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Un neuvième policier guatémaltèque est décédé lundi au lendemain d'une vague d'attaques et de mutineries dans les prisons qui ont poussé le président à décréter l'état de siège face aux gangs.
La police a été la cible de diverses attaques coordonnées menées dans plusieurs régions du pays, en représailles à la reprise dimanche de trois prisons où des membres de gangs retenaient en otage des dizaines de gardiens.
Ces mutineries, qui se répètent depuis mi-2025, entendent s'opposer au transfert de chefs de bandes criminelles dans une prison de haute sécurité et exigent leur retour dans des centres pénitentiaires aux mesures moins restrictives.
Huit policiers ont été tués dimanche et un neuvième, blessé par balle alors qu'il se déplaçait à moto avec un collègue qui se trouve dans un "état critique", est décédé lundi dans un hôpital public, selon des communiqués de la police et du ministère de l'Intérieur.
Dimanche, le ministre de l'Intérieur Marco Antonio Villeda avait déploré la mort de policiers "lâchement attaqués par ces terroristes en réaction aux actions que l'Etat du Guatemala mène contre eux".
Le président Bernardo Arevalo avait, à compter de ce jour, décrété "l'état de siège sur tout le territoire national pour 30 jours" pour "garantir la protection et la sécurité" des Guatémaltèques.
Cette mesure, entrée en vigueur même si elle doit encore être ratifiée par le Parlement où l'opposition est majoritaire, suspend certaines garanties constitutionnelles, comme les droits de réunion et de manifestation, et autorise les arrestations et les interrogatoires sans mandat judiciaire.
Le ministre de la Défense, le général de division Henry Saenz, avait assuré que l'armée "patrouillera(it) dans les rues" pour "frapper" les structures du crime organisé et "apporter la tranquillité dont les citoyens ont besoin".
Le directeur de la police, David Custodio, avait renchéri en affirmant que ses agents étaient prêts à protéger "la vie" des citoyens, si nécessaire "en utilisant leur arme à feu".
Ce lundi, premier des trois jours de deuil national décrétés, les cours étaient suspendus dans les établissements scolaires.
Les obsèques de policiers tués, dont les cercueils étaient recouverts du drapeau guatémaltèque, ont été célébrées au ministère de l'Intérieur en présence du président Arevalo.
Les gangs Barrio 18 et Mara Salvatrucha, considérés comme "terroristes" par les Etats-Unis et le Guatemala, se disputent le contrôle de territoires du pays d'Amérique centrale, où ils extorquent commerçants, transporteurs et simples citoyens et tuent ceux qui refusent de payer. Ils sont également impliqués dans le trafic de drogue.
A.Novak--TPP