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Après plus de deux semaines de blocages et des violences ayant fait six tués, le gouvernement et les leaders indigènes d'Equateur sont parvenus à un accord jeudi pour mettre fin aux manifestations contre la vie chère qui paralysent le pays depuis plus de deux semaines.
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Elaboré sous la médiation de l'Eglise catholique, cet accord prévoit une baisse totale de 15 cents (de dollar) du prix des carburants, l'une des principales revendications des manifestants, pour l'essentiel des paysans vivant dans les montagnes andines et la partie amazonienne du pays.
"Nous allons continuer la lutte, mais là, selon l'acte que nous avons signé, nous allons suspendre le mouvement" de protestation, a déclaré, peu avant d'apposer sa signature sur le document, Leonidas Iza, le chef de la puissante Confédération des nationalités indigènes (Conaie), organisation fer de lance des manifestations.
Avec une baisse totale de 15 cents sur les carburants, les indigènes ont finalement obtenu 5 cents supplémentaires sur les 10 cents déjà concédés dimanche par le gouvernement. Ils exigeaient depuis le début de leur "paro" (grève) une baisse de 40 cents. Une fois la mesure en vigueur, le gallon de diesel coûtera 1,80 dollars, pour 2,40 le gallon d'essence.
L'accord prévoit la mise en place d'un comité de négociations, la fin des blocages et manifestations dans le pays, et la levée de l'état d'urgence en vigueur dans quatre régions de province.
Il prévoit également, respectivement l'abrogation et la révision de deux décrets, le premier sur l'extension de l'exploitation pétrolière en Amazonie, le deuxième sur l'extraction minière.
- "Grève terminée!" -
"Seule la lutte nous a permis de conquérir des droits ! (...). Nous avons obtenu des mesures pour améliorer la situation économique, la santé et l'éducation des familles vulnérables dans les campagnes et les villes (...).
Le mouvement indigène considère officiellement que la première étape du #ParoNacionalEcuador est terminée", a tweeté la Conaie, soulignant que "le respect des accords et des engagements signés sera évalué dans 90 jours".
La signature du document a été salué par des cris de joie au siège de la Conférence épiscopale à Quito, où les deux délégations se sont retrouvées jeudi matin, grâce aux bons offices des prélats catholiques.
Après de premières discussions lundi, l'exécutif avait suspendu les pourparlers mardi après une attaque en Amazonie au cours de laquelle un militaire avait été tué. Mercredi soir, il avait finalement annoncé son retour le lendemain à la table des négociations, avec la médiation de l'Eglise.
Jeudi, le gouvernement était représenté notamment par le ministre des Affaires gouvernementales, Francisco Jimenez.
En face, trois délégués indigènes étaient présents, dont l'incontournable Leonidas Iza, poncho rouge et chapeau de feutre noir sur sa longue tresse de cheveux lisses.
À l'extérieur, des milliers d'indigènes étaient rassemblés depuis le matin, après avoir une nouvelle fois défilé dans le centre de Quito. Après un bref moment d'ébullition, la foule a pris le chemin des bâtiments leur servant de QG.
- Chute de la production de pétrole -
Quelques brefs concerts de klaxons ont été également entendus dans la ville, où beaucoup d'habitants, notamment de la partie nord plus aisée, exprimaient dernièrement leur exaspération devant les blocages et parfois les violences des protestataires.
Ces violences ont fait six morts (un militaire et cinq manifestants) et plus de 600 blessés en dix-huit jours de mobilisation à Quito, mais aussi un peu partout dans le pays.
Loin des caméras, l'Amazonie, avec ses nombreuses installations pétrolières, a été l'autre épicentre du mouvement dont les actions ont fait chuté de près de moitié la production d'or noir, premier produit d'exportation du pays.
La contestation a ainsi lourdement pesé sur l'économie du pays et sur les habitants, avec une hausse des prix et un début de pénuries alimentaires et agricoles.
Des mobilisations passées du mouvement indigène ont provoqué la chute de trois présidents entre 1997 et 2005. En octobre 2019, plus d'une semaine de contestation avait fait onze mort et s'était conclue par un accord signé avec le président de l'époque.
Le président Lasso, élu en mai 2021, a échappé à la destitution mardi, après le rejet par le Parlement d'une motion introduite par le parti de l'opposition de l'ex-président socialiste Rafael Correa (2007-2017).