The Prague Post - Pédocriminels : en Autriche, des familles face au mur du silence

EUR -
AED 4.26816
AFN 73.207641
ALL 95.456456
AMD 427.460769
ANG 2.080551
AOA 1066.735458
ARS 1614.904417
AUD 1.623399
AWG 2.09309
AZN 1.970587
BAM 1.957385
BBD 2.339724
BDT 142.766807
BGN 1.940481
BHD 0.438372
BIF 3458.173682
BMD 1.162021
BND 1.486816
BOB 8.027533
BRL 5.819634
BSD 1.161655
BTN 111.697348
BWP 15.744611
BYN 3.180102
BYR 22775.606238
BZD 2.336402
CAD 1.600912
CDF 2614.546413
CHF 0.914144
CLF 0.02654
CLP 1044.54161
CNY 7.905517
CNH 7.899864
COP 4291.2031
CRC 525.432152
CUC 1.162021
CUP 30.793549
CVE 110.798381
CZK 24.279086
DJF 206.514678
DKK 7.472618
DOP 68.472092
DZD 153.981725
EGP 61.498325
ERN 17.430311
ETB 187.287727
FJD 2.555054
FKP 0.864612
GBP 0.864863
GEL 3.108376
GGP 0.864612
GHS 13.491272
GIP 0.864612
GMD 84.827521
GNF 10199.638856
GTQ 8.858133
GYD 243.03466
HKD 9.10345
HNL 30.898413
HRK 7.531637
HTG 152.065069
HUF 358.59321
IDR 20486.425407
ILS 3.38456
IMP 0.864612
INR 111.479963
IQD 1521.851676
IRR 1537353.421117
ISK 143.800112
JEP 0.864612
JMD 182.918083
JOD 0.823856
JPY 184.746215
KES 150.590181
KGS 101.618902
KHR 4656.798164
KMF 492.696988
KPW 1045.806896
KRW 1744.866734
KWD 0.359587
KYD 0.968075
KZT 547.352536
LAK 25459.720742
LBP 104112.882578
LKR 401.354921
LRD 212.590275
LSL 19.249501
LTL 3.431145
LVL 0.702895
LYD 7.386948
MAD 10.733844
MDL 20.149139
MGA 4878.970817
MKD 61.601833
MMK 2440.230343
MNT 4158.562543
MOP 9.374609
MRU 46.468956
MUR 54.998624
MVR 17.906875
MWK 2014.313375
MXN 20.085354
MYR 4.604386
MZN 74.256348
NAD 19.24975
NGN 1593.025666
NIO 42.755349
NOK 10.73886
NPR 178.71114
NZD 1.97658
OMR 0.446806
PAB 1.161645
PEN 3.964278
PGK 5.06608
PHP 71.386456
PKR 323.498292
PLN 4.23969
PYG 7166.7711
QAR 4.235711
RON 5.244665
RSD 117.390847
RUB 82.733036
RWF 1704.16496
SAR 4.362352
SBD 9.318746
SCR 16.114024
SDG 697.795912
SEK 10.846121
SGD 1.484656
SHP 0.867566
SLE 28.614752
SLL 24366.996069
SOS 663.93178
SRD 43.177175
STD 24051.482927
STN 24.520167
SVC 10.164185
SYP 128.4672
SZL 19.243579
THB 37.835845
TJS 10.791944
TMT 4.078693
TND 3.402354
TOP 2.797867
TRY 52.974102
TTD 7.879345
TWD 36.62538
TZS 3027.06751
UAH 51.373569
UGX 4394.595511
USD 1.162021
UYU 46.837716
UZS 13951.234343
VES 604.556331
VND 30625.056245
VUV 138.19003
WST 3.146539
XAF 656.482813
XAG 0.015143
XAU 0.000256
XCD 3.140419
XCG 2.093631
XDR 0.815916
XOF 656.48564
XPF 119.331742
YER 277.287164
ZAR 19.08199
ZMK 10459.577671
ZMW 21.868798
ZWL 374.1702
  • AEX

    1.2400

    1034.98

    +0.12%

  • BEL20

    48.9700

    5550.82

    +0.89%

  • PX1

    -31.6600

    8086

    -0.39%

  • ISEQ

    45.8900

    12793.07

    +0.36%

  • OSEBX

    0.2100

    2057.56

    +0.01%

  • PSI20

    -20.3500

    9227.99

    -0.22%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    59.3400

    4123.71

    +1.46%

  • N150

    17.3700

    4253.87

    +0.41%

Pédocriminels : en Autriche, des familles face au mur du silence
Pédocriminels : en Autriche, des familles face au mur du silence / Photo: Joe Klamar - AFP

Pédocriminels : en Autriche, des familles face au mur du silence

Lorsque son fils Elias, âgé de trois ans, lui parle des violences sexuelles commises sur lui par son mari, un pédopsychiatre, l'assistante sociale autrichienne Alina porte plainte, pensant obtenir rapidement de l'aide.

Taille du texte:

Mais elle se heurte à un mur, apprenant à ses dépens qu'il est difficile de relayer la parole des enfants, face à celle d'adultes parfois puissants.

Son mari a mis fin à ses jours en 2003 après un autre témoignage de mineur en dehors de la cellule familiale et "malheureusement", dit-elle à l'AFP, "en se suicidant, c'est lui qui a protégé mon fils contre lui-même, personne d'autre".

Le témoignage d'Alina, qui tient à rester anonyme comme les autres personnes rencontrées pour cette enquête, est loin d'être unique en Autriche.

Les dernières révélations sur la pédocriminalité cachée du fondateur de la prestigieuse ONG de protection de l'enfance SOS-Kinderdorf, Hermann Gmeiner, y ont réveillé des souvenirs douloureux.

Le pays alpin prospère de 9,2 millions d'habitants connaît son lot de scandales longtemps étouffés.

Outre les violences dans l'église, il y a eu d'abord l'affaire du pédopsychiatre Franz Wurst, condamné en 2002 pour avoir fait assassiner son épouse par l'un des anciens garçons qu'il avait violés.

- Dans un tiroir -

Cette histoire d'un homme protégé par sa renommée avait inspiré à Elfriede Jelinek un livret d'opéra mettant les pieds dans le plat.

Mais toute prix Nobel de littérature qu'elle soit, l'écrivaine n'essuiera que des refus pour monter le projet de la part des responsables d'institutions culturelles.

Son oeuvre, pourtant achevée, repose dans un tiroir.

Autre traumatisme quatre ans plus tard : Natascha Kampusch, enlevée à dix ans et séquestrée huit ans et demi par son ravisseur, Wolfgang Priklopil. La victime déplore dans une biographie n'avoir pu compter que sur elle-même pour s'échapper.

En octobre dernier, il apparaît que Hermann Gmeiner, le bien-aimé fondateur de SOS-Kinderdorf, mort en 1986, avait été visé par des accusations de violences sexuelles entre les années 1950 et 1980. Des faits restés sous silence jusqu'à peu.

Plusieurs de ses collaborateurs sont aujourd'hui inquiétés.

Depuis, on déboulonne ses bustes, comme en novembre à Vienne, et on promet de débaptiser un parc de la capitale qui porte toujours son nom.

Mais comment tous ces enfants ont-ils pu être violentés, durant des décennies, sous la chape de plomb du silence?

Selon les documents de justice consultés par l'AFP dans deux affaires distinctes, le doute a profité au suspect, faute de preuves et d'aveux.

Comme dans le cas du petit Elias, dont la mère ne peut témoigner publiquement car elle s'exposerait à des poursuites en diffamation.

- Nuitées autorisées -

En 2000, quand son mari passe à l'acte, Elias lui raconte toute la scène de l'inceste.

Pour trancher, le juge a besoin de s'appuyer sur un rapport d'expertise.

Il est écrit par un confrère de l'accusé qui, contre toute attente, recommande à la justice "d'accorder au père, étant donnée sa profession, un droit de visite étendu".

Il conseille même, après une phase de test, d'autoriser les nuitées chez lui, sans jamais l'avoir rencontré.

La plainte est très vite classée, à la grand sidération de la jeune femme, qui se voit reprocher en retour d'avoir enlevé ses deux enfants.

Dans son journal intime, consulté par l'AFP, le mari écrivait souhaiter devenir pédopsychiatre pour trouver une "proximité" des mineurs.

Plusieurs de ses confrères savaient, selon Alina, qu'il était pédophile.

Maria, une psychologue, affirme à l'AFP avoir été confrontée plusieurs fois aux abus de pouvoir de psychiatres pour enfants.

L'un d'entre eux est celui qui avait écrit l'expertise défavorable à la mère dans le cas d'Elias.

Elle raconte qu'il a écrit une lettre à l'association pour laquelle elle travaille, afin de réclamer la discrétion dans un cas d'inceste impliquant un membre de l'Opus Dei.

- "Les faits sautaient aux yeux" -

Une autre fois, c'en est un autre, complètement étranger au dossier, qui l'appelle pour s'enquérir du traitement suivi par le fils d'un confrère incriminé, en violation du secret médical.

Enfin à sa grande surprise, un troisième écarte tout viol dans son expertise, alors que "les faits sautaient pourtant aux yeux", déplore-t-elle.

Impuissante, elle parle de familles "broyées", qui renoncent à se lancer dans une bataille qu'elles savent perdue d'avance.

Ce n'est pas ce qu'a fait Nicole, qui a soulevé ciel et terre pour que ses petits-fils, des jumeaux, ne se retrouvent plus seuls avec leur père, son beau-fils.

Âgés alors de moins de trois ans, ils racontent, l’un comme l’autre, des violences sexuelles commises sur eux en 2009.

Ils décrivent également des séances répétées au cours desquelles, sous les ordres de leur père et en présence d'autres hommes, ils devaient adopter des positions à caractère sexuel pendant que des photographies étaient prises.

Ces éléments sont pourtant jugés "non plausibles" par la justice.

- "Quelque chose ne fonctionne pas" -

Malgré des rapports d'expertise sans ambiguïté, elle exige qu'ils soient rendus au père, en vertu de son droit à la vie de famille.

La fille de Nicole se cache avec les enfants.

Ensuite, la procédure est interminable. Très coûteuse aussi. Le dossier passe entre les mains de plusieurs magistrats, jusqu'à ce qu'une procureure ne décide, dans l'intérêt des jumeaux, de les laisser à leur mère.

L'un des juges n'hésite pas à l'interrompre, quand elle commence à rapporter les témoignages de ses enfants : "Vous y étiez ? Et la procureure, elle y était ? - Personne n'y était".

En recherchant son nom sur Internet, Nicole tombe des nues.

Quelques années auparavant, il a été surpris avec un garçon de treize ans dans des toilettes publiques.

Placé en détention provisoire puis inculpé, il se défend en affirmant qu'il le croyait majeur sexuellement, c'est à dire âgé d'un an de plus.

Acquitté, il reprend la robe.

Selon l'ONG contre les violences familiales StoP, qui réagissait au scandale touchant SOS-Kinderdorf, "quelque chose ne fonctionne pas dans l'Etat de droit, comme le montrent les exemples récents", les "auteurs étant davantage protégés que les enfants".

"Même au cours des procédures judiciaires ainsi que dans les procédures de garde et de droit de visite, la violence exercée contre les enfants et leurs mères n’est pas prise en considération", déplore-t-elle.

Elle réclame des formations pour le personnel judiciaire.

En janvier, le parlement a demandé au gouvernement "d'identifier les lacunes légales en matière de protection de l'enfance et de les combler aussi rapidement que possible", les cas d’abus survenant "à 80 % dans le cercle familial le plus proche".

U.Pospisil--TPP