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Les forces russes ont continué à bombarder jeudi matin le nord-est de l'Ukraine, tuant au moins six personnes, quelques heures avant une rencontre entre les présidents ukrainien Volodymyr Zelensky et turc Recep Tayyip Erdogan et le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.
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A Lviv, dans l'ouest du territoire ukrainien, les trois hommes doivent notamment discuter du récent accord sur l'exportation des céréales ukrainiennes, du "besoin d'une solution politique" au conflit et de la sécurité de la centrale nucléaire de Zaporijjia, a précisé le porte-parole des Nations unies Stephane Dujarric.
L'ONU doit "assurer la sécurité de ce site stratégique, sa démilitarisation et sa libération complète des troupes russes", a pour sa part estimé dans l'après-midi M. Zelensky, dénonçant la "terreur délibérée" provoquée par la Russie, qui "peut avoir des conséquences catastrophiques majeures pour le monde entier".
- Combats meurtriers -
Les combats se poursuivent pendant ce temps dans la région de Kharkiv (nord-est), où les Ukrainiens ont accusé les Russes d'avoir bombardé des quartiers d'habitation, y faisant six morts jeudi, après 13 la veille au soir, et des dizaines de blessés au total.
"La nuit dernière et ce matin ont été les moments les plus tragiques à Kharkiv depuis le début de la guerre", a déclaré son maire Igor Terekhov, signalant que vendredi serait une journée de deuil en hommage aux victimes
Située à une quarantaine de kilomètres de la frontière russe, cette cité, la deuxième plus grande d'Ukraine, est régulièrement pilonnée par les soldats russes, qui n'ont jamais réussi à s'en emparer. Des centaines de civils ont été tués dans cette région, selon les autorités.
Dans le sud, une personne et morte et deux autres ont été blessées et hospitalisées après une frappe à Mykolaïv, a annoncé son maire, Oleksandr Senkevytch.
Sur le front diplomatique, Antonio Guterres est arrivé mercredi en Ukraine, a déclaré dans la soirée M. Zelensky.
"Nous travaillerons ensemble pour parvenir aux résultats nécessaires pour l'Ukraine", a ajouté le président ukrainien, qui réclame plus d'aide financière et matérielle pour son pays et des sanctions plus sévères envers Moscou.
- Nouveaux appareillages -
La rencontre Zelensky-Erdogan-Guterres intervient sur fond de multiplication des tractations pour permettre la reprise des exportations de céréales d'Ukraine, un de leurs principaux producteurs et exportateurs mondiaux.
Elles ont été totalement bloquées pendant plusieurs mois à la suite de l'invasion russe, faisant planer le spectre d'une crise alimentaire mondiale.
En juillet, un accord signé par la Russie et l'Ukraine et validé par les Nations unies et la Turquie, a permis de recommencer ces exportations.
M. Erdogan, qui se pose en médiateur sur ce sujet, est allé début août en parler en Russie avec le président Vladimir Poutine.
Un premier navire humanitaire affrété par l'ONU, chargé de 23.000 tonnes de blé, a à cet égard quitté mardi l'Ukraine - en direction de l'Ethiopie -.
Jeudi, un bâtiment chargé de céréales a appareillé de ce pays, le 25e depuis la signature de l'accord, ont annoncé les autorités portuaires ukrainiennes.
Au total, "plus de 600.000 tonnes de produits agricoles ukrainiens" ont depuis transité par le "corridor céréalier" à partir des ports d'Odessa, de Pivdenny et de Tchornomorsk, ont-elles ajouté.
Vendredi, M. Guterres prévoit d'aller à Odessa, puis en Turquie pour visiter le Centre de coordination conjointe (CCC) qui supervise l'application de l'accord.
- Inquiétude sur le nucléaire -
Dans le sud, la situation restait tendue autour de la centrale de Zaporijjia.
Jeudi, l'armée russe a martelé que "seules des unités assurant la sécurité" se trouvaient là-bas.
L'Ukraine, qui évoque de son côté la présence d'"armes lourdes" russes, reproche également à la Russie d'utiliser la centrale comme base de tir sur les positions ukrainiennes, ce que Moscou dément.
A l'inverse, la Russie dit que les militaires ukrainiens veulent tirer avec leur artillerie sur la centrale pour ensuite l'accuser d'avoir causé un accident nucléaire, alors que "les forces armées russes prennent toutes les mesures nécessaires" pour y assurer la sécurité.
Il y a une semaine, M. Guterres et les Etats-Unis avaient appelé à la mise en place d’une zone démilitarisée autour du site pour garantir sa sécurité.
Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a qunt à lui jugé mercredi "urgent" que "toutes les forces russes" s'en retirent et qu'une "inspection" de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) y ait lieu.
La Russie a par ailleurs annoncé avoir déployé jeudi des avions équipés de missiles hypersoniques dernier cri à Kaliningrad, une enclave russe entourée de pays de l'Otan où le conflit en Ukraine a exacerbé les tensions.