The Prague Post - Faut-il craindre la Guerre?

EUR -
AED 4.299352
AFN 73.753055
ALL 95.660061
AMD 432.747364
ANG 2.095397
AOA 1074.691924
ARS 1644.545257
AUD 1.634446
AWG 2.108702
AZN 2.001372
BAM 1.956014
BBD 2.358658
BDT 143.685726
BGN 1.952827
BHD 0.441831
BIF 3484.066451
BMD 1.170688
BND 1.495357
BOB 8.091886
BRL 5.837515
BSD 1.171028
BTN 111.01315
BWP 15.828665
BYN 3.297461
BYR 22945.487384
BZD 2.355258
CAD 1.600846
CDF 2718.92081
CHF 0.923521
CLF 0.026502
CLP 1043.04829
CNY 8.004521
CNH 8.002789
COP 4227.436792
CRC 532.558289
CUC 1.170688
CUP 31.023235
CVE 110.27707
CZK 24.382977
DJF 208.531933
DKK 7.47451
DOP 69.187573
DZD 155.167019
EGP 62.047678
ERN 17.560322
ETB 182.852413
FJD 2.576444
FKP 0.866451
GBP 0.866491
GEL 3.155027
GGP 0.866451
GHS 13.104434
GIP 0.866451
GMD 86.046709
GNF 10276.124722
GTQ 8.946941
GYD 245.005769
HKD 9.174162
HNL 31.128407
HRK 7.536069
HTG 153.376787
HUF 363.870355
IDR 20312.960982
ILS 3.465179
IMP 0.866451
INR 110.898877
IQD 1534.167915
IRR 1540625.581816
ISK 143.607979
JEP 0.866451
JMD 183.630098
JOD 0.830009
JPY 187.125719
KES 151.186547
KGS 102.352442
KHR 4690.493342
KMF 492.859786
KPW 1053.580295
KRW 1730.499869
KWD 0.36035
KYD 0.975903
KZT 542.409367
LAK 25708.81383
LBP 104927.484316
LKR 374.150951
LRD 214.89352
LSL 19.419826
LTL 3.456738
LVL 0.708138
LYD 7.434814
MAD 10.835486
MDL 20.16012
MGA 4867.532752
MKD 61.667297
MMK 2458.42118
MNT 4189.759565
MOP 9.453335
MRU 46.678109
MUR 54.82358
MVR 18.087029
MWK 2030.622252
MXN 20.365409
MYR 4.627144
MZN 74.818927
NAD 19.419826
NGN 1614.285623
NIO 43.094717
NOK 10.86264
NPR 177.620682
NZD 1.998084
OMR 0.450142
PAB 1.171028
PEN 4.11455
PGK 5.087557
PHP 72.151261
PKR 326.405325
PLN 4.252115
PYG 7285.797431
QAR 4.268967
RON 5.098466
RSD 117.429391
RUB 87.801985
RWF 1716.180506
SAR 4.390862
SBD 9.395867
SCR 15.839951
SDG 702.995979
SEK 10.838992
SGD 1.495349
SHP 0.874037
SLE 28.828172
SLL 24548.740292
SOS 669.270393
SRD 43.859778
STD 24230.880719
STN 24.502682
SVC 10.247122
SYP 129.636266
SZL 19.413042
THB 38.223364
TJS 10.978655
TMT 4.103262
TND 3.416374
TOP 2.818736
TRY 52.762331
TTD 7.962872
TWD 36.984964
TZS 3046.859814
UAH 51.615649
UGX 4362.477473
USD 1.170688
UYU 46.605101
UZS 14026.535205
VES 567.337203
VND 30854.656403
VUV 138.576893
WST 3.179443
XAF 656.026
XAG 0.016107
XAU 0.000256
XCD 3.163843
XCG 2.110531
XDR 0.81681
XOF 656.028802
XPF 119.331742
YER 279.384771
ZAR 19.427923
ZMK 10537.593458
ZMW 22.103419
ZWL 376.961101
  • AEX

    -3.6000

    997.41

    -0.36%

  • BEL20

    -46.4100

    5288.16

    -0.87%

  • PX1

    -44.5700

    8059.16

    -0.55%

  • ISEQ

    132.7000

    12419.95

    +1.08%

  • OSEBX

    11.3600

    2004.39

    +0.57%

  • PSI20

    -37.9900

    9227.14

    -0.41%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -55.5400

    3883.5

    -1.41%

  • N150

    5.3400

    4111.1

    +0.13%


Faut-il craindre la Guerre?




Au lendemain des déclarations choc du chef d’état‑major français, le débat sur la préparation du pays à un éventuel conflit ne cesse d’enfler. Le général Fabien Mandon a récemment averti des maires que la situation internationale se dégrade et qu’une confrontation avec la Russie, voire avec d’autres puissances, pourrait survenir d’ici 2030. Il a insisté sur la nécessité de se doter d’une « force d’âme » pour accepter les sacrifices : un conflit à haute intensité obligerait les Français à supporter des pertes humaines, des restrictions économiques et une mobilisation nationale sans précédent. Selon lui, la France doit doubler le nombre de réservistes, renforcer les infrastructures militaires et développer des entrepôts logistiques sur les territoires communaux afin d’assurer la résilience de l’armée. Ces propos, qui évoquent la possibilité de « perdre des enfants », désignent en réalité les jeunes soldats appelés à défendre la nation, mais ils ont suscité une vive émotion.

Une menace qui s’inscrit dans une tendance européenne
Les avertissements du général s’inscrivent dans un contexte d’inquiétude générale en Europe. La Revue nationale stratégique 2025 analyse la Russie comme une menace permanente et souligne que l’ère actuelle est caractérisée par un risque élevé de guerre de haute intensité sur le continent d’ici 2030. Elle appelle à la transformation de l’industrie de défense, à un réarmement moral et matériel et à une mobilisation de la nation. Dans ce document, le gouvernement reconnaît que les alliances traditionnelles sont moins fiables et que l’autonomie stratégique européenne est indispensable.

L’évolution de la posture française s’inscrit aussi dans un mouvement plus large. Plusieurs dirigeants européens partagent l’analyse de Paris. Le ministre de la Défense allemand Boris Pistorius a prévenu en novembre 2025 que la Russie pourrait être en mesure d’attaquer un pays de l’OTAN dès 2028‑2029 et que certains historiens estiment que l’été 2025 a peut‑être été le dernier été de paix en Europe. Il a appelé les États européens à accélérer leur réarmement afin d’éviter d’être pris de court. Dans le même esprit, la Croatie a voté en octobre 2025 le rétablissement d’un service militaire obligatoire de deux mois, suspendu depuis 2008, afin d’enseigner aux jeunes les bases de la défense et de renforcer la sécurité nationale. Des pays comme la Lituanie, la Norvège et la Suède ont déjà partiellement rétabli la conscription, et d’autres – la Belgique, les Pays‑Bas ou l’Allemagne – envisagent d’augmenter fortement leurs réserves. Cette réactivation des réflexes de défense, qui touche aussi la Finlande, l’Estonie ou l’Autriche, illustre la gravité perçue de la menace.

Controverse politique et réponse gouvernementale
Les propos du chef d’état‑major ont déclenché une tempête politique. Des responsables de gauche l’ont accusé d’alarmisme militariste, tandis que des élus de droite lui reprochaient de troubler l’opinion. Certains jugent inacceptable d’évoquer la perte de « nos enfants », y voyant une banalisation de la guerre ou une volonté d’entraîner la France vers un conflit. En revanche, le ministre de la Défense a défendu le général en expliquant que son propos avait été sorti de son contexte et qu’il reflétait simplement le langage d’un militaire conscient des risques. Le président de la République a lui‑même confirmé sa confiance dans le chef des armées et rappelé que l’objectif était de préparer les esprits sans envoyer des mineurs combattre. Il a souligné que les sacrifices évoqués concernaient les soldats et non les enfants au sens commun du terme, et que seule une armée préparée permettrait de dissuader une agression.

Cette controverse s’accompagne de tensions autour du budget. Emmanuel Macron a annoncé en juillet 2025 une accélération des dépenses militaires : le budget de défense, qui était de 32 milliards d’euros en 2017, doit atteindre 64 milliards d’euros dès 2027, trois ans plus tôt que prévu, avec des augmentations supplémentaires de 3,5 milliards en 2026 et de 3 milliards en 2027. Dans le projet de loi de finances pour 2026, le gouvernement prévoit de porter les crédits de défense à 57,1 milliards d’euros, soit une hausse de 13 % par rapport à 2025, ce qui représente environ 2,2 % du produit intérieur brut. Cette montée en puissance vise à financer la modernisation des équipements et l’augmentation du nombre de réservistes.

Mobilisation de la jeunesse et réserves
Face à cette situation, les autorités s’efforcent de renforcer le lien entre la jeunesse et la défense. Le gouvernement a annoncé la création d’un service militaire volontaire destiné à recruter 10 000 jeunes d’ici 2030 et 50 000 d’ici 2035 en remplaçant progressivement le Service national universel. L’objectif est d’offrir une formation militaire de base à des volontaires et de renforcer les rangs des réserves. Ce mouvement n’est pas isolé : la Belgique et les Pays‑Bas cherchent à accroître leurs réserves, et l’Allemagne étudie l’envoi de questionnaires aux jeunes de 18 ans pour sonder leur disponibilité. Les pays baltes, la Finlande, le Danemark et l’Autriche maintiennent ou rétablissent la conscription, conscients de l’urgence de constituer des forces capables de répondre à une attaque.

Parallèlement, le président a appelé en janvier 2025 à mobiliser davantage de volontaires pour soutenir l’armée. Il a précisé qu’il ne s’agissait pas de rétablir le service obligatoire, mais d’identifier les compétences et de mieux former les jeunes prêts à s’engager. Le projet de loi de programmation militaire 2024‑2030 prévoit un budget global de 413,3 milliards d’euros et fixe l’objectif d’avoir 210 000 militaires d’active pour 80 000 réservistes en 2030. Ce ratio de deux actifs pour un réserviste doit permettre à l’armée de disposer d’un volume suffisant pour absorber un choc majeur.

Une préparation qui concerne aussi la société
La dimension civile de la préparation à la guerre ne se limite pas à la mobilisation des soldats. Le gouvernement a publié en novembre 2025 un guide intitulé « Tous responsables », destiné à aider les ménages à faire face à des crises majeures. Le texte recommande à chaque foyer de préparer un kit d’urgence capable de garantir 72 heures d’autonomie. Ce kit doit contenir, entre autres, une trousse de premiers secours, des outils de base, de la nourriture non périssable, des vêtements chauds, une lampe de poche, un chargeur de téléphone, une paire de lunettes de secours, de l’argent liquide, des photocopies de documents essentiels et des doubles de clés. Une quantité de six litres d’eau potable par personne est recommandée, ainsi que des jeux pour occuper le temps. Le guide rappelle qu’il faut placer ce sac dans un endroit accessible, vérifier régulièrement les dates de péremption et réapprovisionner les batteries et les denrées. Il encourage également les citoyens à se former aux premiers secours et à constituer des réseaux de solidarité.

Cette approche vise à renforcer la résilience de la société face à toute forme de crise — guerre, catastrophe naturelle, pandémie ou cyberattaque. Elle s’accompagne d’une incitation à s’engager comme réserviste, pompier volontaire ou bénévole de sécurité civile. L’idée est que la défense de la nation ne repose plus uniquement sur l’armée de métier, mais qu’elle devienne l’affaire de tous.

Entre dissuasion et psychose : un équilibre délicat
La question de savoir si la France doit se préparer à la guerre ne peut être réduite à un simple oui ou non. D’un côté, l’analyse stratégique pointe une montée des menaces et une incertitude géopolitique qui contraignent les autorités à anticiper le pire. Le réarmement européen, le renforcement des budgets et la mobilisation des réserves témoignent d’une prise de conscience du risque de conflit. De l’autre, certains craignent que la multiplication des annonces alarmistes n’alimente la psychose et ne détourne l’attention des efforts diplomatiques. La controverse autour des propos du général Mandon révèle cette tension : préparer les esprits sans provoquer la panique, réarmer sans basculer dans la militarisation outrancière.

Au‑delà des polémiques, la préparation à une éventuelle guerre passe par un ensemble de mesures : moderniser l’armée, investir dans la défense, renforcer les alliances, mais aussi mobiliser la société civile, développer les réserves et préserver la cohésion nationale. La France, comme ses voisins européens, se trouve confrontée à un défi : assurer sa sécurité tout en préservant ses valeurs démocratiques. Le débat actuel a le mérite d’exposer ces enjeux et de rappeler que la paix se défend aussi par la vigilance et l’anticipation.