The Prague Post - Le long de la frontière, Ukrainiens et Bélarusses se toisent en chiens de faïence

EUR -
AED 4.181514
AFN 75.147376
ALL 93.878019
AMD 417.342673
AOA 1045.23594
ARS 1707.67536
AUD 1.63429
AWG 2.05233
AZN 1.933608
BAM 1.959943
BBD 2.293037
BDT 140.547076
BHD 0.429306
BIF 3405.182623
BMD 1.138602
BND 1.472807
BOB 12.973422
BRL 5.847405
BSD 1.138501
BTN 109.051024
BWP 15.683081
BYN 3.265889
BYR 22316.592858
BZD 2.28974
CAD 1.605622
CDF 2573.239939
CHF 0.932031
CLF 0.027154
CLP 1068.77139
CNY 7.703893
CNH 7.710736
COP 3660.820724
CRC 517.992613
CUC 1.138602
CUP 30.172944
CVE 110.498562
CZK 24.189194
DJF 202.738531
DKK 7.474943
DOP 66.330203
DZD 152.108109
EGP 57.499725
ERN 17.079025
ETB 183.756909
FJD 2.541075
FKP 0.855859
GBP 0.85653
GEL 2.983124
GGP 0.855859
GHS 13.263034
GIP 0.855859
GMD 84.256006
GNF 9993.122587
GTQ 8.68532
GYD 238.143367
HKD 8.928203
HNL 30.499467
HRK 7.537085
HTG 148.793854
HUF 361.521402
IDR 20610.967547
ILS 3.483671
IMP 0.855859
INR 108.919946
IQD 1491.452502
IRR 1565719.630246
ISK 142.199924
JEP 0.855859
JMD 180.291083
JOD 0.807254
JPY 186.53882
KES 147.505871
KGS 99.571004
KHR 4602.70859
KMF 493.014388
KRW 1657.485027
KWD 0.353661
KYD 0.948701
KZT 544.498522
LAK 25803.541264
LBP 101950.995078
LKR 382.578661
LRD 206.064657
LSL 19.131655
LTL 3.361995
LVL 0.688729
LYD 7.304439
MAD 10.680375
MDL 20.151506
MGA 4879.313465
MKD 61.65004
MMK 2391.262995
MNT 4094.220098
MOP 9.195537
MRU 45.541261
MUR 54.072321
MVR 17.602773
MWK 1974.172834
MXN 19.861864
MYR 4.659188
MZN 72.767556
NAD 19.131739
NGN 1554.623578
NIO 41.898377
NOK 11.032304
NPR 174.482039
NZD 1.970117
OMR 0.437806
PAB 1.138506
PEN 3.875374
PGK 5.020612
PHP 70.070117
PKR 316.241644
PLN 4.328104
PYG 6848.475708
QAR 4.150373
RON 5.231533
RSD 117.390985
RUB 89.778775
RWF 1669.0205
SAR 4.268718
SBD 9.182421
SCR 15.393442
SDG 683.731914
SEK 11.066269
SGD 1.471603
SLE 27.610697
SOS 650.672477
SRD 43.097784
STD 23566.755874
STN 24.551788
SVC 9.962057
SZL 19.134361
THB 38.179023
TJS 10.491075
TMT 3.996492
TND 3.38033
TRY 53.946925
TTD 7.743333
TWD 36.874185
TZS 3013.312745
UAH 51.198519
UGX 4298.066001
USD 1.138602
UYU 45.736674
UZS 13718.998016
VES 844.708079
VND 29985.075149
VUV 135.683313
WST 3.132302
XAF 657.343549
XAG 0.019981
XAU 0.000283
XCD 3.077128
XCG 2.051828
XDR 0.81664
XOF 657.346441
XPF 119.331742
YER 271.157735
ZAR 19.071126
ZMK 10248.782993
ZMW 21.290001
ZWL 366.629275
  • AEX

    11.3500

    1092.5

    +1.05%

  • BEL20

    38.8100

    5745.96

    +0.68%

  • PX1

    52.9600

    8458.78

    +0.63%

  • ISEQ

    52.0600

    13751.23

    +0.38%

  • OSEBX

    5.7700

    1996.72

    +0.29%

  • PSI20

    13.6800

    9134.58

    +0.15%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -112.2700

    4396.57

    -2.49%

  • N150

    8.4600

    4236.16

    +0.2%

Le long de la frontière, Ukrainiens et Bélarusses se toisent en chiens de faïence
Le long de la frontière, Ukrainiens et Bélarusses se toisent en chiens de faïence / Photo: Genya SAVILOV - AFP

Le long de la frontière, Ukrainiens et Bélarusses se toisent en chiens de faïence

La route, mangée par les herbes folles, s'arrête net avant de plonger dans le vide. Un pont à terre, et au-delà, le Dniepr, frontière entre l'Ukraine et le Bélarus.

Taille du texte:

"Ils nous voient en face, avec leurs caméras", glisse le chef adjoint d'un poste-frontière dont le nom de guerre - Brat - signifie "frère", ironie du sort vu l'état des relations entre ces deux pays slaves aux langues et cultures proches qui partagent plus de 1.000 kilomètres de frontière commune.

Arme en main, l'homme est sur le qui-vive, malgré le calme plat de la forêt.

L'Ukraine dit depuis plusieurs semaines craindre que la Russie n'utilise le Bélarus pour lancer une nouvelle offensive depuis le nord, en direction de Kiev, la capitale, comme elle avait fait au début de son invasion, le 24 février 2022.

Les troupes russes s'étaient repliées plusieurs semaines plus tard, mais le poste de Brat en garde encore les stigmates. Au début de la guerre, les Russes l'ont bombardé pour préparer le passage des blindés.

"On avait dû faire sauter le pont", explique le militaire.

En mai, Moscou et Minsk ont mené des exercices militaires conjoints impliquant des forces nucléaires sur le territoire bélarusse.

Dans la foulée, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a ordonné de renforcer la sécurité à la frontière nord, affirmant que Moscou cherchait à entraîner davantage Minsk dans son invasion de l'Ukraine, pire conflit armé en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.

"Pour l'instant, nous n'observons aucun changement dans la situation", tempère le garde de 31 ans, raide et martial. "Aucune armée ni aucun matériel militaire" n'ont été détectés de l'autre côté de la frontière, ajoute-t-il.

Aujourd'hui, les panneaux rouillés en ukrainien et bélarusse se balancent piteusement au vent.

Derrière les barbelés, deux têtes observent le vide luxuriant. Pour apercevoir les gardes bélarusses, il faut prendre de la hauteur.

- "Etre prêts" -

Des forêts à perte de vue, le large fleuve qui serpente, et des barbelés — des kilomètres de barbelés. Voilà à quoi ressemble la frontière vue du ciel.

Cachés sous un arbre, "Alex" et "Tchip", gardes-frontière ukrainiens, scrutent l'écran de leur drone de surveillance.

Sur le Dniepr, des barques à moteur des garde-frontière bélarusses viennent rompre la quiétude de l'eau.

"Ils patrouillent le lit du fleuve, surveillent et observent", dit Tchip sans les quitter des yeux.

Au quotidien, les voisins se croisent en patrouilles, mais, chacun veille à garder ses distances pour éviter tout incident.

Dans les airs, les drones se surveillent mutuellement, mais prennent soin de ne jamais franchir la frontière.

"Peut-être que, quelque part au coeur du territoire de la République bélarusse, il se passe quelque chose", avance Tchip, "mais nous ne voyons rien".

Autour, seuls résonnent le chant du coucou et le ronronnement d'un tracteur de retour des champs.

Des analystes jugent peu probable une nouvelle offensive russe ou bélarusse depuis cette frontière, notant notamment que Moscou ne dispose pas de réserves suffisantes pour soutenir une autre axe d'invasion terrestre.

En 2023 comme en 2024, Kiev avait déjà alerté sur ce risque, sans que la menace ne se concrétise.

Mais en 2022, le lancement de l'invasion était lui aussi jugé improbable.

"Ce n'est pas une question d’y croire ou non", estime Tchip. "Nous devons être prêts à toute éventualité. Pour le reste, l'avenir nous le dira".

Le drone revient et atterrit doucement dans l'herbe, sous le regard indifférent d'une vieille dame à vélo.

- Tranchées et filets antidrone -

Sur les 40 kilomètres qui séparent la frontière de Tcherniguiv, chef-lieu de la région, des pelleteuses blindées creusent des tranchées. Les filets antidrones s'étirent maintenant au-dessus des points de contrôle, dispositifs jusque-là réservés aux zones de combat.

Le centre-ville semble paisible. Olga Vassylenko se promène dans le parc ensoleillé avec son fils et son compagnon, le long des terrasses de cafés bondées.

Pourtant, elle n'est pas totalement sereine.

Si dimanche, le président bélarusse Alexandre Loukachenko a assuré que Minsk ne déploierait "jamais" de troupes en Ukraine, il a aussi affirmé connaître "une grosse cible" ukrainienne près de la frontière.

Ici, tous gardent en mémoire l'occupation russe d'une partie de la région. Et la crainte que l'histoire ne se répète est devenue un sujet de conversation.

"Nous devons nous préparer, s'il est possible que cela arrive. Nous savons que nous vivons près de la ligne de front", explique Olga. "Personne n'exclut cette éventualité".

Derrière elle, les grues s'activent sur des immeubles endommagés rappelant les récentes frappes russes sur la ville.

"J'ai confiance en nos forces armées, je suis convaincue qu'elles ne les laisseront pas passer", assure-t-elle.

En attendant, son sac d'évacuation est déjà prêt, comme en 2022.

T.Kolar--TPP