The Prague Post - "On a toujours gagné la bataille d'Ebola", rassure le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe

EUR -
AED 4.248105
AFN 75.770596
ALL 92.762559
AMD 422.720519
ANG 2.0703
AOA 1061.880869
ARS 1706.354669
AUD 1.637736
AWG 2.083564
AZN 1.971037
BAM 1.955432
BBD 2.326962
BDT 141.823334
BGN 1.962242
BHD 0.435718
BIF 3453.950583
BMD 1.156733
BND 1.477822
BOB 13.465468
BRL 6.040925
BSD 1.155383
BTN 110.192281
BWP 15.565073
BYN 3.514139
BYR 22671.957183
BZD 2.323663
CAD 1.605603
CDF 2629.253412
CHF 0.941189
CLF 0.026851
CLP 1056.7913
CNY 7.800083
CNH 7.801606
COP 3603.822404
CRC 519.802266
CUC 1.156733
CUP 30.653411
CVE 110.244272
CZK 24.210763
DJF 205.741316
DKK 7.473191
DOP 67.627285
DZD 152.299364
EGP 58.091378
ERN 17.350988
ETB 186.897659
FJD 2.584377
FKP 0.854867
GBP 0.85516
GEL 3.019524
GGP 0.854867
GHS 12.651621
GIP 0.854867
GMD 85.024294
GNF 10149.091752
GTQ 8.815343
GYD 241.67456
HKD 9.076538
HNL 30.972177
HRK 7.532994
HTG 151.121586
HUF 363.017812
IDR 20622.34285
ILS 3.418265
IMP 0.854867
INR 110.410701
IQD 1513.515426
IRR 1590030.052589
ISK 142.166837
JEP 0.854867
JMD 182.965599
JOD 0.820169
JPY 184.272161
KES 149.331922
KGS 101.156702
KHR 4675.120976
KMF 493.925187
KPW 1041.059598
KRW 1638.639283
KWD 0.357061
KYD 0.962819
KZT 536.1092
LAK 26076.097131
LBP 103462.246866
LKR 384.457714
LRD 209.700572
LSL 18.691186
LTL 3.415531
LVL 0.699696
LYD 7.356617
MAD 10.715985
MDL 20.034233
MGA 4974.064769
MKD 61.513434
MMK 2428.897217
MNT 4159.622075
MOP 9.338444
MRU 46.399276
MUR 54.486429
MVR 17.871955
MWK 2003.423313
MXN 19.676457
MYR 4.726298
MZN 73.927211
NAD 18.691186
NGN 1572.659254
NIO 42.522005
NOK 10.922567
NPR 176.30785
NZD 1.940013
OMR 0.444768
PAB 1.155383
PEN 3.896867
PGK 5.190024
PHP 71.098608
PKR 320.900664
PLN 4.306226
PYG 6934.696128
QAR 4.211808
RON 5.236186
RSD 117.317942
RUB 97.161731
RWF 1698.980555
SAR 4.337784
SBD 9.310058
SCR 16.04431
SDG 694.622124
SEK 11.020235
SGD 1.480275
SHP 0.856984
SLE 28.344188
SLL 24256.10146
SOS 660.275854
SRD 43.926343
STD 23942.02751
STN 24.495394
SVC 10.109099
SYP 15039.835978
SZL 18.688486
THB 38.337629
TJS 10.669694
TMT 4.060131
TND 3.387463
TOP 2.785134
TRY 55.369898
TTD 7.827528
TWD 37.04043
TZS 3061.72433
UAH 51.684982
UGX 4292.192975
USD 1.156733
UYU 46.291296
UZS 13754.413873
VES 890.810236
VND 30246.82002
VUV 136.425482
WST 3.163074
XAF 655.833689
XAG 0.017878
XAU 0.000264
XCD 3.126128
XCG 2.082208
XDR 0.81787
XOF 655.833689
XPF 119.331742
YER 274.381102
ZAR 18.658515
ZMK 10411.984809
ZMW 21.835894
ZWL 372.467396
  • AEX

    -1.7900

    1117.82

    -0.16%

  • BEL20

    -43.9500

    5664.48

    -0.77%

  • PX1

    -13.8400

    8636.8

    -0.16%

  • ISEQ

    -53.2200

    14331.67

    -0.37%

  • OSEBX

    19.4200

    2085.84

    +0.94%

  • PSI20

    0.0000

    9254.52

    0%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -130.9900

    4192.21

    -3.03%

  • N150

    14.3400

    4360.83

    +0.33%

"On a toujours gagné la bataille d'Ebola", rassure le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe
"On a toujours gagné la bataille d'Ebola", rassure le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe / Photo: Hardy BOPE - AFP/Archives

"On a toujours gagné la bataille d'Ebola", rassure le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe

"On a toujours gagné la bataille d'Ebola": 50 ans après avoir participé à la découverte du virus, le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe est, à 84 ans, aux avant-gardes de la riposte pour endiguer la 17e épidémie qui frappe la République démocratique du Congo (RDC).

Taille du texte:

Le pays d'Afrique centrale a déclaré le 15 mai une nouvelle épidémie de fièvre hémorragique, qui a déjà contaminé 808 personnes et fait 192 morts, soit un taux de létalité de 24%, principalement dans la province troublée et reculée de l'Ituri (nord-est).

Il n'existe aucun vaccin ni traitement spécifique pour le virus Bundibugyo à l'origine de l'épidémie actuelle. Les vaccins existants ne sont efficaces que contre le virus Zaïre. Et la riposte sanitaire "a beaucoup tâtonné" jusqu'ici, reconnaît le Pr Muyembe, lors d'une interview à l'AFP dans la capitale, Kinshasa.

En RDC, les autorités sanitaires ont été critiquées pour avoir tardé à détecter le virus et à soutenir des soignants largement démunis sur le terrain. Ces dernières semaines, craignant des mesures de fermeture des frontières qui couperaient le pays du reste du monde, le gouvernement congolais a répété que la situation est "sous contrôle".

- De l'animal à l'homme -

"Il ne faut pas croire que la bataille est perdue parce qu'il n'y a pas de vaccin", dit sereinement Jean-Jacques Muyembe, directeur de l'Institut national de recherche biomédicale (INRB), géré par l'État.

La RDC a vaincu 15 épidémies par le passé grâce à des mesures de santé publique (isolement des malades, traçage des cas contacts), puis une 16e lorsque la science est parvenue à mettre au point, entre 2018 et 2019, les premiers vaccins et traitements innovants contre la maladie, rappelle-t-il.

Sur son bureau de l'INRB, une médaille et des photos où il apparaît à côté de quelques dignitaires sont disposées pêle-mêle, entre des correspondances adressées aux partenaires et bailleurs internationaux qui font partie de l'imposante machinerie sanitaire mise en branle lorsque Ebola refait surface sur le continent.

Un dossier mpox est encore ouvert sur un coin de la table. La RDC a fait partie des pays les plus touchés par ce virus, anciennement appelé variole du singe, qui a fait 198 morts en Afrique en 2025.

La biodiversité du vaste pays africain, parmi les plus riches de la planète dans ce domaine, ainsi que la déforestation et le changement climatique, dont les effets poussent les populations à s'enfoncer de plus en plus loin en forêt où elles entrent en contact avec des animaux, font que "la RDC est particulièrement exposée aux épidémies de maladies zoonotiques" (transmises de l'animal à l'humain), comme le mpox et Ebola, explique le spécialiste.

- "Le plus grand risque de ma vie" -

En 1976, M. Muyembe, épidémiologiste diplômé de l'université de Louvain (Belgique), est de retour au pays lorsqu'il est appelé dans le village de Yambuku, dans le nord de la RDC qui s'appelait alors Zaïre, pour enquêter sur l'apparition d'une mystérieuse maladie.

Il fait un prélèvement sur une religieuse malade et expédie l'échantillon en Belgique, où le docteur Peter Piot isolera pour la première fois le virus bientôt baptisé Ebola, du nom d'une rivière de la région reculée.

"Quand nous sommes arrivés, nous n'avions pas de gants, nous n'avions pas de blouse comme nous portons maintenant, nous n'avions pas de masque", raconte le virologue. "Quand j'ai enlevé l'aiguille, le sang continuait à couler là où j'avais piqué et mes doigts étaient souillés de sang (...) Par réflexe, j'ai demandé qu'on me donne de l'eau pour me laver les mains".

Avec le recul, il dit aujourd'hui avoir ce jour-là "couru le plus grand risque de (sa) vie".

Les autorités sanitaires de l'époque penchaient pour une épidémie de fièvre typhoïde ou de fièvre jaune.

Après cette épisode, la maladie ne fait plus parler d'elle pendant 19 ans, jusqu'en 1995, quand une épidémie de "diarrhées rouges" se déclare à Kikwit, ville de 400.000 habitants dans l'ouest du pays.

Le professeur a alors l'idée de traiter huit malades par transfusion de sang de convalescent. Sept ont survécu. L'échantillon n'était pas représentatif mais l'idée à germé jusqu'à la mise au point d'Ebanga, premier traitement antiviral contre Ebola, homologué en 2020.

"J'ai participé à l'identification du virus et j'ai participé également au traitement de la maladie à virus Ebola. Qu'est-ce qu'on peut encore faire dans la vie?" lance le Congolais aux éternelles rouflaquettes, se félicitant que des scientifiques et des institutions de haut niveau en Afrique participent aujourd'hui activement à la recherche médicale.

V.Nemec--TPP