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Les Malaisiens votent samedi lors d'élections législatives, anticipées de plus de dix mois, le gouvernement éclaboussé par un vaste scandale de corruption espérant asseoir sa légitimité et rétablir la stabilité politique dans ce pays d'Asie du Sud-Est.
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Les analystes politiques prévoient un scrutin serré, mais le chef de l'opposition, Anwar Ibrahim, qui a fait campagne sur le thème de la lutte contre la corruption, s'est déclaré "prudemment confiant" sur le fait que sa coalition obtiendrait la majorité simple au Parlement, qui compte 222 membres.
"Une victoire aujourd'hui serait certainement gratifiante après plus de deux décennies de lutte pour gagner le coeur et l'esprit du peuple", a-t-il déclaré à l'AFP avant de voter dans l'Etat de Penang.
"Soyons clairs: ce serait une victoire pour le peuple", a-t-il ajouté.
Environ 21 millions d'électeurs inscrits sont attendus dans les bureaux de vote tout au long de la journée, alors que l'on craint que de fortes pluies de mousson ne perturbent le scrutin dans certaines régions.
Les bureaux ont ouverts à 00H00 GMT.
Dans la ville rurale de Bera (centre), dans l'Etat de Pahang, des femmes portant le foulard traditionnel malais sont allées voter en voiture ou à moto, tandis que certaines personnes âgées y sont allées en fauteuil roulant.
Nurul Hazwani Firdon, une professeure de 20 ans, a dit avoir pensé en priorité à l'économie en allant voter.
"Je veux un gouvernement fort et une économie stable afin qu'il y ait plus d'emploi pour les jeunes", a-t-elle déclaré.
"Nous voulons simplement quelqu'un qui soit digne de confiance et capable de faire le travail correctement", a-t-il dit.
- Paysage fragmenté -
Depuis quatre ans, cette monarchie parlementaire est secouée par des turbulences politiques et une valse des gouvernements qui ont conduit trois Premiers ministres à se succéder en quatre ans.
Après plus de soixante ans aux commandes, le parti historiquement dominant --l'Organisation nationale unifiée malaise (Umno)-- a été lourdement sanctionné dans les urnes et évincé du pouvoir en 2018, marquant la première alternance de l'histoire du pays.
Le Premier ministre de l'époque Najib Razak, impliqué dans le détournement de plusieurs milliards de dollars du fonds souverain 1MDB, purge actuellement une peine de douze ans de prison.
L'Umno n'est revenu aux affaires qu'avec une faible majorité en 2021, profitant des luttes entre les deux gouvernements qui lui avaient succédé.
Et c'est dans l'espoir de renforcer son emprise sur le pouvoir que le Premier ministre Ismail Sabri Yaakob a dissous le Parlement et convoqué des élections anticipées, initialement prévues en septembre 2023.
Non sans avoir subi des pressions d'une faction de son parti qui espère ressortir gagnant du scrutin de samedi, avec 222 sièges parlementaires en jeu.
Mais même si l'Umno bénéficie de la mécanique bien huilée du parti historiquement dominant, son image pâtit de son association avec une vaste affaire de corruption.
Le scandale du fonds 1MDB, qui porte sur des détournements à grande échelle du fonds souverain qui devait contribuer au développement du pays, a déclenché des enquêtes aux Etats-Unis, en Suisse et à Singapour, où des institutions financières auraient été utilisées pour blanchir des milliards de dollars.
Certains observateurs craignent de voir l'Umno, si le parti revient au pouvoir, oeuvrer pour obtenir la libération de Najib Razak et pour empêcher des poursuites pour corruption visant plusieurs autres membres du parti, dont son président Ahmad Zahid Hamidi.
"Si l'Umno gagne, on peut craindre que le droit ne soit pas respecté dans la condamnation de Najib Razak", a relevé Bridget Welsh de l'Université de Nottingham en Malaisie.
"En pratique, les électeurs vont décider si Najib Razak et le président de l'Umno doivent être punis pour les accusations qui pèsent contre eux", dit-elle.
Dans l'affirmative, les Malaisiens pourront choisir de donner leurs bulletins au leader de l'opposition Anwar Ibrahim, un vétéran de l'alliance Pakatan Harapan, dont ce pourrait être la dernière chance de diriger un gouvernement.
Il a été incarcéré deux fois pour sodomie, un crime en Malaisie à majorité musulmane, mais il a toujours clamé son innocence, parlant de son emprisonnement comme d'une persécution politique.