The Prague Post - "Je pensais que c'était la fin": en Ukraine occupée, un enrôlement militaire russe évité de justesse

EUR -
AED 4.339995
AFN 73.862713
ALL 96.284029
AMD 444.226316
ANG 2.115022
AOA 1083.66809
ARS 1650.910645
AUD 1.671082
AWG 2.121248
AZN 2.009941
BAM 1.955476
BBD 2.376306
BDT 144.176086
BGN 1.947112
BHD 0.444826
BIF 3500.51937
BMD 1.181754
BND 1.493552
BOB 8.152648
BRL 6.063694
BSD 1.179804
BTN 107.353193
BWP 15.528424
BYN 3.415433
BYR 23162.378061
BZD 2.372906
CAD 1.612882
CDF 2611.67595
CHF 0.911319
CLF 0.026148
CLP 1032.45105
CNY 8.104646
CNH 8.11836
COP 4442.063196
CRC 556.707659
CUC 1.181754
CUP 31.316481
CVE 110.246713
CZK 24.248644
DJF 210.095152
DKK 7.473765
DOP 71.218187
DZD 152.087773
EGP 56.32436
ERN 17.72631
ETB 183.001246
FJD 2.591055
FKP 0.876359
GBP 0.878464
GEL 3.166941
GGP 0.876359
GHS 12.576914
GIP 0.876359
GMD 85.662612
GNF 10347.283698
GTQ 9.049499
GYD 246.839057
HKD 9.245039
HNL 31.221821
HRK 7.534744
HTG 154.654348
HUF 377.09356
IDR 19856.362207
ILS 3.705703
IMP 0.876359
INR 107.633976
IQD 1545.543641
IRR 1553196.985591
ISK 143.547694
JEP 0.876359
JMD 183.949488
JOD 0.837842
JPY 184.406837
KES 152.134765
KGS 103.344866
KHR 4730.2154
KMF 492.791279
KPW 1063.578644
KRW 1701.726111
KWD 0.362255
KYD 0.983237
KZT 587.642528
LAK 25252.811322
LBP 105653.675248
LKR 364.859481
LRD 216.49409
LSL 18.774386
LTL 3.489413
LVL 0.714831
LYD 7.451764
MAD 10.804508
MDL 20.192651
MGA 5004.169959
MKD 61.629777
MMK 2481.80944
MNT 4214.643987
MOP 9.508423
MRU 47.089189
MUR 54.797966
MVR 18.258469
MWK 2045.960637
MXN 20.423563
MYR 4.598557
MZN 75.520008
NAD 18.774386
NGN 1610.068491
NIO 43.422797
NOK 11.275682
NPR 171.765509
NZD 1.979323
OMR 0.450055
PAB 1.179804
PEN 3.958543
PGK 5.149146
PHP 68.235064
PKR 329.762302
PLN 4.238608
PYG 7599.739433
QAR 4.288689
RON 5.099254
RSD 117.360533
RUB 91.539376
RWF 1723.714088
SAR 4.428996
SBD 9.507426
SCR 16.375593
SDG 710.830085
SEK 10.70272
SGD 1.494441
SHP 0.886622
SLE 29.011851
SLL 24780.789373
SOS 673.088355
SRD 44.5781
STD 24459.921491
STN 24.495937
SVC 10.323288
SYP 130.61334
SZL 18.770886
THB 36.823858
TJS 11.226038
TMT 4.136139
TND 3.419733
TOP 2.84538
TRY 51.902295
TTD 8.008672
TWD 37.095543
TZS 3002.701942
UAH 50.868362
UGX 4253.294507
USD 1.181754
UYU 45.322482
UZS 14334.622319
VES 492.597834
VND 30778.78248
VUV 140.678623
WST 3.209536
XAF 655.848215
XAG 0.012594
XAU 0.000224
XCD 3.193749
XCG 2.126347
XDR 0.815665
XOF 655.848215
XPF 119.331742
YER 281.907545
ZAR 18.952382
ZMK 10637.213644
ZMW 22.293302
ZWL 380.5243
  • AEX

    4.6000

    1027.02

    +0.45%

  • BEL20

    4.8900

    5443.76

    +0.09%

  • PX1

    -40.5200

    8580.75

    -0.47%

  • ISEQ

    -34.2200

    13128.54

    -0.26%

  • OSEBX

    16.6900

    1892.04

    +0.89%

  • PSI20

    8.3400

    9276.09

    +0.09%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    25.3100

    3918.4

    +0.65%

  • N150

    -8.2000

    4092.87

    -0.2%

"Je pensais que c'était la fin": en Ukraine occupée, un enrôlement militaire russe évité de justesse
"Je pensais que c'était la fin": en Ukraine occupée, un enrôlement militaire russe évité de justesse / Photo: Olga MALTSEVA - AFP/Archives

"Je pensais que c'était la fin": en Ukraine occupée, un enrôlement militaire russe évité de justesse

De son interrogatoire, David se souvient du sourire narquois des agents russes alors qu'il était complètement paniqué. Ce jeune Ukrainien a manqué de peu d'être renvoyé vers Marioupol, où il craignait d'être enrôlé dans l'armée ennemie.

Taille du texte:

Après avoir vécu sous occupation russe dans cette ville portuaire du sud de l'Ukraine, David et son ami Nikolaï ont fui lorsqu'ils ont reçu leur convocation pour effectuer le service militaire russe.

A un poste de contrôle sur la route, les agents russes les ont menacé de les accuser faussement de trafic de drogue s'ils découvraient que les deux jeunes, tout juste sortis de l'adolescence, tentaient de rejoindre Kiev.

"J'étais assis là et je pensais que c'était la fin, qu'ils allaient nous refouler", raconte à l'AFP David, 19 ans, lors d'un entretien dans la capitale ukrainienne, qu'il est finalement parvenu à rejoindre.

Ce témoignage met en lumière les efforts menés par la Russie pour recruter des Ukrainiens en territoire occupé pour combattre dans les rangs de sa propre armée, et les obstacles qu'elle dresse à ceux qui voudraient partir.

L'enrôlement forcé de civils en territoire occupé constitue un crime de guerre, selon les Conventions de Genève.

Les deux jeunes hommes se sont exprimés auprès de l'AFP sous des pseudonymes et n'ont pas divulgué tous les détails de leur parcours et de leur famille pour des raisons de sécurité.

Les troupes russes ont pris Marioupol en mai 2022 après un siège dévastateur de plus de deux mois, qui a fait au moins 22.000 morts, selon des responsables municipaux ukrainiens en exil.

Après la capture, le lycée de David et Nikolaï a participé au recrutement pour l'armée russe. Sous le regard d'un portrait du président Vladimir Poutine, le directeur les a accueillis en tant que "futurs défenseurs" de la Russie.

"Je me suis dit: +C'est quoi ce délire? Défenseurs de quoi?+", se souvient David.

- "Ferme dans mes convictions" -

"Ils ont un seul objectif: que chaque enfant ukrainien devienne un soldat russe à l'avenir", accuse auprès de l'AFP le médiateur ukrainien pour les droits humains, Dmytro Loubinets.

A Marioupol, il est risqué d'afficher ouvertement un soutien à Kiev ou de manifester publiquement une identité ukrainienne affirmée.

David et Nikolaï assurent pourtant qu'ils étaient déterminés à résister. Ils ont étudié en secret le programme scolaire ukrainien en ligne.

"J'étais ferme dans mes convictions. Je savais que le 24 février, ils étaient entrés dans mon pays, personne ne pouvait me convaincre du contraire. J'ai entendu les explosions", raconte Nikolaï en référence au premier jour de l'invasion russe.

Après le bombardement imputé à la Russie, en mars 2022, d'un théâtre utilisé comme refuge, Nikolaï assure s'être aventuré dans le sous-sol pour constater les dégâts.

"Je m'en souviens encore. Des matelas. Des cadavres. L'odeur de la mort... et des mouches".

Cette frappe a tué entre plusieurs dizaines et plusieurs centaines de personnes, selon les ONG Amnesty International et Human Rights Watch.

- "Je pleurais" -

Lorsque les convocations pour l'armée sont arrivées, les deux amis d'enfance ont décidé de s'enfuir.

"Vous ne me ferez pas combattre contre l'armée ukrainienne, c'est la mienne", assène Nikolaï.

Kiev affirme que l'armée russe a contraint à la mobilisation plus de 46.000 Ukrainiens dans les territoires occupés, dont plus de 35.000 venant de la Crimée annexée en 2014. L'AFP n'est pas en mesure de vérifier ces chiffres et la Russie ne publie pas de statistiques.

Les conscrits effectuant leur service militaire ne sont pas déployés au combat, mais, selon des groupes de défense des droits, ils subissent souvent des pressions pour signer des contrats militaires, et donc s'enrôler dans le conflit.

David et Nikolaï ont réuni leurs économies, fait leurs valises et cherché un moyen de transport.

"Je pleurais parce que je quittais ma ville natale. Mais je n'avais pas d'autre choix", témoigne David.

Lors du contrôle, les agents russes les ont interrogés séparément dans une petite pièce pendant environ cinq heures.

"Ils ont commencé à sourire, à me mettre la pression, à essayer de me faire commettre une erreur", commente David.

Ils ont pris ses empreintes digitales, lui ont demandé pourquoi il avait supprimé des photos de son téléphone et l'ont menacé de l'accuser d'avoir de la drogue sur lui. Lui leur assurait qu'il voulait se rendre en Russie.

"N'importe qui aurait peur dans une telle situation, surtout compte tenu de notre âge", souligne David.

Finalement autorisés à passer dans un retournement de situation inexpliqué, ils s'inquiètent désormais pour leurs amis restés à Marioupol.

Un de leurs camarades de classe voulait fuir, mais il n'avait pas de passeport. Pour en obtenir un, il aurait dû se rendre au bureau de recrutement militaire, où il craignait d'être immédiatement enrôlé.

"Il ne peut tout simplement pas s'enfuir", regrette David.

I.Horak--TPP