The Prague Post - Les Libanais traumatisés vivent dans l'angoisse d'une nouvelle guerre

EUR -
AED 4.325867
AFN 73.611382
ALL 96.28184
AMD 444.062249
ANG 2.107873
AOA 1080.005553
ARS 1659.050122
AUD 1.664289
AWG 2.11555
AZN 2.002343
BAM 1.951045
BBD 2.371919
BDT 143.889287
BGN 1.94053
BHD 0.444049
BIF 3493.234237
BMD 1.177759
BND 1.487674
BOB 8.138364
BRL 6.072291
BSD 1.17753
BTN 107.010175
BWP 15.473953
BYN 3.398716
BYR 23084.083291
BZD 2.368427
CAD 1.613619
CDF 2538.071614
CHF 0.912734
CLF 0.02583
CLP 1019.927658
CNY 8.057523
CNH 8.067875
COP 4448.397071
CRC 557.361498
CUC 1.177759
CUP 31.210623
CVE 110.562217
CZK 24.255926
DJF 209.311629
DKK 7.472135
DOP 70.960402
DZD 152.941449
EGP 56.47853
ERN 17.66639
ETB 160.234458
FJD 2.614266
FKP 0.86919
GBP 0.87567
GEL 3.144162
GGP 0.86919
GHS 12.549024
GIP 0.86919
GMD 85.976627
GNF 10334.838711
GTQ 9.035677
GYD 246.277636
HKD 9.213464
HNL 31.245718
HRK 7.535658
HTG 154.433586
HUF 376.213434
IDR 19761.62416
ILS 3.686711
IMP 0.86919
INR 107.225979
IQD 1543.45363
IRR 1547629.965163
ISK 143.286361
JEP 0.86919
JMD 183.460836
JOD 0.835089
JPY 184.191549
KES 151.931311
KGS 102.994721
KHR 4723.992369
KMF 492.303152
KPW 1059.979383
KRW 1691.438996
KWD 0.361314
KYD 0.9814
KZT 587.577849
LAK 25227.605365
LBP 105468.350159
LKR 363.942932
LRD 216.266111
LSL 18.832061
LTL 3.477617
LVL 0.712415
LYD 7.449329
MAD 10.805358
MDL 20.16069
MGA 5006.655342
MKD 61.652295
MMK 2473.368224
MNT 4203.333513
MOP 9.486179
MRU 47.063217
MUR 54.541919
MVR 18.208071
MWK 2045.768355
MXN 20.323945
MYR 4.576786
MZN 75.26471
NAD 18.832298
NGN 1597.960199
NIO 43.247476
NOK 11.278123
NPR 171.21668
NZD 1.976422
OMR 0.452852
PAB 1.17753
PEN 3.951388
PGK 5.060951
PHP 67.94849
PKR 329.184137
PLN 4.226501
PYG 7584.114622
QAR 4.288221
RON 5.095011
RSD 117.436734
RUB 90.533357
RWF 1715.995375
SAR 4.417035
SBD 9.479208
SCR 17.166897
SDG 708.420169
SEK 10.687995
SGD 1.490922
SHP 0.883625
SLE 28.858208
SLL 24697.023958
SOS 673.087508
SRD 44.515786
STD 24377.240691
STN 24.732946
SVC 10.305881
SYP 130.437928
SZL 18.809057
THB 36.747241
TJS 11.187138
TMT 4.133935
TND 3.371337
TOP 2.835762
TRY 51.684912
TTD 7.990524
TWD 36.905105
TZS 3010.543718
UAH 50.874499
UGX 4238.868262
USD 1.177759
UYU 45.080123
UZS 14309.776447
VES 483.554853
VND 30710.075092
VUV 140.111731
WST 3.197112
XAF 654.36207
XAG 0.013608
XAU 0.000228
XCD 3.182953
XCG 2.122227
XDR 0.812368
XOF 651.88757
XPF 119.331742
YER 280.89205
ZAR 18.8309
ZMK 10601.244188
ZMW 22.046265
ZWL 379.238031
  • AEX

    -7.6200

    1022.4

    -0.74%

  • BEL20

    -177.4800

    5439.05

    -3.16%

  • PX1

    61.6300

    8620.93

    +0.72%

  • ISEQ

    200.9100

    13163.04

    +1.55%

  • OSEBX

    -7.3400

    1875.3

    -0.39%

  • PSI20

    -27.8900

    9267.91

    -0.3%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -265.7400

    3892.91

    -6.39%

  • N150

    -5.7500

    4100.96

    -0.14%

Les Libanais traumatisés vivent dans l'angoisse d'une nouvelle guerre
Les Libanais traumatisés vivent dans l'angoisse d'une nouvelle guerre / Photo: JOSEPH EID - AFP

Les Libanais traumatisés vivent dans l'angoisse d'une nouvelle guerre

Certains ont des crises de panique, d'autres éclatent en sanglots. Les Libanais, épuisés par dix mois de violences, vivent dans l'angoisse d'un conflit majeur avec Israël, qui ravive les traumatismes des guerres passées.

Taille du texte:

"J'ai l'impression que la maison va s'effondrer sur moi (...) Parfois, je me fige ou je me mets à pleurer", raconte une femme de 29 ans qui vit près de Saïda, la principale ville du sud du pays.

Employée contractuelle d'une ONG, elle avait 11 ans quand une guerre a opposé le Hezbollah pro-iranien à Israël en 2006, au cours de laquelle des bombes sont tombées près de sa maison.

"Ces sons vous plongent dans des flashbacks", ajoute la jeune femme qui ne veut pas dévoiler son nom, dans un pays où la santé mentale reste parfois un tabou.

"Je souffrais déjà d'anxiété et de dépression, mais ma santé mentale s'est détériorée" depuis octobre, explique-t-elle. Elle confie ne pas avoir les moyens de suivre une thérapie, son travail ayant ralenti en raison des hostilités.

Les échanges de tirs transfrontaliers entre le Hezbollah libanais et l'armée israélienne, quotidiens depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, menacent de tourner à un conflit plus large, après une frappe israélienne qui a tué le 30 juillet un chef militaire du Hezbollah près de Beyrouth et l'assassinat du chef du Hamas à Téhéran, imputé à Israël.

L'Iran et le Hezbollah ont promis de venger ces assassinats et les Libanais retiennent leur souffle.

Nombres de compagnies aériennes ont suspendu leurs vols pour Beyrouth, tandis que les chancelleries occidentales ont exhorté leurs ressortissants à quitter le pays.

- "Je ne pouvais pas respirer" -

Lorsque des avions israéliens ont survolé Beyrouth à basse altitude cette semaine et franchi le mur du son au-dessus de la capitale, Charbel Chaaya, 23 ans, a fait sa première "crise de panique".

"Je ne pouvais pas respirer, mes jambes étaient engourdies. Sur le moment, on ne savait pas ce que c'était, comme ce qui s'est passé le 4 août", confie ce jeune homme qui étudie le droit en France et dont la famille réside près de Beyrouth.

Le 4 août 2020, l'une des plus grandes explosions non nucléaires de l'histoire, dans le port de Beyrouth, a dévasté des quartiers entiers, tuant plus de 220 personnes.

Laila Farhood, professeure de psychiatrie et de santé mentale à l'Université américaine de Beyrouth, explique que le "cumul des traumatismes" a laissé de nombreux Libanais stressés, anxieux, déprimés et souffrant de stress post-traumatique.

Les traumatismes se transmettent d'une génération à l'autre, explique-t-elle.

Le Liban a connu une longue guerre civile, entre 1975 et 1990, et de multiples épisodes de conflit avec Israël, qui a notamment a envahi le pays et assiégé Beyrouth en 1982.

"Ce qui se passe maintenant réveille les traumatismes enfouis", ajoute cette spécialiste des traumatismes de guerre au Liban.

Layal Hamzé, d'Embrace, une association à but non lucratif qui gère un centre de santé mentale et une ligne d'assistance téléphonique pour la prévention du suicide, affirme que les Libanais sont désormais "plus sensibles à tous les bruits".

Sur les réseaux sociaux, beaucoup ont appelé à ce que cessent les feux d'artifice lancés lors des mariages ou les tirs d'armes automatiques qui célèbrent le baccalauréat, une pratique courante dans certaines régions.

"Le niveau d'adrénaline est déjà élevé. L'anxiété augmente (...) comme la peur de l'avenir et de la façon dont les choses pourraient dégénérer", estime Layal Hamzé.

- "Incertitude" -

La crainte d'une guerre totale intervient alors que les services publics, notamment le secteur de la santé, sont affectés depuis quatre ans par une crise économique qui a appauvri une grande partie de la population.

Les mécanismes d'adaptation varient énormément selon les personnes: certaines "font la fête" tandis que d'autres "se rapprochent de leur entourage" pour se sentir moins seules, poursuit Layal Hamzé.

Andrea Fahed, 28 ans, une danseuse dont l'appartement a été endommagé par l'explosion du port, a paniqué quand elle a entendu les bangs supersoniques cette semaine.

Elle déclare avoir "de la chance" d'être danseuse, car avec ses collègues "nous rions ensemble, nous bougeons ensemble... nous lâchons prise".

Désormais, elle garde ses fenêtres ouvertes, pour éviter qu'elles se brisent à la prochaine explosion.

On vit dans "l'incertitude, tout peut arriver", souffle-t-elle. Si la guerre "est aussi intense à Gaza, pourquoi elle n'arriverait pas ici?"

K.Pokorny--TPP