The Prague Post - Mannequin, artiste, photo-reporter: à Paris, les mille vies de Lee Miller

EUR -
AED 4.291302
AFN 74.783732
ALL 95.843102
AMD 439.164635
AOA 1071.510246
ARS 1620.690029
AUD 1.659289
AWG 2.103293
AZN 1.984621
BAM 1.955634
BBD 2.350531
BDT 143.367841
BHD 0.441068
BIF 3468.735511
BMD 1.168496
BND 1.488586
BOB 8.064351
BRL 6.002799
BSD 1.167016
BTN 108.074609
BWP 15.719869
BYN 3.3897
BYR 22902.519699
BZD 2.347161
CAD 1.617426
CDF 2688.709155
CHF 0.923814
CLF 0.026658
CLP 1049.145543
CNY 7.98813
CNH 7.986979
COP 4264.823087
CRC 542.55863
CUC 1.168496
CUP 30.965141
CVE 110.256121
CZK 24.40282
DJF 207.825043
DKK 7.472637
DOP 70.774603
DZD 154.66653
EGP 62.07962
ERN 17.527439
ETB 182.232485
FJD 2.612402
FKP 0.869452
GBP 0.870647
GEL 3.13745
GGP 0.869452
GHS 12.860964
GIP 0.869452
GMD 85.300278
GNF 10240.263005
GTQ 8.928281
GYD 244.160338
HKD 9.155224
HNL 30.99177
HRK 7.532825
HTG 153.058329
HUF 377.079456
IDR 19980.111445
ILS 3.606691
IMP 0.869452
INR 108.275751
IQD 1528.889965
IRR 1536572.112723
ISK 143.596129
JEP 0.869452
JMD 184.51672
JOD 0.828443
JPY 185.694988
KES 150.840776
KGS 102.183214
KHR 4666.644172
KMF 496.089758
KPW 1051.592714
KRW 1729.344709
KWD 0.360995
KYD 0.97253
KZT 556.509948
LAK 25732.14805
LBP 104519.619411
LKR 368.233498
LRD 214.737302
LSL 19.232416
LTL 3.450264
LVL 0.706811
LYD 7.420466
MAD 10.872524
MDL 20.154808
MGA 4875.649098
MKD 61.634773
MMK 2453.584472
MNT 4177.665487
MOP 9.417522
MRU 46.320666
MUR 54.428144
MVR 18.065424
MWK 2023.654357
MXN 20.377254
MYR 4.654142
MZN 74.73767
NAD 19.232416
NGN 1591.175868
NIO 42.946909
NOK 11.126126
NPR 172.917555
NZD 2.001727
OMR 0.449338
PAB 1.167006
PEN 3.950265
PGK 5.051636
PHP 69.883024
PKR 325.516872
PLN 4.257823
PYG 7539.457383
QAR 4.266556
RON 5.092536
RSD 117.362565
RUB 90.703706
RWF 1708.577033
SAR 4.385027
SBD 9.404651
SCR 16.093842
SDG 702.266166
SEK 10.871248
SGD 1.489096
SLE 28.803245
SOS 666.951999
SRD 43.88168
STD 24185.506008
STN 24.498237
SVC 10.211265
SYP 129.181693
SZL 19.233616
THB 37.504039
TJS 11.104401
TMT 4.089736
TND 3.403226
TRY 52.103935
TTD 7.91643
TWD 37.170443
TZS 3032.246938
UAH 50.691552
UGX 4300.653676
USD 1.168496
UYU 47.366186
UZS 14237.975289
VES 554.354201
VND 30760.654646
VUV 139.675821
WST 3.235906
XAF 655.909794
XAG 0.015689
XAU 0.000246
XCD 3.157919
XCG 2.103349
XDR 0.815741
XOF 655.909794
XPF 119.331742
YER 278.773916
ZAR 19.204598
ZMK 10517.864136
ZMW 22.261398
ZWL 376.255204
  • AEX

    -3.7100

    999.5

    -0.37%

  • BEL20

    -25.3400

    5367.17

    -0.47%

  • PX1

    -43.8000

    8219.94

    -0.53%

  • ISEQ

    -178.5400

    12665.83

    -1.39%

  • OSEBX

    40.6400

    2063.68

    +2.009%

  • PSI20

    45.3600

    9495.33

    +0.48%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    104.7200

    3926.73

    +2.74%

  • N150

    14.5800

    4063.41

    +0.36%

Mannequin, artiste, photo-reporter: à Paris, les mille vies de Lee Miller
Mannequin, artiste, photo-reporter: à Paris, les mille vies de Lee Miller / Photo: LEON NEAL - AFP/Archives

Mannequin, artiste, photo-reporter: à Paris, les mille vies de Lee Miller

Une femme au regard impénétrable dans une baignoire, se lavant des atrocités de la guerre. En 1945 à Munich, Lee Miller pose dans la salle de bains d'Hitler après avoir été la première photo-reporter à découvrir les horreurs des camps nazis de Dachau et Buchenwald.

Taille du texte:

La foisonnante exposition que le Musée d'art moderne de Paris lui consacre donne à voir ce cliché iconique et dévoile les mille vies de cette Américaine, grande dame du XXe siècle (1907-1977), tour à tour mannequin à New York, artiste surréaliste à Paris, correspondante de guerre et cheffe-cuisinière en Angleterre.

"Elle n'avait peur de rien", explique à l'AFP sa petite-fille Ami Bouhassane, qui veille sur le fonds d'archives Lee Miller, matrice de l'exposition qui ouvre vendredi. "Quand on lui disait qu'elle ne pouvait pas couvrir les combats parce qu'elle était une femme, elle n'avait qu'une réponse: +en fait, je le peux+".

Au fil des 250 photographies exposées à Paris se dessine la trajectoire unique de cette amie de Paul Eluard et Pablo Picasso, qui a appris la photographie avec le maître surréaliste Man Ray, a vécu en Egypte, avant de devenir en 1942 correspondante de guerre pour le magazine Vogue.

D'abord reléguée loin du front parce que femme, la guerre la percute frontalement quand elle couvre le siège de Saint-Malo en août 1944. Un de ses clichés rend compte de l'âpreté des combats et de la singularité de son regard: la botte d'un militaire posée au sol dont dépasse une ceinture de munitions.

Parmi des dizaines de clichés de guerre perce également une pointe d'humour surréaliste quand Lee Miller, remontant la ligne de front vers l'Allemagne, photographie une statue du Christ autour de laquelle s'enchevêtrent des lignes de poteaux téléphoniques. Titre: "Ligne directe avec Dieu".

"Ce qui relie son oeuvre, c'est son attention pour les détails dans lesquels il y a de la poésie, de l'humour, de l'émotion. C'est là que transparaît sa sensibilité", observe Fanny Schulmann, co-commissaire de l'exposition sur cette pionnière incarnée au cinéma en 2024 par Kate Winslet.

- "Croyez-le" -

Sa traversée de l'Europe au péril de sa vie la mène en Allemagne jusqu'aux camps de concentration de Dachau et Buchenwald, dans lesquels elle pénètre en avril 1945. Elle photographie les charniers, les gardiens nazis déguisés en déportés, les survivants décharnés.

Titré "Believe It" ("Croyez-le"), son reportage publié dans Vogue résonne comme un cri de résistance au négationnisme qui vient. "Je vous supplie de croire que c'est vrai", écrit-elle à sa rédactrice en chef, l'implorant de publier ses textes et ses photos.

Cette expérience la marquera à jamais, la conduisant à cacher, pendant de longues années, son travail de reporter de guerre.

C'est par hasard que ses archives seront redécouvertes peu après sa mort, il y a un demi-siècle, dans le grenier de sa maison familiale du sud de l'Angleterre.

"On cherchait des photos de moi bébé pour voir si je ressemblais à notre fille qui venait de naître. Ma femme a ouvert des cartons et m'a dit: +je pense que tu devrais voir ça+", raconte à l'AFP le fils de Lee Miller, Anthony Penrose.

Face à lui, des reportages de guerre signés par sa mère, 60.000 négatifs de ses photos et 20.000 tirages. Un passé dont il ignorait tout.

"Je me disais que ce ne pouvait pas venir de la même femme que je connaissais, qui souffrait de dépression, de syndrome post-traumatique et d'alcoolisme", témoigne-t-il.

Pendant dix ans, il répertorie les archives et crée le fonds photographique Lee Miller pour faire vivre sa mémoire et se réconcilier avec sa mère, avec lequel il entretenait une relation acrimonieuse. "Elle voulait que le monde sache ce qui s'était passé. Ca laisse des cicatrices", dit-il.

Si elle était encore en vie, Lee Miller serait, selon lui, de nouveau sur le front. "Elle serait à Gaza, en Somalie, là où les populations sont écrasées par les dirigeants".

A.Stransky--TPP