The Prague Post - "Traumatisant" et "humiliant": le recours à la contention en psychiatrie de plus en plus questionné

EUR -
AED 4.133137
AFN 74.278626
ALL 91.961139
AMD 407.127954
ANG 2.01493
AOA 1032.018884
ARS 1713.040302
AUD 1.618217
AWG 2.028587
AZN 1.906723
BAM 1.954939
BBD 2.261844
BDT 138.0692
BGN 1.894594
BHD 0.423317
BIF 3388.03816
BMD 1.125429
BND 1.43728
BOB 13.493298
BRL 5.880932
BSD 1.123025
BTN 108.799023
BWP 15.525439
BYN 3.382571
BYR 22058.416435
BZD 2.258546
CAD 1.604019
CDF 2599.741483
CHF 0.931833
CLF 0.027918
CLP 1102.369325
CNY 7.545498
CNH 7.54812
COP 3723.926323
CRC 514.577975
CUC 1.125429
CUP 26.951611
CVE 110.218423
CZK 24.42902
DJF 199.975493
DKK 7.475642
DOP 67.051069
DZD 150.507061
EGP 58.776113
ERN 16.881441
ETB 183.423458
FJD 2.529121
FKP 0.849996
GBP 0.849829
GEL 2.93177
GGP 0.849996
GHS 13.189426
GIP 0.849996
GMD 82.72158
GNF 9878.737612
GTQ 8.582373
GYD 234.91073
HKD 8.831559
HNL 30.149991
HRK 7.534974
HTG 147.056549
HUF 368.382868
IDR 20163.193309
ILS 3.435182
IMP 0.849996
INR 108.407607
IQD 1471.178302
IRR 1965606.920583
ISK 137.144739
JEP 0.849996
JMD 177.783292
JOD 0.797937
JPY 177.412379
KES 145.304238
KGS 98.418385
KHR 4555.034635
KMF 492.938378
KPW 1012.886827
KRW 1512.27308
KWD 0.347566
KYD 0.935788
KZT 504.557815
LAK 25225.340139
LBP 100564.702824
LKR 371.383059
LRD 192.028851
LSL 18.776965
LTL 3.323101
LVL 0.680761
LYD 7.191961
MAD 11.157285
MDL 20.068519
MGA 4961.881137
MKD 61.547897
MMK 2363.233128
MNT 4047.350443
MOP 9.077064
MRU 44.875637
MUR 54.188967
MVR 17.399689
MWK 1947.259814
MXN 20.421536
MYR 4.594115
MZN 71.9223
NAD 18.776632
NGN 1493.534846
NIO 41.322171
NOK 10.826525
NPR 174.076891
NZD 2.003309
OMR 0.431858
PAB 1.123025
PEN 3.891655
PGK 5.085806
PHP 70.387171
PKR 311.043058
PLN 4.385405
PYG 6570.223519
QAR 4.09347
RON 5.337795
RSD 117.430376
RUB 93.801618
RWF 1663.182385
SAR 4.216275
SBD 9.091299
SCR 15.462428
SDG 676.951596
SEK 11.29059
SGD 1.439655
SHP 0.849733
SLE 27.685804
SLL 23599.682874
SOS 641.823072
SRD 42.554173
STD 23294.116553
STN 24.489434
SVC 9.825673
SYP 14632.833474
SZL 18.773067
THB 37.73551
TJS 10.337232
TMT 3.939003
TND 3.346386
TOP 2.709764
TRY 55.325883
TTD 7.614782
TWD 35.846612
TZS 2959.133162
UAH 50.530298
UGX 4481.10635
USD 1.125429
UYU 45.260873
UZS 13245.402686
VES 974.034564
VND 29244.845932
VUV 134.581189
WST 3.138385
XAF 655.957
XAG 0.018504
XAU 0.000271245327
XCD 3.04153
XCG 2.023945
XDR 0.795737
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 265.940289
ZAR 18.727202
ZMK 10130.213029
ZMW 22.066675
ZWL 362.387811
SSP 6429.118512
MXV 2.31066
  • AEX

    14.1100

    1116.71

    +1.28%

  • BEL20

    -2.7500

    5505.65

    -0.05%

  • PX1

    61.9000

    7897.19

    +0.79%

  • ISEQ

    216.2500

    14258.63

    +1.54%

  • OSEBX

    5.5500

    2062.77

    +0.27%

  • PSI20

    -59.7000

    9416.78

    -0.63%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -122.8500

    4328.13

    -2.76%

  • N150

    16.1700

    4163.16

    +0.39%

"Traumatisant" et "humiliant": le recours à la contention en psychiatrie de plus en plus questionné
"Traumatisant" et "humiliant": le recours à la contention en psychiatrie de plus en plus questionné / Photo: Christophe ARCHAMBAULT - AFP/Archives

"Traumatisant" et "humiliant": le recours à la contention en psychiatrie de plus en plus questionné

"Mon fils a été sanglé, il en a été traumatisé": le recours à la contention en psychiatrie est de plus en plus questionné en France tant par les patients et leurs proches que par des professionnels de santé, qui réclament l'abolition de ces techniques d'entrave jugées inhumaines.

Taille du texte:

Sylvie (le prénom a été changé) a du mal à contenir son émotion quand elle revient sur l'arrivée de son fils de 32 ans, souffrant d'un trouble schizo-affectif, dans une unité psychiatrique de la région parisienne.

"Ils l'ont mis immédiatement sous contention, ils m'ont dit par la suite qu'ils l'avaient sanglé parce qu'il avait serré les poings, juste pour ça", raconte-t-elle, encore éberluée à l'AFP.

"On m'a dit que c'était le protocole et qu'il n'y avait pas d'autres options", déplore-t-elle, précisant que son fils a été attaché à d'autres reprises depuis. "Il m'a dit à quel point c'était humiliant et traumatisant, il s'est déjà retrouvé à s'uriner dessus parce qu'il ne pouvait pas se lever pour aller aux toilettes. C'est totalement déshumanisant".

Selon le dernier bilan de l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), 8.000 personnes ont subi, en 2022, une contention dite mécanique dans des services hospitaliers psychiatriques, en étant attachées par des sangles sur un lit au niveau du thorax ou des poignets et chevilles.

Depuis 2016, cette technique n'est censée être utilisée qu'en "dernier recours" et ne peut concerner que des patients en hospitalisation complète sans consentement. Uniquement "pour prévenir un dommage immédiat ou imminent pour le patient ou autrui" et "de manière adaptée, nécessaire et proportionnée", précise le code de santé publique.

Mais une écrasante majorité des 220 établissements qui assurent des soins psychiatriques sans consentement continue de la pratiquer selon l'Irdes. En 2022, seuls 32 déclaraient ne pas y avoir recours.

Or, cette pratique est "traumatisante", martèle Mathieu Bellahsen, psychiatre et auteur d'"Abolir la contention" (Editions Libertalia, 2023). "Il faut s'imaginer: vous avez plusieurs personnes qui prennent possession de votre corps, qui vous allongent. Vous ne pouvez plus bouger".

"Ça va réactiver des traumatismes anciens notamment auprès des personnes ayant vécu des violences sexuelles", ajoute-t-il. Quant aux soignants, "beaucoup le vivent très mal, entre honte et culpabilité".

- Alternatives -

Ces derniers mois, les appels à mettre un terme à la contention - qualifiée de "violation des droits humains" par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) - se sont multipliés. Début mai, Philippa Motte, atteinte d’un trouble bipolaire, a publié un livre-témoignage "Et c'est moi qu'on enferme" (Stock) dans lequel elle revient sur la contention.

Quelques semaines plus tard, des membres de l’Association des jeunes psychiatres et des jeunes addictologues (Ajpa) ont publié une tribune dans Le Monde pour demander "l'abolition des pratiques d'isolement et de contention".

En juin, c'est au tour de l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) de réclamer "une psychiatrie sans violence".

"Cette souffrance systémique doit cesser et laisser place à d'autres méthodes fondées sur l’écoute, l’apaisement et le respect des droits", a déclaré à l'AFP sa présidente Emmanuelle Rémond.

Le gouvernement ne semble à ce stade pas prêt à abolir définitivement cette pratique. Dans son plan psychiatrie publié en juin, il réaffirme que "l’isolement et la contention doivent rester des mesures de dernier recours", mais continue de juger leur usage "parfois nécessaire".

Des alternatives existent pourtant, soulignent les partisans de l'abolition. Dans une étude portant sur quatre établissements ayant eu historiquement moins recours à la coercition, le programme de recherche Plaid Care a relevé plusieurs leviers d'action.

Une "culture de la disponibilité" vis-à-vis du patient - "il est écouté et peut entrer dans le bureau des infirmiers", un accent mis sur la qualité de l'accueil, une bonne connaissance du patient, qui permet au soignant de savoir comment le calmer - ou encore une "horizontalité dans la relation" patient-médecin, liste le sociologue et coordinateur de l'étude Sébastien Saetta.

Pour Mathieu Bellahsen, "l'enjeu n'est pas de dire +il y a les méchants qui attachent et les gentils qui n'attachent pas+, c'est de penser nos pratiques et de faire autrement".

G.Turek--TPP