The Prague Post - Dans la ville la plus chaude du Pakistan, une spirale de canicule et de pauvreté extrêmes

EUR -
AED 4.291609
AFN 76.58073
ALL 92.528619
AMD 425.601652
ANG 2.091505
AOA 1071.587743
ARS 1752.352384
AUD 1.628755
AWG 2.104905
AZN 1.992911
BAM 1.955348
BBD 2.356355
BDT 142.966963
BGN 1.982339
BHD 0.441098
BIF 3481.695453
BMD 1.16858
BND 1.484557
BOB 13.512877
BRL 6.005918
BSD 1.16993
BTN 111.962128
BWP 15.676378
BYN 3.499891
BYR 22904.167326
BZD 2.352956
CAD 1.610987
CDF 2658.519697
CHF 0.935016
CLF 0.027365
CLP 1076.998257
CNY 7.854318
CNH 7.851268
COP 3559.471204
CRC 532.376979
CUC 1.16858
CUP 30.967369
CVE 110.239526
CZK 24.11458
DJF 208.331859
DKK 7.475768
DOP 68.544161
DZD 155.213138
EGP 59.459453
ERN 17.528699
ETB 189.210777
FJD 2.561058
FKP 0.856616
GBP 0.855693
GEL 3.044158
GGP 0.856616
GHS 13.014993
GIP 0.856616
GMD 85.887752
GNF 10279.624594
GTQ 8.927937
GYD 244.76344
HKD 9.16124
HNL 31.37375
HRK 7.538165
HTG 153.054632
HUF 362.813116
IDR 20640.627932
ILS 3.490784
IMP 0.856616
INR 111.833746
IQD 1532.645838
IRR 1606330.020829
ISK 141.620423
JEP 0.856616
JMD 185.677094
JOD 0.828537
JPY 185.608474
KES 151.237378
KGS 102.192108
KHR 4722.908635
KMF 493.140563
KPW 1051.722312
KRW 1615.900655
KWD 0.360425
KYD 0.974975
KZT 538.64553
LAK 26352.910393
LBP 104771.389521
LKR 385.141002
LRD 212.340932
LSL 18.760265
LTL 3.450513
LVL 0.706863
LYD 7.435282
MAD 10.805403
MDL 20.140346
MGA 5002.843947
MKD 61.510786
MMK 2453.796919
MNT 4201.954717
MOP 9.447517
MRU 46.619227
MUR 55.378703
MVR 18.054268
MWK 2028.631226
MXN 19.768752
MYR 4.717093
MZN 74.648547
NAD 18.760265
NGN 1576.040615
NIO 43.050052
NOK 10.865065
NPR 179.139605
NZD 1.953877
OMR 0.449186
PAB 1.16993
PEN 3.922294
PGK 5.184802
PHP 72.06047
PKR 324.626186
PLN 4.313714
PYG 7047.3715
QAR 4.253017
RON 5.2544
RSD 117.332887
RUB 96.651044
RWF 1723.901642
SAR 4.395529
SBD 9.386336
SCR 16.050191
SDG 702.907438
SEK 11.059388
SGD 1.482747
SHP 0.865761
SLE 28.750655
SLL 24504.536685
SOS 668.64549
SRD 44.13736
STD 24187.245934
STN 24.49434
SVC 10.236635
SYP 15193.876603
SZL 18.747668
THB 38.131016
TJS 10.792606
TMT 4.09003
TND 3.402714
TOP 2.81366
TRY 56.18287
TTD 7.935166
TWD 37.204069
TZS 3100.483345
UAH 52.27692
UGX 4351.994345
USD 1.16858
UYU 47.059126
UZS 13869.79498
VES 910.303051
VND 30529.151601
VUV 137.600505
WST 3.173755
XAF 655.805457
XAG 0.016781
XAU 0.000252
XCD 3.158146
XCG 2.108513
XDR 0.826247
XOF 655.805457
XPF 119.331742
YER 277.04111
ZAR 18.685401
ZMK 10518.613967
ZMW 22.19987
ZWL 376.282272
  • AEX

    3.2000

    1105.97

    +0.29%

  • BEL20

    64.3200

    5807.17

    +1.12%

  • PX1

    31.2800

    8484.43

    +0.37%

  • ISEQ

    157.1300

    14186.95

    +1.12%

  • OSEBX

    17.6500

    2093.58

    +0.85%

  • PSI20

    72.4000

    9354.78

    +0.78%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    90.3900

    4923.96

    +1.87%

  • N150

    31.6700

    4311.41

    +0.74%

Dans la ville la plus chaude du Pakistan, une spirale de canicule et de pauvreté extrêmes
Dans la ville la plus chaude du Pakistan, une spirale de canicule et de pauvreté extrêmes / Photo: Aamir QURESHI - AFP

Dans la ville la plus chaude du Pakistan, une spirale de canicule et de pauvreté extrêmes

Quand Saeed Ali, un écolier pakistanais, est arrivé à l'hôpital à Jacobabad, une des villes les plus chaudes du monde, il était à deux doigts de mourir d'un coup de chaleur.

Taille du texte:

Le garçon de 12 ans s'était effondré alors qu'il rentrait chez lui à pied sous le soleil brûlant, après avoir suffoqué toute la matinée dans une salle de classe dépourvue de ventilateurs.

"Le conducteur de rickshaw a dû porter mon fils. Il ne pouvait même plus marcher", raconte sa mère, Shaheela Jamali, assise à son chevet.

Située dans la province aride du Sindh, dans le centre du Pakistan, Jacobabad a enregistré des températures allant jusqu'à 51°C le weekend dernier, pendant la dernière grande vague de chaleur à s'être abattue sur l'Asie du Sud.

La ville est située sur "la ligne de front du changement climatique", affirme l'adjoint au maire, Abdul Hafeez Siyal. "La qualité de vie générale, ici, en souffre".

Jacobabad et les villages qui l'entourent comptent plus d'un million d'habitants, dont la plupart vivent dans une extrême pauvreté. Le manque d'eau et d'électricité rendent la canicule encore plus infernale.

Saeed a été hospitalisé dans un état critique, selon les médecins. Mais sa mère, mue par le désir de lui épargner un avenir de misère, a décidé qu'il retournera à l'école dès la semaine prochaine.

- "Comme un feu qui brûle" -

Un coup de chaleur, qui survient lorsque le corps est tellement surchauffé qu'il n'arrive plus à se refroidir, peut entraîner étourdissements, nausées, gonflements d'organes, syncopes, et même la mort.

Selon l'infirmier Bashir Ahmed, qui a soigné Saeed dans un centre de traitement des coups de chaleur récemment ouvert à Jacobabad, le nombre de patients arrivant dans un état grave augmente de jour en jour.

"Auparavant, la canicule atteignait son comble en juin et en juillet, mais maintenant elle arrive en mai", dit-il.

Outre les écoliers, les ouvriers qui n'ont d'autre choix que de travailler toute la journée au soleil sont parmi les plus vulnérables. De même que les employés des fabriques de briques, qui manipulent des fours qui peuvent atteindre 1.000°C et dégagent une fumée noire.

"L'intense chaleur nous donne parfois envie de vomir. Mais si je ne peux pas travailler, je ne peux pas gagner ma vie", raconte Rasheed Rind, employé dans une de ces fabriques depuis l'enfance.

A Jacobabad, toute la vie est centrée sur la nécessité d'échapper à la chaleur mortelle.

"C'est comme un feu qui brûle partout autour de nous. Ce dont nous avons le plus besoin, c'est d'électricité et d'eau", dit Shafi Mohammad, un forgeron.

Mais en raison des pénuries d'éléctricité, les villages n'ont droit qu'à six heures de courant par jour, et Jacobabad à douze heures. Et l'eau potable est rare, en raison de la sécheresse, de la mauvaise gestion des ressources par le gouvernement et de la pollution.

Khairun Nissa a accouché pendant la canicule. Elle a passé ses derniers jours de grossesse à transpirer sous un ventilateur de plafond partagé par sa famille de 13 personnes.

Son nouveau-né emmailloté est désormais à ses côtés. "Bien sûr, je suis très inquiète pour lui avec cette chaleur, mais je sais que Dieu pourvoira à nos besoins", dit-elle.

A l'extérieur de leur maison de trois pièces, où une odeur de déchets en décomposition et d'eau stagnante flotte dans l'air, le robinet d'eau installé par le gouvernement est à sec.

Mais les "mafias de l'eau" ont pris le relais: des individus sans scrupules qui puisent de l'eau potable dans les réserves publiques et l'acheminent dans des bidons sur des charrettes tirées par des ânes.

- Choisir entre manger ou boire -

A 20 roupies (25 centimes d'euro) les 20 litres, les familles les plus pauvres doivent parfois choisir entre manger ou boire.

Dans un village des environs de la ville, les femmes se lèvent à trois heures du matin et pompent de l'eau potable en plein soleil toute la journée. Mais ce n'est jamais assez.

"Nous préférons que l'eau potable aille d'abord au bétail, car notre subsistance en dépend", explique Abdul Sattar, un éleveur de buffles.

Ce principe n'admet aucune exception, même quand les enfants souffrent de maladies de peau et de diarrhée à cause des grosses chaleurs.

"C'est un choix difficile, mais comment les enfants mangeraient-ils si le bétail mourait?" justifie M. Sattar.

Pendant les mois les plus chauds, les habitants des communautés pauvres autour de Jacobabad migrent souvent vers des lieux où les températures plus clémentes permettent de travailler à l'extérieur sans risquer la mort, et où les pénuries d'eau et d'électricité sont moins aiguës.

Sharaf Khatoon partage un de ces campements de fortune avec une centaine de personnes, qui survivent grâce aux quelques maigres roupies que les hommes des familles gagnent en effectuant de menus travaux.

La chaleur devient souvent si intense qu'ils déménagent leur camp à 300 kilomètres de là, à Quetta, où les températures sont jusqu'à vingt degrés plus fraîches.

Cette année, le départ a été retardé, car ils ont eu du mal à rassembler l'argent nécessaire au voyage.

- Coups de chaleur chroniques -

"Nous avons des maux de tête, des battements de cœur inhabituels, des problèmes de peau, mais nous ne pouvons rien y faire", se plaint M. Khatoon.

Autour de lui, les enfants s'aspergent de l'eau saumâtre que crache une pompe manuelle, tandis que les femmes enroulent des foulards mouillés autour de leur tête.

La nuit, ils dorment à l'air libre pour chercher le moindre soupçon de brise.

Pour la professeure Nausheen H. Anwar, spécialiste de la planification urbaine, les autorités ne peuvent plus se contenter de mesures d'urgence face aux canicules, mais doivent penser à plus long terme.

"Il est important de prendre les vagues de chaleur au sérieux, mais une exposition chronique et prolongée à la chaleur est particulièrement critique", avertit-elle.

"Elle est exacerbée dans des endroits comme Jacobabad. La dégradation des infrastructures et de l'accès à l'eau et à l'électricité y empêche les gens de faire face", ajoute-t-elle.

- Syncopes à l'école -

Le long d'un canal asséché rempli d'ordures, des centaines de garçons et une poignée de filles se pressent vers une école publique pour y passer leurs examens de fin d'année.

Ils se rassemblent autour d'une pompe manuelle pour engloutir des tasses d'eau, déjà exténués avant même que la journée ne commence.

"Nous tentons de faire en sorte que les enfants gardent le moral, mais la chaleur a un impact sur leur santé mentale et physique", reconnaît le proviseur, Rashid Ahmed Khalhoro.

Il plaide pour que le gouvernement avance d'un mois les vacances scolaires, qui débutent normalement en juin, compte tenu de l'arrivée de plus en plus précoce des fortes chaleurs.

Certaines classes de l'école sont équipées de ventilateurs, mais pas toutes. Lorsque l'électricité est coupée, une heure après le début des cours, tout le monde étouffe dans la pénombre. Les enfants doivent parfois battre en retraite vers les couloirs.

Lorsqu'un enfant s'évanouit, ce qui est fréquent, les enseignants le raniment comme ils le peuvent, avec de l'eau froide achetée dans les magasins voisins, des éventails ou des comprimés de glucose.

Des garçons décrivent à l'AFP comment ils souffrent de maux de tête quotidiens et de diarrhées, mais se présentent chaque jour en cours, bien décidés à achever leur éducation.

"Nous suffoquons dans la chaleur, nous transpirons abondamment, nos vêtements sont trempés", raconte Ali Raza, 15 ans.

Selon M. Khalhoro, les étudiants sont déterminés à sortir de la pauvreté et à trouver un emploi qui les libérera de la chaleur mortelle.

"Ils sont préparés comme s'ils étaient sur un champ de bataille, ils savent qu'ils doivent réaliser quelque chose", dit-il.

X.Vanek--TPP