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Le journal satirique Charlie Hebdo s'indigne dans son numéro de mercredi du peu de condamnations de la part de responsables religieux contre l'attentat ayant visé l'écrivain américano-britannique Salman Rushdie, qui fait la Une de l'hebdomadaire.
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"On a entendu quelques responsables politiques s'indigner, mais bien peu émanant d'autorités religieuses", écrit dans son éditorial Riss, chef de la rédaction et l'un des rares survivants de l'attentat de janvier 2015 contre Charlie Hebdo.
Une caricature s'étonne entre autres de "l'étrange silence du pape François", qui, assis sur un fauteuil roulant, se plaint de son genou.
Les religions ne sont pas seules critiquées. "Au nom d'un respect du fait religieux, que rien ne justifie qu'on le place au-dessus de toutes les autres manifestations de l'esprit humain, nos sociétés pourtant démocratiques donnent l'impression de se coucher devant la moindre revendication de nature religieuse", regrette Riss.
En Une apparaît le romancier d'origine indienne dans les rues de New York, avec des balafres sur le visage et les yeux. "Salman Rushdie va mieux: il se promène enfin incognito!", commente le caricaturiste Félix.
Charlie Hebdo s'en prend à ceux qui ont signalé initialement qu'on ne connaissait pas les motivations de l'auteur de l'attaque au couteau du 12 août à Chautauqua (États-Unis). Le chroniqueur Yann Diener parle de "stupidité volontaire" et de "passion de l'ignorance".
"Comment peut-on encore proférer de telles âneries? Après janvier et novembre 2015, après Nice, après Bruxelles, après Strasbourg, après Manchester, après Samuel Paty, après l'insupportable litanie des massacres et des exécutions perpétrés à travers le monde au nom de l'islam?", s'interroge le rédacteur en chef Gérard Biard.
Salman Rushdie était menacé de mort par des extrémistes islamistes depuis la parution des "Versets sataniques" en 1989, roman qui avait suscité une "fatwa" de l'ayatollah iranien Rouhollah Khomeiny réclamant son assassinat.