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Donald Trump a affirmé que le pouvoir iranien recherchait le dialogue, tout en laissant planer la menace d'une action militaire contre le pays avec le déploiement d'une force navale américaine dans le Golfe.
Dans le même temps, les arrestations continuent mardi en Iran, après les manifestations ayant défié la République islamique au début du mois. Au moins 41.880 personnes ont été interpellées, et des milliers de protestataires tués, d'après les derniers chiffres de l'ONG basée aux Etats-Unis Human Rights Activists News Agency (HRANA).
Cette ONG, et d'autres de défense des droits humains, continuent leur travail de documentation de la répression, entravé par la coupure générale d'internet imposée depuis le 8 janvier.
Le président américain lui souffle le chaud et le froid: lundi, le porte-avions Abraham Lincoln, accompagné de son escorte, est arrivé dans le Golfe.
Donald Trump a prévenu que les Etats-Unis avaient "une grande armada près de l'Iran. Plus grande qu'au Venezuela", dans une référence aux opérations américaines ayant conduit à la capture du chef d'Etat vénézuélien Nicolas Maduro début janvier.
Mais il a ajouté, dans cet entretien avec le média américain Axios: "Ils veulent passer un accord. Je le sais. Ils ont appelé à de nombreuses reprises. Ils veulent parler".
"S'ils veulent nous contacter, et ils connaissent les conditions, alors nous discuterons", a ensuite affirmé un haut responsable américain à des journalistes, selon Axios.
Le site précise que Donald Trump n'a pas voulu détailler les options envisagées. Les analystes estiment qu'elles incluent des bombardements de sites militaires, ou des frappes ciblées contre des dirigeants.
- Risque "d'instabilité" -
Selon le New York Times, les services de renseignement américains ont assuré à plusieurs reprises à Donald Trump que le pouvoir iranien "s'affaiblissait", voire était "au plus faible" depuis la mise en place de la République islamique en 1979.
L'influent sénateur américain républicain, Lindsey Graham, a dit au quotidien américain avoir parlé au président ces derniers jours: "l'objectif est de mettre fin au régime", a-t-il assuré.
Côté iranien, Téhéran a déjà signalé qu'un canal de communication était ouvert avec les Etats-Unis.
Dans un appel mardi avec le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, allié des Etats-Unis, le président Massoud Pezeshkian a averti que les "menaces des Américains visaient à perturber la sécurité de la région et n'aboutiraient à rien d'autre qu'à de l'instabilité pour eux".
L'Arabie saoudite avait assuré Téhéran mi-janvier qu'elle n'autoriserait pas l'usage de son territoire pour d'éventuelles frappes visant l'Iran.
Mardi, le journal conservateur iranien Hamshahri a d'abord affirmé que le porte-parole des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, avait prévenu que le porte-avions américain "serait pris pour cible", s'il entrait dans les eaux territoriales iraniennes.
Mais Hamshahri s'est rétracté, pointant un "manque de rigueur du journaliste" et présentant ses excuses au porte-parole et à ses lecteurs.
Le journal Javan, conservateur également, a lui agité la perspective d'une prise de contrôle par Téhéran du très stratégique détroit d'Ormuz, passage clé pour le transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
- "Aveux" et chasse aux blessés -
Si le mouvement de contestation s'est essoufflé, le bilan de la répression lui n'est toujours pas connu.
HRANA a annoncé mardi avoir désormais vérifié la mort de 6.126 personnes, dont 5.777 manifestants, mais enquête toujours sur quelque 17.000 autres décès potentiels. Et accuse à nouveau les autorités d'aller chercher les blessés jusqu'à l'intérieur des hôpitaux pour les placer en détention, malgré les dénégations du ministère de la Santé iranien.
La télévision d'Etat continue à diffuser des interrogatoires de manifestants, dans des "aveux" mis en scène pour mater l'opposition, selon les groupes de défense des droits humains.
La semaine dernière, les autorités iraniennes ont donné leur premier bilan total, de 3.117 morts, dont 2.427 sont selon elles des membres des forces de sécurité ou des passants.
La chaîne d'opposition Iran International, basée à l'étranger, a recensé pour sa part plus de 36.500 personnes tuées, citant notamment des documents classifiés et des sources sécuritaires.
Une autre ONG, Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a évoqué un chiffre de 3.428 manifestants tués, mais dit craindre un bilan total dépassant les 25.000 morts.
C.Novotny--TPP