The Prague Post - RDC: un an après sa chute, Goma vit dans la peur

EUR -
AED 4.284055
AFN 76.990671
ALL 93.078883
AMD 425.733944
ANG 2.087821
AOA 1069.700581
ARS 1746.739083
AUD 1.637787
AWG 2.099739
AZN 1.987822
BAM 1.965914
BBD 2.349739
BDT 142.563477
BGN 1.978848
BHD 0.439954
BIF 3487.095973
BMD 1.166522
BND 1.489162
BOB 13.480065
BRL 6.032785
BSD 1.166677
BTN 111.655063
BWP 15.757069
BYN 3.548557
BYR 22863.824435
BZD 2.346321
CAD 1.611375
CDF 2648.004322
CHF 0.934197
CLF 0.027316
CLP 1075.148386
CNY 7.866204
CNH 7.851583
COP 3597.401136
CRC 522.074842
CUC 1.166522
CUP 30.912824
CVE 110.833805
CZK 24.159858
DJF 207.744375
DKK 7.4757
DOP 68.542646
DZD 154.725143
EGP 59.075808
ERN 17.497825
ETB 190.561941
FJD 2.5667
FKP 0.861354
GBP 0.857061
GEL 3.038825
GGP 0.861354
GHS 12.978495
GIP 0.861354
GMD 86.322654
GNF 10250.606691
GTQ 8.902612
GYD 244.080543
HKD 9.146183
HNL 31.281269
HRK 7.535266
HTG 152.595089
HUF 363.611795
IDR 20767.585021
ILS 3.472794
IMP 0.861354
INR 111.470769
IQD 1528.363299
IRR 1603471.503919
ISK 142.186362
JEP 0.861354
JMD 184.348457
JOD 0.827037
JPY 184.775886
KES 151.062701
KGS 102.012671
KHR 4717.269953
KMF 496.938372
KPW 1049.869832
KRW 1619.242909
KWD 0.359685
KYD 0.972202
KZT 538.890999
LAK 26273.612428
LBP 104472.56349
LKR 386.106485
LRD 211.749433
LSL 18.954815
LTL 3.444436
LVL 0.705617
LYD 7.425106
MAD 10.817416
MDL 20.119513
MGA 5027.759645
MKD 61.848204
MMK 2448.815867
MNT 4196.154406
MOP 9.422256
MRU 46.676145
MUR 54.802967
MVR 18.034072
MWK 2022.964627
MXN 19.782096
MYR 4.734796
MZN 74.546501
NAD 18.954815
NGN 1575.527046
NIO 42.929951
NOK 10.887351
NPR 178.65215
NZD 1.967234
OMR 0.448537
PAB 1.166677
PEN 3.928628
PGK 5.16752
PHP 72.003535
PKR 323.778714
PLN 4.316049
PYG 7018.107567
QAR 4.253383
RON 5.246084
RSD 117.32988
RUB 98.481949
RWF 1719.044337
SAR 4.381688
SBD 9.362283
SCR 16.151138
SDG 701.664827
SEK 11.020148
SGD 1.483611
SHP 0.864236
SLE 28.754932
SLL 24461.374939
SOS 666.721653
SRD 44.026889
STD 24144.643057
STN 24.626172
SVC 10.20839
SYP 15167.114447
SZL 18.960305
THB 38.355546
TJS 10.76224
TMT 4.082826
TND 3.409743
TOP 2.808704
TRY 55.920133
TTD 7.913545
TWD 37.179146
TZS 3088.629706
UAH 52.1624
UGX 4351.293783
USD 1.166522
UYU 46.760579
UZS 13766.829167
VES 900.061104
VND 30540.120184
VUV 137.900924
WST 3.168153
XAF 659.349296
XAG 0.01776
XAU 0.00026
XCD 3.152583
XCG 2.102591
XDR 0.824791
XOF 659.340774
XPF 119.331742
YER 276.588204
ZAR 18.777386
ZMK 10500.131025
ZMW 21.844922
ZWL 375.619497
  • AEX

    -4.8700

    1102.43

    -0.44%

  • BEL20

    -10.9400

    5747.89

    -0.19%

  • PX1

    -7.6600

    8501.91

    -0.09%

  • ISEQ

    -109.8700

    13976.27

    -0.78%

  • OSEBX

    -0.8300

    2080.67

    -0.04%

  • PSI20

    -66.0700

    9238.9

    -0.71%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    63.9400

    4835.92

    +1.34%

  • N150

    0.0000

    4299.81

    0%

RDC: un an après sa chute, Goma vit dans la peur
RDC: un an après sa chute, Goma vit dans la peur / Photo: Glody MURHABAZI - AFP/Archives

RDC: un an après sa chute, Goma vit dans la peur

Ils ont été pris sous un déluge de feu, puis murés dans le silence et la peur imposés par leurs nouveaux maîtres: un an après la chute de Goma, grande ville de l'est de la RDC, aux mains du groupe armé M23, ses habitants vivent dans la peur et n'ont "nulle part où aller".

Taille du texte:

Le 26 janvier 2025, un million d'habitants se terraient dans les maisons quand l'armée congolaise et ses alliés ont abandonné la capitale de la province du Nord-Kivu. Des centaines de soldats rwandais, alliés du groupe armé antigouvernemental M23, venaient de passer la frontière et de pénétrer dans la cité lacustre, au prix de combats intenses qui ont fait des milliers de morts.

Ce jour-là, Janvier Kamundu, habitant de Goma, est réfugié dans sa maison avec sa femme et ses enfants. Les balles et les obus pleuvent.

"Subitement, j'ai entendu mon épouse crier. Elle est tombée, touchée par une balle perdue", raconte-t-il. Malgré les tirs, ses voisins lui viennent en aide et trouvent un véhicule pour emmener sa femme à l'hôpital, lui sauvant la vie.

Les hôpitaux de la ville sont débordés. Des montagnes de cadavres enveloppés dans des sacs blancs s'entassent dans les morgues. Ils sont incinérés nuit et jour, empestant les rues désertes envahies de matériel militaire abandonné.

- "Beaucoup de plaies" -

Comme nombre d'habitants de Goma, M. Kamundu et son épouse se disent marqués dans leur chair. "Elle se remet petit à petit, mais elle a reçu beaucoup de plaies au niveau du ventre, et quand ça lui fait mal, elle repense aux événements", confie le mari.

Dans les semaines qui suivent, une chape de plomb s'abat sur la ville. Tous les soirs après 18H00, les rues se vident. La joyeuse rumeur des bars où les Congolais trouvaient un peu de répit, dans une région marquée par plus de 30 années de conflits, laisse place à un pesant silence.

Des bandits évadés de la prison, des miliciens et certains militaires ayant échappé à la capture sèment la terreur dans les quartiers à la nuit tombée. Ils pénètrent dans les maisons pour braquer leurs habitants et n'hésitent pas à les assassiner sur place.

La police et les magistrats ont déserté la ville. Chaque soir, les habitants, livrés à eux-mêmes, restent terrés chez eux, écoutant les rafales d'armes automatiques qui résonnent dans l'obscurité.

Les patrouilles du M23 tirent à vue sur les présumés criminels ou ceux qui ont le malheur de s'attarder dans les rues.

Face à l'ampleur du phénomène, le groupe armé finit par prendre des mesures radicales: les quartiers de Goma sont méthodiquement bouclés à la recherche de criminels.

Fin mai, ils sont ainsi plusieurs centaines d'hommes assis dans la sombre caillasse volcanique qui recouvre les rues du village de Murambi, à la périphérie nord de la ville, encadrés par des combattants du M23.

Les chefs de quartier et les familles sont sommés de désigner ceux qu'ils reconnaissent comme d'honnêtes citoyens du quartier. Les autres sont interpellés.

- Torture et exécutions sommaires -

Les combattants du M23 arpentent également les rues et interpellent ceux qu'ils jugent suspects. Les habitants murmurent qu'il suffit de porter des vêtements sales ou une barbe mal rasée pour être victime de ces rafles et conduit au stade de la ville, devenu une prison à ciel ouvert.

A plusieurs reprises, le porte-parole du M23 y invite la presse pour constater le résultats de ces opérations. Les détenus sont séparés en groupes: présumés miliciens, policiers, militaires, bandits...

A l'entrée, des familles espèrent pouvoir faire libérer leurs proches. Une mère s'effondre en larmes, sans nouvelle de son fils.

Ceux qui ne peuvent être dédouanés par des témoignages jugés fiables finissent dans des lieux de détention secrets. Des rapports d'ONG dénoncent tortures et exécutions sommaires.

La méthode, radicale, finit néanmoins par produire des résultats: habitants et observateurs s'accordent désormais pour saluer le retour d'une relative sécurité dans les rues de Goma.

En l'absence d'une justice indépendante, des opposants ont aussi été victimes de la répression, certains ayant été accusés par le M23 de complicité avec les milices pro-Kinshasa.

En octobre, le groupe armé, qui clame sa volonté de renverser Kinshasa et mettre fin à la corruption, commence à désigner ses propres magistrats. Mais les observateurs ne se font guère d'illusion sur leur impartialité.

- "Formation idéologique" -

La plupart des représentants des organisations de la société civile et des défenseurs des droits humains avaient fui avant l'arrivée du M23, connu pour réduire au silence les voix dissidentes.

Civils et ex-combattants gouvernementaux sont recrutés de force par le groupe armé, qui présente 7.000 nouvelles recrues en septembre.

En parallèle, le M23 commence à imposer des taxes pour financer son effort de guerre, dans une ville déjà à genoux. Car depuis un an, les banques sont fermées sur ordre de Kinshasa pour éviter de financer la rébellion. L'aéroport est toujours inaccessible. Les échanges commerciaux entre la ville et les zones sous contrôle gouvernemental ont été réduits à peau de chagrin.

Les fonctionnaires ont été parmi les premiers à subir les effets de ces coupures.

"Nous étions ici environ 200 agents, une vingtaine sont partis travailler" en zone gouvernementale et "les autres sont ici sans rien faire", déplore Claude Mumbere, agent à l'urbanisme. Certains ont refusé de se soumettre à une "formation idéologique" dispensée par le M23, selon lui.

Le mari de Madeleine Mubuto, mère de trois enfants, a aussi perdu son travail. "On avait gardé à la maison une petite somme d'argent qui nous a aidés dans un premier temps, mais après une année tout est quasiment consommé", s'inquiète-t-elle.

Pour pallier la pénurie de cash, les francs rwandais circulent désormais sur les marchés de la ville.

"Beaucoup de gens se demandent combien de temps cette situation va durer", s'interroge Janvier Kamundu. En attendant, "on s'adapte parce qu'on n'a nulle part où aller".

Z.Marek--TPP