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Très loin de son allure du printemps dernier, le PSG doit se remettre la tête à l'endroit mercredi pour le choc contre Chelsea en huitièmes de finale aller de Ligue des champions afin d'espérer défendre son titre et éviter un immense coup de blues.
Cette saison, Paris a toujours affiché clairement l'ambition de faire le doublé après son premier titre historique de mai dernier. Mais ce désir de commencer à marcher sur les pas du Real Madrid de Zinédine Zidane (triplé de 2016 à 2018) ressemble de plus en plus à un doux rêve.
Au regard des matches du PSG depuis le début de l'année, marqués par l'inconstance et semé de faux pas, les hommes de Luis Enrique abordent leur premier grand choc en élimination directe de la saison avec la tête remplie de doutes.
Plus les semaines en 2026 défilent, plus la liste des revers s'allonge pour les Parisiens qui en ont déjà enregistré quatre, sans compter trois matches nuls et des victoires étriquées.
- "Trouver notre vrai niveau" -
Le lourd revers vendredi contre Monaco en Ligue 1 au Parc des Princes (3-1) n'arrive "pas au meilleur moment car c'est le moment-clé dans la saison", a regretté Luis Enrique, voulant "être optimiste avec les joueurs pour trouver notre vrai niveau en Ligue des champions".
Usés mentalement et physiquement, les Parisiens continuent de jouer avec la possession mais sans leur pressing agressif et collectif, leur jeu de passe fluide et leur efficacité dans la surface adverse. Des caractéristiques qui les avaient portés jusqu'au trophée suprême.
La défense parisienne, elle, est loin de la solidité de l'année dernière. Plus lents et moins efficaces dans les duels, les deux défenseurs Willian Pacho et Marquinhos sont plus facilement battus. Ils sont moins bien aidés par les latéraux Achraf Hakimi, par ailleurs fragilisé en dehors des terrains par son renvoi en procès pour viol, et Nuno Mendes, et par les milieux, qui ne sont plus tous aussi fringants comme Vitinha. L'entre-jeu pâtit aussi de l'absence depuis deux mois de Fabian Ruiz (genou) et de l'incertitude autour de Joao Neves (cheville), même s'il a participé à la séance collective mardi.
- Dembélé attendu -
Sans oublier les attaquants, qui sont souvent à la peine, manquant d'efficacité ou d'inspiration, ou les deux à la fois. Khvicha Kvaratskhelia ou encore Désiré Doué semblent choisir leurs matches, oscillant entre des performances impressionnantes comme Doué à Monaco il y a trois semaines (victoire 3-2) et des rencontres sans saveur.
Bradley Barcola produit beaucoup de différences par ses courses mais fait souvent le mauvais choix devant le but.
Et Ousmane Dembélé n'a toujours pas retrouvé sa forme de 2025. Touché par les blessures depuis le début de la saison, il a de nouveau été écarté des terrains plusieurs jours à cause d'un pépin au mollet. Vendredi, il a rejoué une demi-heure et il sera attendu à son niveau Ballon d'Or mercredi pour lancer le pressing.
"Quand il y a des problèmes c'est la tête le problème. C'est une sensation bizarre. C'est multifactoriel. La confiance ne s'achète pas à Monoprix. Ça se construit jour après jour", a aussi concédé vendredi l'entraineur.
En face, Chelsea traverse une saison à deux visages: d'un côté, des soucis défensifs et une indiscipline chronique (neuf cartons rouges); de l'autre, des fulgurances offensives avec à la baguette Cole Palmer et Joao Pedro, les bourreaux du PSG l'été dernier en finale de la Coupe du monde des clubs (3-0). Le seul trophée ayant échappé au PSG en 2025.
L'entraîneur Liam Rosenior, arrivé en janvier de Strasbourg, va vivre son premier match à élimination directe en Ligue des champions.
Dans cette compétition, le bilan est légèrement à l'avantage du club parisien: trois victoires, trois nuls, et deux défaites pour Paris, soit deux qualifications (2015, 2016) et une élimination (2014).
Au coeur de cette fameuse indécision des matches à élimination directe, le PSG pourra s'appuyer sur la qualification mémorable pour les quarts de finale en 2015, l'une des plus belles sous l'ère QSI, avec la tête rageuse de Thiago Silva à Stamford Bridge (1-1, 2-2). C'est à Paris de remettre de cette folie dans ses soirées européennes, et cette fois les Parisiens n'ont plus le temps d'attendre.
D.Kovar--TPP