The Prague Post - En Norvège, le plus grand gisement de terres rares d'Europe suspendu au sort de coléoptères

EUR -
AED 4.327617
AFN 74.237859
ALL 96.46502
AMD 443.050188
ANG 2.10899
AOA 1080.577796
ARS 1613.508537
AUD 1.66649
AWG 2.12109
AZN 2.015809
BAM 1.956105
BBD 2.370359
BDT 143.822394
BGN 1.941559
BHD 0.444271
BIF 3489.728779
BMD 1.178383
BND 1.493355
BOB 8.131921
BRL 6.094246
BSD 1.176883
BTN 107.022853
BWP 15.583426
BYN 3.374811
BYR 23096.316304
BZD 2.366959
CAD 1.614179
CDF 2686.714321
CHF 0.913507
CLF 0.025871
CLP 1021.548616
CNY 8.141157
CNH 8.122238
COP 4352.406537
CRC 561.630258
CUC 1.178383
CUP 31.227162
CVE 110.277492
CZK 24.219785
DJF 209.582634
DKK 7.470975
DOP 72.333897
DZD 153.222777
EGP 56.280304
ERN 17.675752
ETB 183.142269
FJD 2.618663
FKP 0.873933
GBP 0.872929
GEL 3.152157
GGP 0.873933
GHS 12.933465
GIP 0.873933
GMD 86.612553
GNF 10324.687664
GTQ 9.030023
GYD 246.176842
HKD 9.214912
HNL 31.134395
HRK 7.533758
HTG 154.245692
HUF 379.43009
IDR 19823.945367
ILS 3.678112
IMP 0.873933
INR 107.192066
IQD 1541.833535
IRR 1512822.858383
ISK 144.905562
JEP 0.873933
JMD 183.374663
JOD 0.835515
JPY 182.54869
KES 151.693023
KGS 103.04926
KHR 4732.174628
KMF 492.564367
KPW 1060.548487
KRW 1704.096071
KWD 0.361434
KYD 0.980749
KZT 587.421467
LAK 25218.926814
LBP 105391.663244
LKR 364.136699
LRD 217.12999
LSL 18.960272
LTL 3.47946
LVL 0.712792
LYD 7.445159
MAD 10.791122
MDL 20.213062
MGA 5036.784273
MKD 61.647215
MMK 2474.351405
MNT 4205.179071
MOP 9.474035
MRU 47.118538
MUR 54.453369
MVR 18.218272
MWK 2040.809113
MXN 20.329648
MYR 4.592126
MZN 75.304607
NAD 18.960352
NGN 1584.513139
NIO 43.302517
NOK 11.262818
NPR 171.239671
NZD 1.973828
OMR 0.453082
PAB 1.176833
PEN 3.953316
PGK 5.132255
PHP 67.947939
PKR 328.916415
PLN 4.220893
PYG 7609.184819
QAR 4.289586
RON 5.096272
RSD 117.418891
RUB 90.399884
RWF 1718.860349
SAR 4.421037
SBD 9.48031
SCR 17.848855
SDG 708.798113
SEK 10.679094
SGD 1.492888
SHP 0.884093
SLE 28.851526
SLL 24710.111722
SOS 671.401694
SRD 44.299563
STD 24390.158991
STN 24.501216
SVC 10.29756
SYP 130.26066
SZL 18.953951
THB 36.589066
TJS 11.150527
TMT 4.124342
TND 3.416887
TOP 2.837265
TRY 51.678129
TTD 7.96624
TWD 37.059573
TZS 3025.891962
UAH 50.940516
UGX 4236.461922
USD 1.178383
UYU 45.664204
UZS 14373.238043
VES 473.511463
VND 30824.74439
VUV 139.567997
WST 3.19863
XAF 656.05637
XAG 0.013498
XAU 0.000227
XCD 3.18464
XCG 2.121121
XDR 0.815927
XOF 656.059154
XPF 119.331742
YER 280.985837
ZAR 18.859556
ZMK 10606.86843
ZMW 22.284375
ZWL 379.439001
  • AEX

    -1.2200

    1016.45

    -0.12%

  • BEL20

    -49.7600

    5605.19

    -0.88%

  • PX1

    -18.7300

    8497.17

    -0.22%

  • ISEQ

    -74.1300

    12931.91

    -0.57%

  • OSEBX

    -8.8600

    1875.29

    -0.47%

  • PSI20

    155.4400

    9245.67

    +1.71%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -91.2800

    4134.71

    -2.16%

  • N150

    -30.7600

    4069.99

    -0.75%

En Norvège, le plus grand gisement de terres rares d'Europe suspendu au sort de coléoptères
En Norvège, le plus grand gisement de terres rares d'Europe suspendu au sort de coléoptères / Photo: Sulejman Alihodzic - AFP/Archives

En Norvège, le plus grand gisement de terres rares d'Europe suspendu au sort de coléoptères

A l'heure où l'Europe cherche désespérément à accroître son autonomie stratégique, les plans de développement du plus grand gisement de terres rares du continent se heurtent aux craintes suscitées par l'impact sur des coléoptères, mousses, champignons et autres espèces menacées.

Taille du texte:

A deux heures de route au sud-ouest d'Oslo, Ulefoss, ancienne bourgade minière de quelque 2.000 habitants, repose sur un trésor, le Fensfeltet: 8,8 millions de tonnes de terres rares, des métaux indispensables à la transition énergétique et numérique, et définis comme critiques par l'Union européenne.

"Vous avez des terres rares dans la poche quand vous avez un smartphone sur vous. Vous roulez avec des terres rares quand vous êtes au volant d'un véhicule électrique, et vous avez besoin de terres rares pour fabriquer du matériel de défense comme les avions F-35", explique Tor Espen Simonsen, responsable local de Rare Earths Norway, l'entreprise qui dispose des droits d'extraction.

"Aujourd'hui, l'industrie européenne importe presque la totalité, 98%, des terres rares dont elle a besoin depuis un seul pays: la Chine. Nous sommes donc dans une situation où l'Europe doit se procurer davantage de ces matières premières par elle-même", ajoute-t-il.

Dans son règlement sur les matières premières critiques (CRMA), destiné à sécuriser ses approvisionnements, l'UE s'est fixé l'objectif de subvenir à au moins 10% de ses besoins à l'horizon 2030.

Or, aucun gisement de terres rares n'est aujourd'hui en exploitation sur le continent.

- "Se hâter lentement" -

Rare Earths Norway a déjà dû repousser son calendrier et envisage désormais d'entamer l'extraction dans la première moitié de la décennie 2030 en raison de préoccupations environnementales.

Si son projet dit de "mine invisible" limite son empreinte écologique en prévoyant une extraction et un concassage sous terre - par opposition à une mine à ciel ouvert - ainsi que la réinjection sous le sol d'une grande partie des résidus miniers, l'emplacement privilégié pour son parc minier pose problème.

L'entreprise souhaiterait faire remonter ses minerais derrière une colline, dans une zone à l'abri des regards et essentiellement recouverte de forêts naturelles anciennes, riches en biodiversité.

Des expertises y ont recensé 78 espèces animales et végétales placées sur la liste rouge, c'est-à-dire menacées - à des degrés divers - de disparition: différents coléoptères saproxyliques (liés au bois mort), des ormes de montagne, des frênes communs, une quarantaine de types de champignons, des mousses...

A tel point que le préfet, lors du cycle de consultations, s'est dit formellement opposé à cet emplacement. D'autant que la décharge de stériles (roches sans valeur commerciale) dans la zone aurait aussi des conséquences extrêmement négatives pour les systèmes aquatiques.

"Nous devons exploiter le plus rapidement possible pour pouvoir nous passer des chaînes de valeur polluantes en provenance de Chine", souligne Martin Molvaer, conseiller de Bellona, une ONG environnementale technophile norvégienne.

"Mais cela ne doit pas aller si vite que nous détruisions une grande partie de la nature au passage: il faut donc se hâter lentement", dit-il.

- "Peste et choléra" -

Face à ces objections, la municipalité a été contrainte de revoir sa copie et d'examiner plus attentivement des emplacements alternatifs pour les futures installations en surface de la mine.

Une autre zone, écologiquement moins sensible, existe bien, mais elle n'a les faveurs ni des promoteurs miniers ni de la population locale.

"Nous reconnaissons que nous devrons sacrifier une partie importante de notre nature", confie la maire Linda Thorstensen, "c'est un peu comme devoir choisir entre la peste et le choléra".

Mais dans une bourgade qui perd ses emplois et ses jeunes depuis des décennies, l'édile reste très favorable au projet, y voyant "une nouvelle aventure".

"Beaucoup de personnes vivent en marge du marché du travail, nombreuses sont celles qui perçoivent une aide sociale ou une pension d'invalidité. Nous avons donc besoin d'emplois et de perspectives", dit-elle.

Dans les rues clairsemées d'Ulefoss, la population est aussi prudemment positive.

"Nous voulons une dynamique qui nous permette de nous enrichir, que la commune en retire quelque chose. Nous avons besoin d'argent et de davantage d'habitants", témoigne Inger Norendal, enseignante à la retraite de 70 ans. "Mais l'exploitation minière a aussi évidemment le revers de sa médaille."

Q.Pilar--TPP