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Le président américain Joe Biden a jugé mercredi "improbable" que le missile qui a frappé la Pologne ait été tiré depuis la Russie, une crise qui a assombri le sommet du G20 en Indonésie où Occidentaux et pays du Sud cherchaient un semblant d'unité face à la guerre en Ukraine.
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Cet incident, qui a fait deux morts, renforce les craintes d'une escalade du conflit contre lesquelles n'ont cessé de mettre en garde les dirigeants des 20 grandes économies mondiales réunis --sans Vladimir Poutine-- depuis mardi à Bali.
Alors que la Pologne, membre de l'Otan, a évoqué un missile "de fabrication russe" et que Kiev a mis en cause Moscou, le président américain a tempéré, estimant qu'il était "improbable" que l'engin ait été tiré "depuis la Russie". Moscou a nié être l'auteur de la frappe, le ministère russe de la Défense évoquant une "provocation intentionnelle dans le but de créer une escalade de la situation".
Le missile est tombé sur le village de Przewodow, dans le sud-est de la Pologne, non loin de l'Ukraine qui a été visée mardi par d'intenses bombardements russes sur des infrastructures, mais aussi non loin du territoire bélarusse utilisé par l'armée russe depuis le début de l'invasion le 24 février.
"Compte-tenu des enjeux, il est logique qu'on aborde la question avec la plus grande prudence", a souligné la présidence française, soulignant que "beaucoup de pays disposent du même type d'armement" dans la région et en rappelant que "les risques d'escalade sont importants".
L'article 5 du traité de l'Alliance atlantique affirme que si un Etat membre est victime d'une attaque armée, les autres considèreront cet acte de violence comme dirigé contre l'ensemble des membres et prendront les mesures jugées nécessaires pour venir en aide au pays attaqué.
- Accord sur une déclaration commune -
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays est membre de l'Otan, a dit de son côté "respecter" les démentis russes et insisté sur les propos de Joe Biden sur l'origine du tir: "Il ne serait pas correct de prendre des décisions hâtives".
Cette crise est venue secouer le plus grand rassemblement de dirigeants mondiaux depuis le début de la pandémie de Covid, où les membres du G20 cherchaient à surmonter leurs divisions face à l'invasion lancée en février par l'un des leurs, conduisant à une flambée des prix de l'énergie et des produits alimentaires.
Nombre des pays du Sud, tels la Chine et l'Inde, silencieux mercredi sur la frappe en Pologne, se refusent à condamner Moscou et préfèrent appeler les deux parties à négocier.
Succès inespéré en début de sommet, les 20 dirigeants, y compris donc Vladimir Poutine, se sont mis d'accord sur un communiqué commun, inespéré au début de la réunion. Le texte consulté par l'AFP reconnait les répercussions négatives de la "guerre en Ukraine", condamnée "fermement" par "la plupart" d'entre eux.
- Risque de famine -
Il qualifie également d'"inadmissible" tout recours à l'arme nucléaire et appelle à prolonger l'accord permettant des exportations de céréales ukrainiennes, qui arrive à échéance vendredi et sur lequel Moscou laisse planer le doute malgré le risque de famine évoqué par l'ONU.
Le président russe, dont l'armée accumule les défaites et recule dans le Sud de l'Ukraine, est le grand absent de la réunion. Il s'était fait représenter par son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov, mais ce dernier est reparti de Bali mardi soir et n'était donc pas là pour s'expliquer en personne mercredi.
En revanche, le président ukrainien Volodymyr Zelensky doit de nouveau s'exprimer mercredi devant le G20 après avoir déjà assuré face au "G19", excluant la Russie dans ses propos, qu'il était "temps que la guerre destructrice de la Russie s'arrête".
Au-delà de la frappe en Pologne, Joe Biden a d'ailleurs dénoncé les bombardements "barbares" de civils par la Russie lors d'une rencontre avec le Premier ministre britannique Rishi Sunak, qui a repris cette qualification.
L'ambassadeur ukrainien en Indonésie Vassyl Garmianine a jugé auprès de l'AFP "très symbolique et significatif qu'au premier jour du sommet on assiste à la pire vague de lancers de missiles (contre l'Ukraine), c'est un signal clair au G20 et à l'Indonésie de la façon dont la Russie traite les efforts de paix".