The Prague Post - "S'exporter" pour mieux réussir, le défi des hockeyeuses françaises

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"S'exporter" pour mieux réussir, le défi des hockeyeuses françaises
"S'exporter" pour mieux réussir, le défi des hockeyeuses françaises / Photo: Sameer Al-DOUMY - AFP

"S'exporter" pour mieux réussir, le défi des hockeyeuses françaises

Pour réussir leur carrière en club, les hockeyeuses françaises choisissent de "s'exporter" à l'étranger, en Amérique du Nord ou en Europe, en quête d'un niveau de jeu supérieur, de meilleures infrastructures, et pour conjuguer leur passion aux études.

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Réunies à Dunkerque pour disputer le Tournoi des 4 nations de jeudi à samedi avec la Slovaquie, la Hongrie et le Japon, les joueuses de l'équipe de France viennent de loin: parmi les 23 joueuses sélectionnées, 18 jouent à l'étranger, la plupart au Canada, aux États-Unis ou en Suisse.

"En France il faudrait être en première division avec les garçons pour toucher de l'argent", explique Margaux Mameri, gardienne des Bleues qui évolue à Meudon et travaille en parallèle dans un Institut Médico-Éducatif (IME) avec des adolescents en situation de handicap.

Les championnats qui attirent les membres de l'équipe de France ne permettent pas forcément de vivre du hockey mais ils offrent davantage de confort autour de la pratique du sport. Comme au Canada, où Margaux Mameri a tenté sa chance il y a quelques années: "J'ai toujours voulu partir au Canada, là-bas c'est LE sport."

"C'est beaucoup plus professionnel, poursuit la joueuse de 28 ans. Au Canada je m'entraînais tous les jours, tout est fait selon ton emploi du temps du hockey. (...) Tu arrives en club, tu as ta tenue, ton casier, ta place dans le vestiaire."

- Allier "niveau sportif et universitaire" -

Rien à voir avec sa vie à Meudon, où elle doit rapporter toutes ses affaires chez elle, payer un accès à la salle de musculation, entre autres petits gestes qui, une fois accumulés, rendent tout plus difficile.

Après une saison au Canada, Margaux Mameri en a effectué une autre en Suède, où elle travaillait dans l'isolation des bâtiments en plus du hockey, puis a tenté sa chance en Finlande, avant de rentrer en France, par manque de temps de jeu. De retour à Meudon, elle évolue dans la section féminine mais joue parfois avec des hommes.

D'autres, au sein de l'équipe de France, parviennent à s'implanter à l'étranger tout en poursuivant leurs études, raison majeure de l'exil des joueuses.

"Aujourd'hui, en France, on n'a pas la capacité de proposer des aménagements pour avoir un niveau sportif et un niveau universitaire suffisant", concède le manager des Bleues Jean-Baptiste Chauvin, ancien directeur du pôle France, établi à Cergy-Pontoise, tremplin vers l'étranger.

C'est ainsi que Sehana Galbrun, attaquante de l'équipe de France, a posé ses valises à Helsinki après un passage au pôle France, avec réussite puisqu'elle a déjà inscrit sept points depuis le début de la saison.

En Finlande, elle suit, à distance, une licence de mathématiques et d'informatique et profite de "la gratuité" offerte par son club concernant "tout ce qui touche au hockey", même si elle n'est pas payée.

- Le pôle France: "première étape" -

La principale différence avec son expérience en France? "Le niveau, répond-elle. En France, on jouait contre des équipes masculines U15 et c'est complètement différent, le hockey féminin et masculin. Les hommes sont plus rapides, plus forts et plus grands. Le hockey est un sport de rapidité donc ça se voit beaucoup. Là, on joue vraiment contre des équipes féminines, c'est compétitif."

En revanche, ce départ pousse à l'acclimatation "seule dans un pays étranger", avec comme obstacles "la barrière de la langue", le "froid" et la "nuit à 15h00", raconte la joueuse de 20 ans.

Mais le premier arrachement au cocon familial a souvent lieu encore plus tôt - à 14 ans pour Sehana Galbrun - quand les joueuses les plus prometteuses rejoignent le pôle France. "Elles ont les années lycées pour s'adapter à la vie en communauté, on insiste énormément sur l'autonomie des joueuses", affirme Jean-Baptiste Chauvin.

Avec succès pour plusieurs d'entre elles, notamment Manon Le Scodan qui, à bientôt 21 ans, vient d'être élue "rookie" du mois de novembre avec Clarkson en NCAA, championnat universitaire aux États-Unis, après trois ans au Québec. L'attaquante pourrait bientôt taper à la porte de la PWHL, la prestigieuse ligue professionnelle nord-américaine.

D.Dvorak--TPP