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Promouvoir le dialogue malgré la réalité de la guerre: le pape François, toujours diminué physiquement, est arrivé mardi pour une visite de trois jours dans la capitale du Kazakhstan, un pays allié de Moscou, en plein conflit entre la Russie et l'Ukraine.
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Arrivé peu après 17H15 (11H15 GMT), Jorge Bergoglio, 85 ans, qui se déplace en fauteuil roulant en raison de ses douleurs au genou, s'est rendu au palais présidentiel pour s'entretenir avec le président Kassym-Jomart Tokaïev.
Le souverain pontife prononcera ensuite un premier discours devant les autorités et le corps diplomatique en début de soirée. Il doit aussi participer à un sommet interreligieux à Nur-Sultan, en présence d'une centaine de délégations d'environ 50 pays.
Interrogé par des journalistes lors du vol sur une éventuelle rencontre avec le président chinois Xi Jinping, qui sera au même moment à Nur-Sultan, le pape a répondu: "De cela je ne sais rien, je n'ai aucune information". "Je suis toujours prêt à aller en Chine", a-t-il toutefois ajouté.
Hasard du calendrier, la présence de M. Xi - qui doit rencontrer le lendemain le président russe Vladimir Poutine en Ouzbékistan - a nourri les spéculations quant à une possible action de la diplomatie vaticane sur le conflit en Ukraine, tenue à un délicat équilibre entre condamnation d'une guerre "cruelle" et maintien du dialogue avec Moscou.
- "Dialoguer en frères" -
Quant au congrès interreligieux auquel doit prendre part le pape François, son principal absent est le patriarche orthodoxe russe Kirill, proche soutien de Vladimir Poutine, qui a annulé sa participation sans en préciser la raison.
Si le pape a dénoncé une "guerre cruelle et insensée", Kirill, lui, a défendu "l'opération militaire" de M. Poutine et la lutte contre les "ennemis extérieurs et intérieurs" de la Russie.
Redoutée par Kiev, sa possible participation avait d'abord nourri l'attente d'une nouvelle rencontre avec François, six ans après une entrevue historique à Cuba, la première depuis le schisme de 1054 entre Eglises d'Orient et d'Occident.
La guerre en Ukraine devrait pourtant rester l'enjeu majeur de cette visite au Kazakhstan, une ex-république soviétique et traditionnel allié de Moscou mais qui a refusé de soutenir l'invasion de l'Ukraine.
Ce 38e voyage à l'étranger depuis son élection en 2013 "sera l'occasion (...) de dialoguer en frères, animés par le désir commun de paix, paix dont notre monde a soif", a déclaré dimanche le souverain pontife.
- "Se mettre de côté" -
Mercredi, il s'exprimera lors de l'ouverture de la session plénière du septième Congrès des religions mondiales et traditionnelles avant de célébrer une messe dans l'après-midi. Une centaine de délégations de 50 pays participent à ce Congrès durant deux jours.
En marge du Congrès, François rencontrera également des responsables religieux en tête à tête, a annoncé le Vatican sans donner plus de détails.
Plus grand pays d'Asie centrale riche en ressources naturelles, le Kazakhstan compte 18,7 millions d'habitants dont 70% de musulmans sunnites et 26% de chrétiens mais moins de 1% de catholiques.
Après son arrivée au pouvoir, M. Tokaïev a entamé une série de réformes en rupture avec le règne de son autoritaire prédécesseur et mentor, Noursoultan Nazarbaïev. Le pays a cependant été secoué début 2022 par des émeutes meurtrières qui ont brisé son image de stabilité.
Les ONG de défense des droits humains continuent d'y dénoncer une répression de toute opposition réelle par les autorités.
Le jésuite argentin est le deuxième pape à se rendre au Kazakhstan après la visite de Jean Paul II en septembre 2001.
Diminué depuis plusieurs mois, François a admis en juillet qu'il ne pourrait "plus voyager" au même rythme qu'auparavant, disant devoir se "ménager" ou "penser à la possibilité de se mettre de côté".