The Prague Post - Un retraité ukrainien, dernier habitant d'un immeuble de Kharkiv sous les frappes russes

EUR -
AED 4.257382
AFN 73.03299
ALL 95.941037
AMD 436.788213
ANG 2.074761
AOA 1063.039974
ARS 1624.721811
AUD 1.647651
AWG 2.089563
AZN 1.958974
BAM 1.949927
BBD 2.336363
BDT 141.753056
BGN 1.910048
BHD 0.437198
BIF 3441.803999
BMD 1.159258
BND 1.478946
BOB 8.015995
BRL 6.064659
BSD 1.160006
BTN 106.870042
BWP 15.543119
BYN 3.381914
BYR 22721.4656
BZD 2.332973
CAD 1.584179
CDF 2619.923754
CHF 0.905984
CLF 0.026273
CLP 1037.397621
CNY 7.995983
CNH 7.997597
COP 4359.808731
CRC 547.035876
CUC 1.159258
CUP 30.720349
CVE 109.934837
CZK 24.393099
DJF 206.567842
DKK 7.471241
DOP 68.820642
DZD 151.667478
EGP 58.188168
ERN 17.388877
ETB 179.922243
FJD 2.559701
FKP 0.867257
GBP 0.870876
GEL 3.135805
GGP 0.867257
GHS 12.442685
GIP 0.867257
GMD 85.208602
GNF 10173.140301
GTQ 8.897279
GYD 242.693223
HKD 9.063442
HNL 30.699273
HRK 7.531933
HTG 152.100579
HUF 385.894533
IDR 19596.104822
ILS 3.572255
IMP 0.867257
INR 106.229223
IQD 1519.629607
IRR 1529145.944052
ISK 144.710065
JEP 0.867257
JMD 181.142856
JOD 0.821895
JPY 182.211666
KES 149.718597
KGS 101.37708
KHR 4654.939711
KMF 491.525366
KPW 1043.302414
KRW 1702.921644
KWD 0.356518
KYD 0.966693
KZT 575.828156
LAK 24837.406885
LBP 103878.530005
LKR 360.248082
LRD 212.282461
LSL 18.988509
LTL 3.422989
LVL 0.701224
LYD 7.374788
MAD 10.768452
MDL 20.073541
MGA 4823.451524
MKD 61.60214
MMK 2434.317336
MNT 4136.405913
MOP 9.340408
MRU 46.173537
MUR 54.926005
MVR 17.922207
MWK 2011.433123
MXN 20.489885
MYR 4.575011
MZN 74.082455
NAD 18.98859
NGN 1603.729749
NIO 42.690684
NOK 11.192907
NPR 170.989525
NZD 1.960381
OMR 0.445741
PAB 1.160026
PEN 3.96765
PGK 4.993851
PHP 67.970219
PKR 324.305931
PLN 4.279704
PYG 7553.250492
QAR 4.219229
RON 5.092856
RSD 117.42361
RUB 90.280809
RWF 1691.590535
SAR 4.351591
SBD 9.333955
SCR 16.703041
SDG 697.292992
SEK 10.689105
SGD 1.481654
SHP 0.869744
SLE 28.407771
SLL 24309.069293
SOS 661.801024
SRD 43.524937
STD 23994.309361
STN 24.425905
SVC 10.150472
SYP 128.150713
SZL 18.994627
THB 36.703279
TJS 11.095577
TMT 4.068997
TND 3.389221
TOP 2.791216
TRY 50.986632
TTD 7.859396
TWD 36.767619
TZS 2973.960473
UAH 50.850126
UGX 4286.146089
USD 1.159258
UYU 44.954989
UZS 14128.507524
VES 492.849461
VND 30398.654679
VUV 138.467801
WST 3.158739
XAF 653.981642
XAG 0.014237
XAU 0.000225
XCD 3.132954
XCG 2.090612
XDR 0.813347
XOF 653.987267
XPF 119.331742
YER 276.584163
ZAR 19.078438
ZMK 10434.711203
ZMW 22.245998
ZWL 373.280748
  • AEX

    2.1000

    1002.15

    +0.21%

  • BEL20

    1.0600

    5315.01

    +0.02%

  • PX1

    -15.5200

    8152.31

    -0.19%

  • ISEQ

    -22.8200

    12655.3

    -0.18%

  • OSEBX

    0.9500

    1908.97

    +0.05%

  • PSI20

    34.8300

    8965.99

    +0.39%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    30.5300

    3846.37

    +0.8%

  • N150

    -9.5100

    3954.77

    -0.24%

Un retraité ukrainien, dernier habitant d'un immeuble de Kharkiv sous les frappes russes
Un retraité ukrainien, dernier habitant d'un immeuble de Kharkiv sous les frappes russes / Photo: Ivan SAMOILOV - AFP

Un retraité ukrainien, dernier habitant d'un immeuble de Kharkiv sous les frappes russes

Grygoriï Gladych a vu sa famille et ses voisins quitter son immeuble à Kharkiv, deuxième ville d'Ukraine, pilonnée par la Russie. Aujourd'hui, il en est le dernier occupant et vit sans chauffage, sans eau potable ni électricité.

Taille du texte:

Cet ancien peintre en bâtiment est resté chez lui quand les troupes de Moscou ont presque encerclé Kharkiv (nord-est) au début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, la frappant intensément avec de l'artillerie.

Après y avoir passé - essentiellement tout seul - trois hivers éprouvants, ce retraité de 79 ans est le dernier habitant de cet immeuble soviétique de 15 étages dans le quartier de Saltivka, à moins de 40 kilomètres de la frontière russe.

Tout autour de lui: des bâtiments calcinés rendus inhabitables par les attaques russes. Celui de Grygoriï tient debout mais a connu son lot de frappes et n'a plus ni électricité ni chauffage.

L'homme y survit grâce à des rations alimentaires, mais il n'a pas la volonté de chercher refuge ailleurs.

"Et où irais‑je ?" s'interroge‑t‑il dans son appartement rempli de bocaux et d'ustensiles de cuisine.

L'invasion russe, pire conflit armé en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale, a fait des centaines de milliers de morts et blessés dans les deux pays et des millions de réfugiés et personnes déplacées en Ukraine.

La femme et la fille de Grygoriï sont, elles, parties aux Pays‑Bas au début de la guerre.

Mais beaucoup d'habitants des zones proches du front restent chez eux, surtout des personnes âgées qui n'ont pas les moyens de recommencer une nouvelle vie ailleurs.

Grygoriï dit qu'il pourrait en théorie aller dans son village natal dans l'ouest de l'Ukraine, plus loin de la ligne de front. Mais il ne sais pas "quoi emporter" avec lui "ni comment le transporter".

- Seau à la main -

Saltivka, parfois surnommé "quartier fantôme" par des médias, est devenu tristement célèbre en Ukraine au début de l'invasion russe.

Ce plus vaste quartier résidentiel de Kharkiv - entre 300.000 et 400.000 habitants avant la guerre selon des estimations - est aussi le plus endommagé par les attaques russes, surtout au début de l'invasion.

Les troupes russes qui ont franchi la frontière "sont arrivés en véhicules blindés… Et puis la défense a commencé ", se remémore Grygoriï Gladych, qui avait été légèrement blessé au cou en 2022.

Pendant deux mois, les forces ukrainiennes ont repoussé l'assaut russe sur Kharkiv.

Des militaires ukrainiens s'étaient notamment positionnés sur l'immeuble de Grygoriï, dont le toit a fini par s'effondrer à la suite d'une frappe de missile russe.

"L'ascenseur a cessé de fonctionner parce que des obus avaient explosé et touché la cage d'ascenseur", raconte le retraité.

Depuis, l'armée russe s'est éloignée de la ville, mais Kharkiv continue d'être frappée très régulièrement avec des drones de combat et des missiles.

Grygoriï mène une vie largement solitaire, même si quelques voisins passent de temps en temps.

"On se dit bonjour, on se serre dans les bras, on discute".

Parfois, ils lui apportent de l'eau, sinon il va en chercher lui‑même, un seau à la main, depuis son huitième étage. Il reçoit aussi des rations alimentaires.

La veille de son entretien avec l’AFP, Grygoriï Gladych a ainsi reçu des pâtes, des céréales, de l'huile de tournesol et un peu de lait concentré — " un peu de tout".

- "On ne voit pas la fin" -

Un jour ordinaire, il va dans sa chambre et regarde son smartphone, mais évite la télévision "qui raconte n'importe quoi".

"Que faire ? À notre âge, il n’y a rien à faire", estime-t-il.

Sa femme Natacha a essayé de le convaincre de la rejoindre aux Pays‑Bas mais il a refusé.

"Tu ne connais pas la langue et tu vas juste errer comme un mouton sans jamais l'apprendre", dit Grygoriï.

Il a grandi dans la région de Khmelnytsky, dans l'ouest de l'Ukraine, et reçu une formation de conducteur de tracteur.

Après son service obligatoire dans l'armée soviétique, l'homme s'est retrouvé dans une usine fabriquant des chars à Kharkiv, puis a travaillé comme peintre en bâtiment jusqu'à sa retraite à 60 ans.

Les efforts diplomatiques en vue de mettre fin à la guerre n'ont pour l'instant donné aucun résultat et Grygoriï ignore de quoi est fait l'avenir.

"On ne voit pas la fin. Regarde ce qui se passe. Personne n'a encore dit quelque chose d’intelligent — ni la Russie ni l'Ukraine. Personne".

K.Dudek--TPP