The Prague Post - Inde: ces femmes du Rajasthan qui font passer des villages de l'ombre à la lumière

EUR -
AED 4.334352
AFN 73.760351
ALL 96.444765
AMD 444.793279
ANG 2.112276
AOA 1082.261747
ARS 1662.198606
AUD 1.657868
AWG 2.11997
AZN 2.005575
BAM 1.95769
BBD 2.380018
BDT 144.379419
BGN 1.944584
BHD 0.444947
BIF 3504.60843
BMD 1.18022
BND 1.492773
BOB 8.166051
BRL 6.067159
BSD 1.181556
BTN 107.375596
BWP 15.526859
BYN 3.410308
BYR 23132.305504
BZD 2.376515
CAD 1.613573
CDF 2543.373435
CHF 0.912634
CLF 0.025875
CLP 1021.68078
CNY 8.074356
CNH 8.088931
COP 4445.379997
CRC 559.262416
CUC 1.18022
CUP 31.275821
CVE 110.377052
CZK 24.25233
DJF 210.395841
DKK 7.472708
DOP 71.489336
DZD 153.262131
EGP 56.589412
ERN 17.703295
ETB 183.092778
FJD 2.58828
FKP 0.871006
GBP 0.874908
GEL 3.151606
GGP 0.871006
GHS 12.594068
GIP 0.871006
GMD 86.155844
GNF 10364.828257
GTQ 9.066532
GYD 247.116532
HKD 9.233691
HNL 31.270328
HRK 7.536533
HTG 154.962921
HUF 375.534027
IDR 19808.806918
ILS 3.694412
IMP 0.871006
INR 107.344696
IQD 1547.831207
IRR 1550862.934708
ISK 143.314315
JEP 0.871006
JMD 184.086541
JOD 0.836747
JPY 183.872301
KES 152.248545
KGS 103.210164
KHR 4733.5712
KMF 493.332115
KPW 1062.19366
KRW 1693.314313
KWD 0.361867
KYD 0.984755
KZT 589.581822
LAK 25309.447065
LBP 105792.906167
LKR 365.184184
LRD 216.812118
LSL 18.771606
LTL 3.484882
LVL 0.713903
LYD 7.465103
MAD 10.825762
MDL 20.22962
MGA 4993.603184
MKD 61.641511
MMK 2478.535043
MNT 4212.114198
MOP 9.518532
MRU 47.175755
MUR 54.655881
MVR 18.245808
MWK 2049.137412
MXN 20.287681
MYR 4.588102
MZN 75.421935
NAD 18.771606
NGN 1597.98239
NIO 43.48291
NOK 11.262365
NPR 171.800626
NZD 1.970099
OMR 0.453798
PAB 1.181536
PEN 3.963527
PGK 5.084217
PHP 67.956464
PKR 330.205356
PLN 4.222767
PYG 7610.013021
QAR 4.305794
RON 5.095129
RSD 117.427161
RUB 90.730509
RWF 1722.540654
SAR 4.426224
SBD 9.49901
SCR 16.039694
SDG 709.90253
SEK 10.683295
SGD 1.491756
SHP 0.88547
SLE 28.922206
SLL 24748.615574
SOS 674.05375
SRD 44.608765
STD 24428.164286
STN 24.524201
SVC 10.34103
SYP 130.71041
SZL 18.768442
THB 36.669232
TJS 11.225482
TMT 4.142571
TND 3.399111
TOP 2.841686
TRY 51.881042
TTD 8.017776
TWD 36.937355
TZS 3016.832603
UAH 51.04801
UGX 4253.271095
USD 1.18022
UYU 45.234255
UZS 14329.878228
VES 484.56499
VND 30727.019072
VUV 140.404421
WST 3.203791
XAF 656.593816
XAG 0.01313
XAU 0.000228
XCD 3.189602
XCG 2.129465
XDR 0.816592
XOF 656.602387
XPF 119.331742
YER 281.478398
ZAR 18.778832
ZMK 10623.390413
ZMW 22.121549
ZWL 380.030252
  • AEX

    -7.6200

    1022.4

    -0.74%

  • BEL20

    -177.4800

    5439.05

    -3.16%

  • PX1

    61.6300

    8620.93

    +0.72%

  • ISEQ

    200.9100

    13163.04

    +1.55%

  • OSEBX

    -7.3400

    1875.3

    -0.39%

  • PSI20

    -27.8900

    9267.91

    -0.3%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -265.7400

    3892.91

    -6.39%

  • N150

    -5.7500

    4100.96

    -0.14%

Inde: ces femmes du Rajasthan qui font passer des villages de l'ombre à la lumière
Inde: ces femmes du Rajasthan qui font passer des villages de l'ombre à la lumière / Photo: HIMANSHU SHARMA - AFP

Inde: ces femmes du Rajasthan qui font passer des villages de l'ombre à la lumière

Santosh Devi, 36 ans, est fière. Grâce à l'énergie solaire, cette mère analphabète a apporté la lumière et de l'espoir à des familles démunies de son hameau isolé dans une région du Rajasthan minée par la silicose, dans l'ouest de l'Inde.

Taille du texte:

Son époux, comme de nombreux ouvriers des 33.000 mines et carrières de l'Etat, souffre de cette maladie respiratoire causée par l'inhalation de poussières de silice.

En juin dernier, elle a rejoint avec sept autres femmes l'ONG Barefoot College (Université aux pieds nus) de Tilonia, à deux heures de route de chez elle.

Pendant trois mois, Santosh y a appris les bases de l'ingénierie solaire. "Fabriquer et réparer des lampes, installer et connecter des panneaux" solaires, énumère Kamlesh Bisht, le responsable technique de l'institut.

Depuis sa création en 1972, le Barefoot College a formé 3.000 femmes dans 96 pays.

En plus d'éclairer des familles qui peuvent désormais utiliser un ventilateur et recharger leurs téléphones, ces formations offrent à celles qui les suivent un complément de revenu indispensable.

Comme Santosh, beaucoup de femmes redoutent de rejoindre la longue cohorte des veuves du Rajasthan à cause de la forte prévalence des maladies respiratoires.

Le seul district d'Ajmer - 2,5 millions d'habitants - compte de 5.000 à 6.000 patients atteints de silicose et/ou de tuberculose, selon Lokesh Kumar Gupta, pneumologue à la clinique de Beawar. Dans le village de Santosh Devi, 70 cas de silicose pour 400 familles ont été recensés.

Faute d'emplois dans d'autres secteurs, nombre d'habitants travaillent dans les carrières ou les mines de grès, de marbre et de granit.

- "Confiance et courage" -

Ceux qui taillent à coups de burin le grès destiné au pavage des rues du monde entier sont payés l'équivalent de 5 euros par jour. Ceux qui utilisent un marteau-piqueur, qui produit plus de poussière, touchent le double.

Le mari de Santosh ne travaille plus depuis quatre ans. "Il n'arrive pas à marcher car il s'essouffle, il a de la fièvre et tout son corps le fait souffrir", explique-t-elle.

En situation de handicap, il perçoit 14,50 euros par mois. Pas assez pour faire vivre cette famille et payer les médicaments.

Essuyant ses larmes avec son foulard, Santosh avoue avoir été contrainte d'emprunter de l'argent, de vendre ou d'hypothéquer ses bijoux.

C'est pour "offrir une bonne éducation et un avenir meilleur" à ses enfants, âgés de 5 à 20 ans, que cette ouvrière agricole a rejoint le Barefoot College.

"Au départ, j'avais très peur", se souvient-elle, "mais cette formation m'a apporté confiance et courage". Et elle espère en tirer jusqu'à 150 euros par mois.

A quelques kilomètres de là, Champa Devi, 30 ans, a aussi suivi cette formation avant de rentrer dans son village, où seules les détonations des mines alentour brisent le silence.

Elle est fière d'avoir appris "à écrire (son) nom" au Barefoot College et les bases de l'énergie solaire.

Son mari Vinod Ram, 34 ans, souffre de silicose depuis six ans. Leur fils de six ans est lourdement handicapé: il ne pourra jamais ni parler, ni marcher.

- Pas de traitement -

Tous deux passent leurs journées allongés sur des couvertures étalées à même le sol dans l'unique pièce de leur maison.

Champa a déjà électrifié quatre foyers mais sans en tirer encore de revenu. Elle travaille pour 300 roupies (3 euros) par jour sur des chantiers.

Son maigre salaire ne suffit pas à couvrir le traitement de son mari - 50 à 70 euros par mois - malgré les aides perçues. 

D'un filet de voix, Vinod, qui a commencé à travailler dans des mines à 15 ans sans jamais porter de masque, dit qu'il a régulièrement besoin d'oxygène.

"Les médicaments ne font que calmer ma toux pendant un quart d'heure", explique le trentenaire qui ne pèse plus que 45 kilos.

"Il n'existe aucun traitement contre la silicose", observe le Dr Lokesh Kumar Gupta, même si sa prise en charge précoce augmente l'espérance de vie des malades.

Une fois le diagnostic posé, les malades perçoivent 2.000 euros et une aide de 3.000 euros est versée après leur décès.

Malgré les risques, de nombreux hommes comme Sohan Lal, 55 ans, qui souffre d'essoufflement et de toux sévère, n'ont d'autre choix que de continuer à tailler le grès.

"Si on me diagnostiquait, ça changerait quoi?", lâche-t-il.

O.Ruzicka--TPP