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Israël va poursuivre "de toute sa force" la guerre contre l'Iran, entrée dans sa deuxième semaine, et déploie un "plan méthodique" pour "éradiquer le régime", a affirmé samedi Benjamin Netanyahu, tandis que Téhéran affirmait qu'il ne capitulerait pas.
Des explosions ont encore secoué toute la journée la région, d'Israël à l'Iran, en passant par l'Irak mais aussi le Golfe, où Téhéran a lancé des vagues d’attaques de missiles et de drones contre ses voisins abritant des forces américaines
Samedi, les raids israéliens sur l'Iran ont été parmi les plus massifs depuis le début du conflit le 28 février, visant notamment une académie militaire, un centre de commandement souterrain et un site de stockage de missiles.
"Nous avons un plan méthodique, avec de nombreuses surprises, pour éradiquer le régime et permettre le changement", a affirmé dans la soirée le Premier ministre israélien.
L'armée israélienne a dit avoir mené "3.400" frappes en une semaine, et Washington "3.000", selon l'armée américaine, tuant notamment le guide suprême iranien Ali Khamenei au premier jour du conflit.
Samedi, des photos de l'AFP ont montré des flammes et de la fumée s'élever de l'aéroport international Mehrabad de Téhéran, l'un des deux desservant la capitale, où l'armée israélienne assure avoir frappé 16 avions de l'unité d'élite des Gardiens de la Révolution.
"Nous avons obtenu le contrôle quasi total de l'espace aérien au dessus de Téhéran", s'est aussi prévalu M. Netanyahu.
Les Etats-Unis et Israël cherchent la "désintégration" de l'Iran, a fustigé Ali Larijani, du Conseil suprême de sécurité nationale iranien.
- "Dans leurs tombes" -
Au début de la guerre, qui a embrasé la région et fait s'envoler les cours du pétrole, Donald Trump avait appelé le peuple iranien à renverser la République islamique, instaurée en 1979.
Mais si Washington souhaite la chute du pouvoir, l'objectif déclaré est de détruire les capacités balistiques de l'Iran et de l'empêcher de se doter de la bombe atomique - intention que Téhéran dément avoir.
Dans les rues de Téhéran, des habitants joints par téléphone ont dit à l'AFP que des barrages de contrôle avaient été instaurés. Selon un habitant de 40 ans ayant requis l'anonymat, les magasins sont ouverts et des marchandises "disponibles", même si "tout est devenu un peu plus cher".
Les autorités iraniennes ont recensé environ un millier de personnes tuées depuis le début de la guerre, dont 30% sont des enfants, des affirmations que l'AFP n'a pas pu vérifier.
L'Iran riposte en visant Israël et les pays du Golfe voisin abritant bases et intérêts américains.
Le président Massoud Pezeshkian -membre du triumvirat assurant la transition après la mort d'Ali Khamenei- a affirmé que l'Iran ne se rendrait pas, dans un discours diffusé samedi à la télévision d'Etat, en réponse à l'exigence de Donald Trump d'une "capitulation inconditionnelle".
"Les ennemis (Israël et les Etats-Unis) peuvent emporter dans leurs tombes leur souhait de voir le peuple iranien se rendre", a-t-il lancé.
- Pétroliers ciblés -
Invoquant des "preuves" que certains Etats de la région s'étaient "mis à la disposition de l'ennemi", le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a lui affirmé que Téhéran poursuivrait ses attaques contre des sites utilisés contre lui dans ces pays.
L'Iran a ainsi dit avoir frappé à Bahreïn la base américaine de Juffair, utilisée selon lui pour lancer une attaque contre l'une de ses usines de désalinisation.
Les pays du Golfe assurent que leurs territoires ne sont pas utilisés pour mener des attaques contre l'Iran.
Samedi encore, ces riches monarchies ont vécu au rythme des alertes, et un conducteur pakistanais a été tué à Dubaï par la chute de débris d'un projectile intercepté.
D'autres attaques ont visé le Koweït, où la compagnie pétrolière nationale a annoncé avoir baissé sa production de manière "préventive", mais aussi l'Arabie saoudite.
Ryad a annoncé avoir détruit trois missiles balistiques se dirigeant vers la base aérienne du prince Sultan, qui abrite des militaires américains, ainsi que 17 drones sur le gisement de pétrole de Shaybah (sud-est).
Les forces iraniennes ont dit avoir ciblé deux pétroliers, le Prima, qui tentait de traverser le détroit d'Ormuz - passage névralgique pour le transport maritime mondial du pétrole et gaz fermé par Téhéran - et un autre battant pavillon des Iles Marshall dans le Golfe.
- "Opérations défensives" -
La guerre s'est étendue jusqu'à Chypre où une base aérienne britannique a été frappée lundi par un drone de fabrication iranienne.
Les forces armées américaines ont commencé à utiliser des bases britanniques pour des "opérations défensives", a annoncé Londres samedi. Des bombardiers B-1 de l'US Air Force ont notamment atterri sur la base RAF de Fairford, dans le sud-ouest de l'Angleterre, a constaté l'AFP.
Une attaque de drones iraniens contre l'Azerbaïdjan, allié d'Israël, a soulevé en fin de semaine la crainte d'une extension du conflit au Caucase.
La confrontation a aussi gagné l'Irak. Des roquette ont été interceptées au-dessus de l'ambassade américaine à Bagdad, selon des sources de sécurité, et des explosions entendues au Kurdistan irakien, où sont basées des factions kurdes iraniennes en exil.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique iranienne, disent y avoir visé des "groupes séparatistes".
Au Liban, un "désastre humanitaire" se profile, a averti le Premier ministre, Nawaf Salam, avec le déplacement massif d'habitants de zones pilonnées par l'armée israélienne, dont le banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement pro-iranien.
Plus de 450.000 personnes ont fui, et 300 ont été tuées, selon les autorités libanaises, depuis que le pays a été aspiré lundi dans le conflit, quand le Hezbollah pro-iranien a attaqué Israël pour "venger" la mort de l'ayatollah Khamenei.
burs-cgo/cab
I.Mala--TPP