The Prague Post - "Souffler un peu": dans le désert du sud d'Israël, échapper au stress de la guerre

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"Souffler un peu": dans le désert du sud d'Israël, échapper au stress de la guerre
"Souffler un peu": dans le désert du sud d'Israël, échapper au stress de la guerre / Photo: OLYMPIA DE MAISMONT - AFP

"Souffler un peu": dans le désert du sud d'Israël, échapper au stress de la guerre

"Souffler un peu, ne plus entendre les sirènes": Tair Momo, Israélienne de 33 ans, respire à pleins poumons en observant par la fenêtre l'immensité du désert du Néguev, qui connaît une affluence inédite depuis le début de la guerre.

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Fuyant les grandes villes et la vie rythmée par les sirènes d'alerte qui avertissent de l'arrivée imminente de missiles iraniens ou de roquettes du Hezbollah, des milliers d'Israéliens se ruent vers la petite station désertique de Mitzpe Ramon, dans le sud d'Israël, en quête de calme et de sécurité.

Juchée au bord de falaises surplombant un cratère de sable et de roche de 40 kilomètres de long, cette ville de 5.000 habitants est prise d'assaut, ses hôtels et appartements de location tous réservés, depuis le début de la guerre avec l'Iran le 28 février.

Conseillère scolaire venue de Kiryat Gat, plus au nord, Tair Momo a attendu plusieurs jours qu'un logement se libère avant de se précipiter à Mitzpe Ramon.

"On s'est dit: allez, on y va", raconte-t-elle. "Je suis venue ici pour souffler un peu, pour ne plus entendre les sirènes, ne plus entendre les alertes, pour être dans un endroit en pleine nature, plus apaisant".

- Pic de fréquentation -

Yaniv Harush, un responsable local, remarque que la petite ville n'a connu qu'une seule alerte depuis le début de la guerre. "C'est comme un îlot de paix et de sécurité", dit-il, assis dans son modeste bureau.

D'ordinaire, Mitzpe Ramon attire les visiteurs pour la randonnée, le camping et son ambiance détendue, un peu hippie. Des bouquetins se promènent librement dans les rues.

Ces dernières semaines, la fréquentation a bondi de 80% par rapport à la normale, avec l'arrivée d'environ 2.000 personnes.

"Tout est complet", affirme M. Harush.

Assis à l'extérieur du café bondé dont il est le propriétaire, Sami Elkrnwi explique que les 100 chambres des quatre hôtels qu'il gère sont toutes occupées.

"Les affaires vont très bien", assure cet entrepreneur bédouin. "Il n'y a pas d'explosions ici, tout est parfait".

Ce n'est pas la première fois que Mitzpe Ramon accueille des Israéliens en quête de refuge. Après l'attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023, la ville avait hébergé des habitants des zones proches de la bande de Gaza durement frappées.

"J'avais ouvert mon hôtel, tout était gratuit", se souvient-il.

- "Pas des vacances" -

Assise à une terrasse, Michal Gat est venue passer la journée à Mitzpe Ramon depuis le village où sa famille s'est installée chez des proches.

"Nous avons déménagé le matin où la guerre a commencé, car notre maison n'a pas d'abri", explique cette habitante de Tel-Aviv, qui continue de gérer à distance son cabinet de conseil et reste en contact avec ses amis et voisins restés en ville.

"Ce ne sont pas des vacances. Vous pensez à tous les gens que vous connaissez", dit-elle. "Nous sommes de tout cœur avec les habitants du centre et du nord d'Israël".

Sa fille de 18 ans, Dror, est occupée à préparer avec ses amis, en ligne, sa fête de fin d'école prévue en juillet. Ils prévoient un sketch sur leurs "six ans de Zoom", qui ont commencé avec la pandémie de Covid et se sont prolongés sous les tirs de roquettes répétés.

"J'espère que nous pourrons le jouer en présentiel", dit-elle.

De l'autre côté de la ville, au bord du cratère, Haggai Landa, qui travaille dans la high-tech, ajuste son harnais avant de descendre en rappel la falaise de 40 mètres avec ses deux fils.

La première nuit de guerre, les vitres de leur maison à Tel-Aviv ont volé en éclats lorsqu'un missile a frappé à proximité. Après avoir passé leurs nuits dans un abri public, lui et sa femme ont décidé de partir avec les enfants dans le désert.

"Nous dormons la nuit, nous sommes moins anxieux", confie-t-il.

Dans deux jours, ils prévoient de retourner à Tel-Aviv, pour retrouver leurs proches. "Si la guerre continue encore et encore, on repartira peut-être", ajoute le père de famille.

G.Turek--TPP