The Prague Post - A Toulouse, soigner les parents pour protéger les nouveau-nés

EUR -
AED 4.276616
AFN 76.856228
ALL 96.543309
AMD 445.338399
ANG 2.08492
AOA 1067.844641
ARS 1704.242119
AUD 1.742673
AWG 2.097551
AZN 1.979871
BAM 1.955091
BBD 2.351127
BDT 142.648237
BGN 1.940862
BHD 0.438952
BIF 3454.427829
BMD 1.164497
BND 1.498892
BOB 8.093465
BRL 6.268533
BSD 1.167356
BTN 104.893937
BWP 15.632059
BYN 3.44582
BYR 22824.149769
BZD 2.347728
CAD 1.615478
CDF 2637.586224
CHF 0.931353
CLF 0.026636
CLP 1044.902447
CNY 8.132559
CNH 8.127983
COP 4318.643551
CRC 580.279467
CUC 1.164497
CUP 30.859182
CVE 110.225003
CZK 24.302599
DJF 207.870999
DKK 7.472452
DOP 74.101838
DZD 151.389166
EGP 55.001656
ERN 17.467462
ETB 181.821599
FJD 2.652085
FKP 0.866783
GBP 0.868284
GEL 3.126623
GGP 0.866783
GHS 12.514459
GIP 0.866783
GMD 85.59282
GNF 10217.85351
GTQ 8.947753
GYD 244.221379
HKD 9.078015
HNL 30.772305
HRK 7.534069
HTG 152.867965
HUF 385.725227
IDR 19616.599803
ILS 3.682764
IMP 0.866783
INR 104.953534
IQD 1529.231953
IRR 49054.454725
ISK 147.401702
JEP 0.866783
JMD 184.799768
JOD 0.825662
JPY 183.500327
KES 150.220501
KGS 101.827734
KHR 4688.097531
KMF 491.989662
KPW 1048.074608
KRW 1695.90436
KWD 0.358165
KYD 0.972839
KZT 594.988986
LAK 25231.62749
LBP 104534.269827
LKR 360.696016
LRD 208.954177
LSL 19.261545
LTL 3.438458
LVL 0.704392
LYD 6.331594
MAD 10.753174
MDL 19.494759
MGA 5293.98804
MKD 61.538259
MMK 2445.458546
MNT 4145.50149
MOP 9.369819
MRU 46.33079
MUR 54.393748
MVR 17.99165
MWK 2024.130737
MXN 20.985653
MYR 4.743575
MZN 74.407348
NAD 19.261545
NGN 1661.03355
NIO 42.952754
NOK 11.758688
NPR 167.827218
NZD 2.033015
OMR 0.447731
PAB 1.167146
PEN 3.925076
PGK 4.980043
PHP 69.069256
PKR 329.942707
PLN 4.213099
PYG 7882.004474
QAR 4.267451
RON 5.088035
RSD 117.316194
RUB 92.085371
RWF 1701.353407
SAR 4.36709
SBD 9.463739
SCR 17.342728
SDG 700.444707
SEK 10.737136
SGD 1.498202
SHP 0.873675
SLE 28.073974
SLL 24418.933276
SOS 665.946909
SRD 44.589186
STD 24102.745839
STN 24.490377
SVC 10.214206
SYP 12878.846621
SZL 19.254682
THB 36.56059
TJS 10.850463
TMT 4.087386
TND 3.412662
TOP 2.803831
TRY 50.22175
TTD 7.926056
TWD 36.760624
TZS 2914.153092
UAH 50.292287
UGX 4198.476493
USD 1.164497
UYU 45.463503
UZS 14046.721909
VES 362.789331
VND 30591.347675
VUV 140.758243
WST 3.231997
XAF 655.707801
XAG 0.014859
XAU 0.00026
XCD 3.147113
XCG 2.103819
XDR 0.81549
XOF 655.707801
XPF 119.331742
YER 277.674158
ZAR 19.268355
ZMK 10481.874894
ZMW 23.142404
ZWL 374.9677
  • AEX

    17.3700

    982.38

    +1.8%

  • BEL20

    8.8900

    5237.43

    +0.17%

  • PX1

    76.6600

    8319.78

    +0.93%

  • ISEQ

    -13.0500

    13033.92

    -0.1%

  • OSEBX

    11.7900

    1695.69

    +0.7%

  • PSI20

    -9.3400

    8477.82

    -0.11%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -87.1900

    4006.05

    -2.13%

  • N150

    11.2400

    3887.66

    +0.29%

A Toulouse, soigner les parents pour protéger les nouveau-nés
A Toulouse, soigner les parents pour protéger les nouveau-nés / Photo: Lionel BONAVENTURE - AFP

A Toulouse, soigner les parents pour protéger les nouveau-nés

Accueillir un nouveau-né peut sembler insurmontable lorsque l'un des parents présente de grandes fragilités, comme la dépression ou la toxicomanie, d'où l'ouverture au CHU de Toulouse d'un nouveau service qui propose désormais d'accueillir les familles les plus en difficulté au sein d'une équipe pluridisciplinaire.

Taille du texte:

L'unité "Care en Mater" ("care" signifie "soin" en anglais) propose ainsi depuis le printemps cinq lits à ces familles en position de grande vulnérabilité, pour un maximum de 28 jours après la naissance, afin de les accompagner au mieux dans ce moment de bascule pour leur porter assistance ainsi que protéger l'enfant.

"L'Occitanie ne pouvait pas rester sans une unité parent-bébé", explique la pédopsychiatre Ludivine Guérin, qui a contribué à porter le projet, en gestation depuis 2020.

Jusqu'ici, les parents en difficulté étaient notamment pris en charge dans des hôpitaux psychiatriques.

- "J'ai détesté être enceinte" -

"J'ai détesté être enceinte", confie Cristina, 43 ans, passée il y a quelques mois par ce service avec son petit Ezio et son papa Stéphan. Sujette pendant toute sa grossesse à de violents et incessants vomissements, cette responsable inventaire dans une entreprise toulousaine n'a "pas du tout investi (sa) grossesse", elle qui était pourtant tellement "impatiente d'être maman".

"On vomit tout le temps, tout le temps, tout le temps. A un moment donné, on se dit que bébé ne peut pas grandir dans ces conditions, donc pour se protéger, on se dit qu'il va forcément disparaître et on n'y croit pas", explique-t-elle.

Alors, vers le sixième mois de grossesse, un médecin inquiet lui propose de rejoindre cette équipe dédiée, après son accouchement. A l'arrivée d'Ezio, elle est donc prise en charge pendant quinze jours par l'équipe de Care en Mater, qui rassemble notamment pédopsychiatres, psychologue, psychomotricienne et assistante sociale.

Care en Mater reçoit des patients qui tombent dans quatre grandes catégories, détaille la Dre Guérin: des personnes atteintes de troubles anxieux ou dépressifs, souffrant de maladies psychotiques chroniques (schizophrénie, bipolarité), présentant des troubles de la personnalité (qui ne sont "pas des maladies, mais des constructions dans l'enfance avec des grosses difficultés à réguler ses émotions"), ou des "carences psychosociales, avec notamment de la toxicomanie".

"Pour ces familles, il faut mettre de gros moyens dès le départ", explique-t-elle. "On change les règles de l'hôpital. On sert par exemple le petit-déjeuner quand la famille se réveille (et pas à heure fixe, ndlr), les pédiatres essaient de ne pas réveiller les bébés..."

- Le bébé "ne regarde pas sa mère" -

Un vendredi de juillet, Elisa (prénom modifié) arrive la première, avec son bébé, à l'atelier intitulé "Présentez vos enfants". Schizophrène, elle suit un lourd traitement neuroleptique.

Entre ensuite Josie, endormie dans son berceau à roulettes, poussée par ses parents Sébastien et Jennifer (prénoms modifiés). Sa mère, sujette à dépression et dont plusieurs enfants d'unions précédentes ont dû être placés, montre des difficultés d'attachement.

"Josie ne regarde pas du tout sa mère", note la sage-femme une fois les parents partis. "Des bébés de 15 jours qui évitent activement le regard de leurs parents, alors qu'ils nous regardent nous les soignants, c'est assez incroyable", souligne de son côté Ludivine Guérin.

"Un bébé qui ne va pas bien fait beaucoup moins de bruit qu'un adolescent qui casse tout", explique l'autre pédopsychiatre du service, Lola Villetorte. "Il va se mettre en retrait, dormir, se faire oublier, moins manger, ne va pas regarder" ses parents, des signes ténus qui traduisent un risque que l'enfant "se développe mal et ait plus de vulnérabilité à l'adolescence et à l'âge adulte", poursuit-elle.

Agir dès la détection de ces signaux est impératif, soulignent les pédopsychiatres. "Il y a une plasticité neuronale jusqu'à 18 mois, donc plus les soins intensifs de rééducation sont effectués tôt, y compris de psychomotricité, plus ça donne des chances à l'enfant de compenser certaines difficultés ensuite", note Ludivine Guérin.

Après l'atelier, la pédopsychiatre appelle une ancienne patiente pour prendre de ses nouvelles. La jeune mère atteinte d'un trouble borderline raconte au téléphone avoir eu une crise d'angoisse le matin même, au point de ne plus pouvoir s'occuper de son enfant. "C'était exactement ce que je craignais qu'il m'arrive", dit-elle, avant de demander: "Vous pensez que c'est grave, ces crises d'angoisse?"

"Vous avez un trouble borderline donc vos peurs, vous les ressentez puissance mille. Prendre du recul comme vous l'avez fait, c'est ce qu'il faut faire. Ça ne veut pas dire que vous n'êtes pas une bonne maman", rassure Ludivine Guérin.

"Vous pouvez revenir quelques jours", suggère doucement la psychiatre avant de raccrocher.

E.Soukup--TPP