The Prague Post - "Un venin mortel": en Tunisie, une ville asphyxiée par un complexe chimique "délabré"

EUR -
AED 4.188188
AFN 72.986531
ALL 93.719146
AMD 418.660332
ANG 2.041811
AOA 1046.339986
ARS 1701.477489
AUD 1.650151
AWG 2.055606
AZN 1.966105
BAM 1.955131
BBD 2.302122
BDT 140.871769
BGN 1.928313
BHD 0.430954
BIF 3401.595031
BMD 1.14042
BND 1.476307
BOB 7.896075
BRL 5.885847
BSD 1.143014
BTN 108.49138
BWP 15.43785
BYN 3.264825
BYR 22352.223141
BZD 2.298823
CAD 1.615535
CDF 2571.646369
CHF 0.921447
CLF 0.026852
CLP 1056.83823
CNY 7.748181
CNH 7.761
COP 3811.852339
CRC 520.724
CUC 1.14042
CUP 30.221118
CVE 110.226778
CZK 24.27223
DJF 203.541205
DKK 7.474766
DOP 67.497187
DZD 151.769478
EGP 56.400703
ERN 17.106293
ETB 183.355731
FJD 2.551915
FKP 0.852912
GBP 0.855241
GEL 3.016392
GGP 0.852912
GHS 13.044789
GIP 0.852912
GMD 83.826152
GNF 10024.567831
GTQ 8.721091
GYD 239.090238
HKD 8.941893
HNL 30.596793
HRK 7.529503
HTG 149.530116
HUF 358.685326
IDR 20553.781513
ILS 3.48204
IMP 0.852912
INR 109.12726
IQD 1497.30049
IRR 1568076.878194
ISK 143.571259
JEP 0.852912
JMD 180.019944
JOD 0.808529
JPY 185.278835
KES 147.353562
KGS 99.729544
KHR 4591.488378
KMF 491.520375
KPW 1026.377992
KRW 1724.953148
KWD 0.353553
KYD 0.952478
KZT 536.343424
LAK 25755.407814
LBP 102355.502245
LKR 382.682334
LRD 207.797944
LSL 18.565506
LTL 3.367362
LVL 0.689828
LYD 7.331522
MAD 10.688134
MDL 20.111379
MGA 4846.425695
MKD 61.519285
MMK 2394.354388
MNT 4089.287146
MOP 9.23262
MRU 45.614183
MUR 53.782009
MVR 17.630673
MWK 1981.556315
MXN 20.078266
MYR 4.647779
MZN 72.884027
NAD 18.565588
NGN 1568.339052
NIO 41.87633
NOK 11.150634
NPR 173.58809
NZD 2.003216
OMR 0.438494
PAB 1.143019
PEN 3.885704
PGK 5.023324
PHP 70.452886
PKR 317.784965
PLN 4.311727
PYG 6958.648037
QAR 4.166955
RON 5.234408
RSD 117.309269
RUB 86.973372
RWF 1675.055878
SAR 4.252921
SBD 9.234318
SCR 15.74674
SDG 684.821392
SEK 11.093568
SGD 1.476176
SHP 0.851438
SLE 27.797686
SLL 23914.031891
SOS 653.179231
SRD 42.864931
STD 23604.382146
STN 24.491829
SVC 10.00162
SYP 126.052965
SZL 18.555054
THB 38.189803
TJS 10.566836
TMT 4.002873
TND 3.380757
TOP 2.745857
TRY 53.424895
TTD 7.757446
TWD 36.601194
TZS 2990.753683
UAH 50.866777
UGX 4183.60432
USD 1.14042
UYU 46.004048
UZS 13735.417768
VES 768.741821
VND 29988.472434
VUV 136.62332
WST 3.157231
XAF 655.743989
XAG 0.019522
XAU 0.000281
XCD 3.082041
XCG 2.059904
XDR 0.815528
XOF 655.735367
XPF 119.331742
YER 270.336321
ZAR 18.736711
ZMK 10265.136719
ZMW 21.059882
ZWL 367.214629
  • AEX

    -1.7300

    1077.23

    -0.16%

  • BEL20

    -56.6700

    5667.92

    -0.99%

  • PX1

    -131.6100

    8304.67

    -1.56%

  • ISEQ

    -152.1800

    13809.26

    -1.09%

  • OSEBX

    2.5300

    1948.55

    +0.13%

  • PSI20

    -135.9700

    9113.53

    -1.47%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -19.2200

    4669.76

    -0.41%

  • N150

    -33.7500

    4184.39

    -0.8%

"Un venin mortel": en Tunisie, une ville asphyxiée par un complexe chimique "délabré"
"Un venin mortel": en Tunisie, une ville asphyxiée par un complexe chimique "délabré" / Photo: Hasan MRAD - AFP

"Un venin mortel": en Tunisie, une ville asphyxiée par un complexe chimique "délabré"

Ikram Aioua est emplie d'une colère froide. Depuis début septembre, son fils a été hospitalisé trois fois après avoir inhalé des gaz toxiques imputés à un complexe chimique vieillissant à Gabès, dans le sud de la Tunisie. Comme les proches de dizaines d'autres personnes intoxiquées, elle exige la fermeture de l'usine.

Taille du texte:

Le complexe "est un venin mortel", s'emporte cette femme au foyer de 40 ans. "Il faut s'en débarrasser!".

Les vidéos d'élèves secourus après des malaises ont poussé mercredi des milliers d'habitants de Gabès dans la rue, une mobilisation inédite depuis plusieurs années selon des militants. La police a fait usage de grandes quantités de gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires.

Ahmed Sarray, 12 ans, le fils d'Ikram, raconte à l'AFP avoir "senti des brûlures à la gorge" alors qu'il était en classe. Son collège de Chott Essalem est proche de l'usine de fertilisants du Groupe Chimique Tunisien (GCT), un énorme complexe qui crache jour et nuit une fumée grise et âcre.

"Ma tête était lourde, j'ai perdu connaissance", poursuit-il.

Sa camarade Emna Mrabet indique avoir senti sa poitrine s'enflammer puis elle a vomi. Sa mère dit ne plus vouloir l'envoyer à l'école "jusqu'à ce que les autorités trouvent des solutions".

En un mois, près de 200 habitants des quartiers proches du complexe ont reçu des soins pour des "intoxications" dont 122 mardi, selon les autorités locales.

- "Démantèlement" -

Pour Ahmed Guefrech, un élu local du Conseil des régions, cela ne fait aucun doute: "ces malaises sont provoqués par des fuites de gaz provenant des unités du GCT".

Et si les fuites "ne sont pas nouvelles", il note "leur intensification - quatre fois en septembre, deux fois depuis début octobre".

Le complexe utilise de l'acide sulfurique et de l'ammoniac pour fabriquer des engrais à base de phosphates.

Le GCT n'a pas répondu à l'AFP au sujet de l'état du complexe inauguré en 1972 et dénoncé pour pollution depuis plus d'une décennie.

Selon M. Guefrech, qui est aussi militant pour l'environnement, les émanations toxiques sont dues "au vieillissement des unités polluantes" ainsi qu'à des "équipements délabrés" et à un manque d'entretien.

Elles s'expliquent aussi par une "augmentation de la production à un rythme qui ne correspond pas à l'état" du site, selon M. Guefrech.

Pour lui, il n'y a qu'une solution: "le démantèlement".

Khayreddine Debaya, qui milite avec son collectif Stop Pollution contre les dégâts causés par l'usine à l'environnement et à la santé des riverains, est du même avis.

Selon Stop Pollution et diverses études, les résidus déversés en pleine nature par le GCT polluent les plages et les sols, ont causé un effondrement de la pêche et sont la cause d'une incidence anormale de maladies respiratoires et cancers.

En 2017, les autorités avaient promis de démanteler le complexe qui emploie 4.000 personnes dans une zone frappée par le chômage, pour le remplacer par un établissement conforme aux normes internationales.

- "Rien ne sera fait" -

Le dossier devrait prendre une tournure judiciaire puisqu'un groupe d'avocats de Gabès, représentant des élèves intoxiqués récemment, entend poursuivre le GCT.

Une première plainte "sera déposée (prochainement) au tribunal de première instance de Gabès pour arrêter les activités des unités polluantes et une deuxième pour démanteler le groupe", affirme à l'AFP Mehdi Telmoudi, qui préside leur comité de défense.

Mais les autorités sont en porte-à-faux sur ce dossier car l'exploitation des mines de phosphates - principale richesse naturelle du pays - est "un pilier fondamental" de l'économie pour le président Kais Saied. Les autorités veulent quintupler la production d'engrais d'ici 2030 (d'environ 3 millions de tonnes par an à 14 millions) pour profiter de la hausse des prix mondiaux.

Samedi dernier, dénonçant un manque d'entretien, le président Saied a dépêché en urgence une équipe des ministères de l'Industrie et de l'Environnement, en dépit de doutes d'experts sur la possibilité d'assainir le site.

"Rien ne sera fait et le complexe qui nous tue restera", se désespère Radhia Sarray, 58 ans, une proche d'Ahmed. Atteinte d'un cancer, elle a récemment été hospitalisée pour intoxication.

B.Barton--TPP