The Prague Post - A Abidjan, un centre d'accueil pour sortir de la drogue et des "fumoirs"

EUR -
AED 4.135608
AFN 74.323124
ALL 92.008231
AMD 407.336439
ANG 2.016132
AOA 1032.634247
ARS 1717.162816
AUD 1.620847
AWG 2.029797
AZN 1.914625
BAM 1.955975
BBD 2.263002
BDT 138.142358
BGN 1.895724
BHD 0.423538
BIF 3389.803242
BMD 1.126101
BND 1.438029
BOB 13.500208
BRL 5.867889
BSD 1.123601
BTN 108.854738
BWP 15.53339
BYN 3.384303
BYR 22071.574458
BZD 2.259702
CAD 1.605415
CDF 2601.293175
CHF 0.933099
CLF 0.02826
CLP 1115.8755
CNY 7.549999
CNH 7.55198
COP 3725.833302
CRC 514.846057
CUC 1.126101
CUP 26.965412
CVE 110.274865
CZK 24.447301
DJF 200.077898
DKK 7.47625
DOP 67.086001
DZD 150.585471
EGP 58.776868
ERN 16.891511
ETB 183.519017
FJD 2.53063
FKP 0.850503
GBP 0.850529
GEL 2.933533
GGP 0.850503
GHS 13.19618
GIP 0.850503
GMD 82.803452
GNF 9883.884183
GTQ 8.586768
GYD 235.031025
HKD 8.836283
HNL 30.165699
HRK 7.541157
HTG 147.133162
HUF 368.525465
IDR 20144.253046
ILS 3.437231
IMP 0.850503
INR 108.47221
IQD 1471.931675
IRR 1966779.421379
ISK 137.305383
JEP 0.850503
JMD 177.875912
JOD 0.798445
JPY 177.640116
KES 145.843047
KGS 98.477178
KHR 4557.407692
KMF 493.23207
KPW 1013.491022
KRW 1512.567215
KWD 0.347774
KYD 0.936284
KZT 504.82516
LAK 25238.257741
LBP 100616.20083
LKR 371.57324
LRD 192.127187
LSL 18.786581
LTL 3.325082
LVL 0.681167
LYD 7.195644
MAD 11.162999
MDL 20.078796
MGA 4964.444105
MKD 61.580509
MMK 2364.642815
MNT 4049.76472
MOP 9.081712
MRU 44.899017
MUR 54.221652
MVR 17.409633
MWK 1948.274287
MXN 20.499645
MYR 4.600014
MZN 71.947323
NAD 18.786581
NGN 1498.604053
NIO 41.343698
NOK 10.812628
NPR 174.167581
NZD 2.005562
OMR 0.432079
PAB 1.123601
PEN 3.893648
PGK 5.088455
PHP 70.47532
PKR 311.202339
PLN 4.385385
PYG 6573.588054
QAR 4.095566
RON 5.339853
RSD 117.49051
RUB 93.812558
RWF 1664.048861
SAR 4.218677
SBD 9.096722
SCR 15.470484
SDG 677.34106
SEK 11.295725
SGD 1.440964
SHP 0.85024
SLE 27.697634
SLL 23613.760276
SOS 642.157446
SRD 42.579556
STD 23308.011681
STN 24.502192
SVC 9.830879
SYP 14641.562078
SZL 18.78268
THB 37.724408
TJS 10.342525
TMT 3.941353
TND 3.3481
TOP 2.71138
TRY 55.266417
TTD 7.618682
TWD 35.83455
TZS 2960.664852
UAH 50.556623
UGX 4483.401072
USD 1.126101
UYU 45.284051
UZS 13252.185502
VES 974.615583
VND 29262.290719
VUV 134.661468
WST 3.140257
XAF 655.957
XAG 0.018654
XAU 0.000271950159
XCD 3.043344
XCG 2.024981
XDR 0.796212
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 266.092924
ZAR 18.783786
ZMK 10136.258531
ZMW 22.077975
ZWL 362.603978
SSP 6432.953533
MXV 2.319498
  • AEX

    14.1100

    1116.71

    +1.28%

  • BEL20

    -2.7500

    5505.65

    -0.05%

  • PX1

    61.9000

    7897.19

    +0.79%

  • ISEQ

    216.2500

    14258.63

    +1.54%

  • OSEBX

    5.5500

    2062.77

    +0.27%

  • PSI20

    -59.7000

    9416.78

    -0.63%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -122.8500

    4328.13

    -2.76%

  • N150

    16.1700

    4163.16

    +0.39%

A Abidjan, un centre d'accueil pour sortir de la drogue et des "fumoirs"
A Abidjan, un centre d'accueil pour sortir de la drogue et des "fumoirs" / Photo: Issouf SANOGO - AFP

A Abidjan, un centre d'accueil pour sortir de la drogue et des "fumoirs"

Dans un quartier cossu d'Abidjan, il faut emprunter une petite porte discrète pour accéder au Centre d'accueil, de soins et d'accompagnement (CASA), où se retrouvent des usagers de drogues, particulièrement vulnérables et marginalisés en Côte d'Ivoire.

Taille du texte:

Ce pays côtier de l'Afrique de l'Ouest est devenu ces dernières années un pays de transit du trafic international d'héroïne, de cocaïne ou de médicaments dont l'usage est détourné.

Et s'il existe peu de données officielles sur la consommation, le docteur Fériole Zahoui, addictologue au CASA estime "entre 30.000 et 40.000 le nombre d'usagers de drogue à Abidjan", trois à quatre fois plus qu'il y a dix ans.

Grâce au bouche à oreille, le centre, ouvert en 2018, s'est fait peu à peu connaître et accueille maintenant quotidiennement une vingtaine d'usagers qui viennent se reposer, se laver, mais aussi bénéficier d'un accompagnement social, médical et psychologique adapté, gratuit.

Car la Côte d'Ivoire n'a pas choisi la voie du tout répressif contre les usagers de drogue: une loi de 2022 a réduit les peines pour les consommateurs, de 1 à 3 mois de prison au lieu de 1 à 5 ans auparavant.

En fin de matinée, le calme règne dans la salle de repos du CASA: certains somnolent, d’autres bavardent ou regardent la télévision. En poussant les portes, on trouve une pharmacie, un laboratoire dédié au dépistage, des salles de consultation, une infirmerie…

Un véritable centre médical en circuit fermé aux allures de foyer chaleureux, discret pour ne pas déranger les riverains. Pour beaucoup, le CASA est avant tout une maison, et sa communauté une famille sur laquelle compter quand l’addiction a tout emporté.

Auprès de sa compagne endormie au sol, Hassan Mohana raconte à l'AFP qu'il vient tous les jours prendre son traitement de méthadone, substitut de l'héroïne, mais également se reposer et se doucher avant de commencer son travail de nuit.

"Ça m'a permis de me retrouver, de garder un travail, de me réinsérer dans la société", explique l'homme de 40 ans, qui fréquente le CASA depuis son ouverture.

L'héroïne et le "Kadhafi", mélange de tramadol et d'alcool, populaire par son prix bas (moins d'un euro la dose), sont les principales drogues consommées par les usagers qui fréquentent le centre.

Le CASA distribue de la méthadone, un substitut qui a permis à Mamadou Touré de connaître "une deuxième naissance", en arrêtant l'héroïne consommée depuis l'adolescence.

"Pendant des années, j'alternais entre le fumoir et la prison", témoigne l'homme de 47 ans.

Aujourd'hui, il dit avoir trouvé un sens à sa vie: il est devenu éducateur pair au centre, un référent qui aide les usagers à s'en sortir à leur tour.

- "Comme des chiens" -

Sa fille de neuf mois endormie contre sa poitrine, Massita Konaté se rappelle l'enfer des fumoirs, où elle a vécu pendant des années.

"Les gens y meurent comme des chiens, personne ne vient les chercher", témoigne la jeune maman, dont les avant-bras portent les stigmates des injections d'héroïne.

A 35 ans, Massita aussi est sous méthadone. Si elle a retrouvé un appartement, elle continue de passer ses journées au CASA pour "être avec des gens qui (la) comprennent".

Le CASA ne peut accueillir tous les consommateurs: alors, des maraudes sont menées dans des fumoirs, aussi appelés ghettos.

Dans ces abris de fortune, les usagers fument du crack, du cannabis, s'injectent de l'héroïne, et essayent de survivre.

Un bon accueil est réservé aux visages familiers des bénévoles et employés de CASA, venus faire de la prévention, distribuer des préservatifs ou des seringues à usage unique.

"On n'a pas la force, on est faibles. Mais avec de l'aide, on peut changer, et travailler", assure David Junior, 34 ans.

"Beaucoup de personnes malades au fumoir n'osent pas venir au CASA", explique Anicet Tagnon, responsable des activités communautaires. "C'est donc le centre qui se déplace vers eux", poursuit-il.

"Il y a un fort enjeu d'information. Certains ne savent même pas qu'ils pourraient avoir accès à de la méthadone", appuie le Dr Fériole Zahoui.

Depuis son ouverture, sous l'impulsion de Médecins du Monde et géré par l'ONG Espace Confiance, le CASA estime avoir accompagné plus de 3.000 personnes. Son fonctionnement annuel coûte environ 218.000 euros, financés en grande partie par l'agence de coopération Expertise France.

Un deuxième centre sur le même modèle a ouvert à San Pedro, dans l’ouest du pays, autre grand port d'arrivée de la drogue internationale.

T.Musil--TPP