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Les élections législatives en Suède ont placé dimanche la gauche sortante au coude-à-coude avec le bloc inédit entre la droite et l'extrême droite, avec un résultat final qui pourrait se jouer à un ou deux sièges seulement, selon des résultats partiels.
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Alors que les sondages de sortie des urnes donnaient une petite avance à la gauche, la droite menée par le conservateur Ulf Kristersson, appuyée par l'extrême droite des Démocrates de Suède (SD), est désormais en position de l'emporter.
Sur la base des voix dépouillées vers 23H30 (21H30 GMT) portant sur les trois quarts des bureaux de vote, elle obtiendrait exactement la majorité absolue de 175 sièges, pour 49,7% des suffrages.
Le camp de la gauche mené par la Première ministre sociale-démocrate Magdalena Andersson est lui crédité de 174 sièges, avec 48,8% des voix, selon le pointage effectué par l'autorité électorale.
Selon les résultats partiels, les Démocrates de Suède deviennent pour la première fois le deuxième parti du pays nordique, en franchissant la barre des 20%. Ils signent la plus forte progression des huit partis présents au Parlement.
"C'est un scénario où l'on se ronge les ongles", constate Mille Mikael Isberg, un militant social-démocrate de 30 ans interrogé par l'AFP.
Jamais jusqu'à ces législatives, la droite traditionnelle suédoise, portée par le candidat conservateur au poste de Premier ministre Ulf Kristersson, n'avait envisagé de gouverner avec l'appui direct ou indirect des SD.
Longtemps paria, le parti nationaliste et anti-immigration dirigé par Jimmie Akesson rafle aussi la première place du nouveau bloc des droites.
Première femme cheffe de gouvernement en Suède, Magdalena Andersson a elle mené un ensemble "rouge-vert", pour décrocher un troisième mandat de quatre ans d'affilée pour la gauche.
Selon les résultats partiels, les sociaux-démocrates gardent comme attendu leur première place occupée depuis les années 30, en gagnant des voix (30,4%). Les conservateurs des Modérés reculeraient eux légèrement et ne seraient plus que le troisième parti, avec 19,0% des voix.
- Criminalité et énergie -
Une victoire de la droite appuyée par l'extrême droite serait synonyme d'une nouvelle ère politique pour la Suède, qui doit prendre la présidence tournante de l'Union européenne le 1er janvier et finaliser sa candidature historique à l'Otan.
A l'inverse, une nouvelle victoire de la gauche remettrait en question la décision de la droite de se rapprocher des SD, vue comme la seule voie possible pour revenir au pouvoir.
Immigration importante et règlements de compte meurtriers entre bandes criminelles dans les banlieues suédoises ont nourri le parti d'extrême droite ces dernières années. Ces thèmes, ainsi que la flambée des prix des carburants et de l'électricité, ont dominé la campagne.
Au QG électoral en banlieue de Stockholm, les militants SD ont jubilé à l'annonce des premières estimations, en agitant leurs drapeaux aux couleurs du parti, puis avec l'espoir de voir les droites prendre l'avantage final.
"Maintenant nous avons pour la première fois une réelle chance, une réelle possibilité de ne pas être simplement un parti d'opposition mais aussi de faire partie d'un nouveau gouvernement qui mène la politique dans une toute autre direction", a réagi le numéro 2 du parti, Richard Jomshof, au micro de SVT.
Un total de 349 sièges du Riksdag, le Parlement suédois, sont attribués à la proportionnelle aux partis réalisant au moins 4%.
Pour être investi, un Premier ministre ne doit pas avoir 175 voix ou plus contre lui, mais pas nécessairement une majorité absolue en sa faveur.