The Prague Post - JO: comment la France est devenue la référence mondiale du biathlon

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JO: comment la France est devenue la référence mondiale du biathlon
JO: comment la France est devenue la référence mondiale du biathlon / Photo: FRANCK FIFE - AFP

JO: comment la France est devenue la référence mondiale du biathlon

Avec 13 médailles dont 6 en or aux Jeux de Milan Cortina, record pulvérisé, la France s'est imposée comme la référence mondiale du biathlon, grâce à la culture de la gagne transmise par ses pionniers, à la densité de son collectif et au travail des techniciens.

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L'histoire d'amour du biathlon avec la France ne se compte pas en nombre de licenciés, moins de 1.000. Le chapitre doré de cette histoire débute lors des JO d'Albertville en février 1992 avec le titre en relais de Corinne Niogret, Véronique Claudel et Anne Briand, les pionnières.

La voie a ensuite été tracée par Raphaël Poirée - octuple champion du monde et quatre globe de N.1 mondial - à la fin des années 1990, puis par Martin Fourcade maître incontesté de la discipline de 2010 à 2018, Français le plus titré aux Jeux d'hiver (six pour un total de sept médailles, ainsi que 13 titres de champion du monde et 7 gros globes de cristal).

"Chaque génération nous a fait vibrer et nous a permis d'en arriver là et de nous dire qu'on est capable d'être champion olympique. Il y a 20-25 ans, c'était plus compliqué. Être médaillé, c'était déjà énorme", explique Émilien Jacquelin, médaillé d'or du relais masculin et de bronze de la poursuite à Anterselva.

- Triplé inédit en relais -

Depuis 2006, le biathlon est devenu le plus grand pourvoyeur de médailles tricolores à chaque édition des JO. Le record de 2022, avec sept podiums, dont cinq (deux titres) pour le seul Quentin Fillon Maillet, n'a tenu que quatre ans. "QFM" notamment s'est encore sublimé avec quatre médailles (trois en or, une en bronze), dépassant la légende Martin Fourcade.

Depuis, l'ère d'un athlète français ultra-dominateur est révolue et a laissé place à une densité jamais connue: preuve en est les trois titres en relais - mixte, masculin et féminin - une performance jamais réalisée depuis l'intégration de l'épreuve mixte en 2014 (le dernier doublé hommes-femmes remontait à 1998 avec l'Allemagne).

"En France, il y a ce qui se fait de mieux au monde aujourd'hui chez les femmes", salue l'ex-biathlète norvégien Ole Einar Bjorndaelen (8 médailles d'or aux Jeux).

Pour Julia Simon, cette réussite est le fruit du travail de plusieurs générations d'entraîneurs, de Fredéric Jean (2018-2022) à Cyril Burdet (depuis 2022).

"C'est un mélange de générations entre les cadres qui ont pris en maturité et les jeunes qui veulent nous pousser dehors et qui arrivent décomplexés avec une grosse envie" comme Océane Michelon, en or samedi dans la mass start, et Camille Bened (6e de l'inviduel), estime Fillon Maillet.

Cyril Burdet confirme que cette densité lui donne des cheveux blancs au moment de faire des choix. "Aujourd'hui, elles sont quatre, mais en réalité, elles seraient dix potentiellement à être dans le relais. On choisit parmi ce qui se fait de mieux au niveau international", assume le coach.

- Le facteur X, la glisse -

La Norvège avait marché sur les JO-2022 avec 14 médailles dont 6 titres. Quatre ans plus tard à Anterselva, la France a pris le dessus grâce à son facteur X, la glisse.

Les biathlètes tricolores semblaient skier un ou deux crans au-dessus de leurs adversaires, dans le sillage des razzias historiques réalisées aux Mondiaux en 2024 et 2025 - 13 médailles dont 6 titres à chaque édition - grâce au travail des équipes de Grégoire Deschamps.

"Il faut souligner le super travail des techniciens (...) Ça fait un moment que toutes les nations sont sur site et arriver à faire des différences sur les skis, c'est vraiment un coup de maître", salue Simon Fourcade, entraîneur du groupe masculin.

Tous les quatre ans depuis 20 ans, le succès du biathlon français est mis en lumière aux Jeux, où sa visibilité est bien plus grande que lors des épreuves de Coupe du monde et des Championnats du monde.

"Le niveau de soutien est en train d'augmenter globalement, de la part de l'agence nationale du sport, du ministère, du comité olympique. Ça paye également en ski de fond. On voit bien que le nordique est en train de booster énormément l'image de la Fédération, et donc sa possibilité de négocier", affirme Fabien Saguez, président de la FFS.

Il a déjà promis que le camion de fartage du biathlon serait "renouvelé l'année prochaine", en vue de la prochaine période olympique jusqu'aux JO-2030 dans les Alpes françaises, à domicile.

I.Mala--TPP