour la majorité sortante, la question de la participation se pose aussi: "Y a-t-il des réserves dans un électorat légitimiste qui n'aurait pas été voter en pensant que la victoire d'Emmanuel Macron était acquise?", se demande M. Sananès.
"Il y a une singularité par rapport à 2017", relève M. Lévy. "Les électeurs ont voté pour Emmanuel Macron à la présidentielle à hauteur de 28%, mais seulement à 26% pour Ensemble! lors des législatives", précise-t-il à l'AFP.
"La situation ne lui est pas favorable si on compare ces chiffres avec ceux d'il y a cinq ans quand un quart des électeurs avait soutenu Emmanuel Macron lors de la présidentielle et un tiers aux législatives", rappelle-t-il.
M. Lévy s'interroge sur la stratégie de la majorité sortante qui a fait de l'insoumis un "épouvantail" dans l'entre-deux-tours.
"D'un point de vue de l'opinion, la possibilité que Jean-Luc Mélenchon accède à Matignon apparaît comme quasi nulle. Donc la mobilisation contre lui ne s'opère pas suffisamment", explique-t-il.
La majorité sortante qui se présente sous l'étiquette Ensemble! (LREM, MoDem, Agir et Horizons) est arrivée dimanche au coude à coude autour de 26% des voix avec l'alliance de gauche (LFI, PS, EELV et PCF), devant le RN de Marine Le Pen (18,68%), un score nettement supérieur à celui de 2017 (13,2%).