The Prague Post - Dans l'est de l'Ukraine, une guerre de clocher à la portée politique

EUR -
AED 4.330011
AFN 77.816604
ALL 96.386176
AMD 445.27199
ANG 2.11057
AOA 1080.58441
ARS 1706.95796
AUD 1.690751
AWG 2.12374
AZN 2.001046
BAM 1.953484
BBD 2.375883
BDT 144.149066
BGN 1.980039
BHD 0.444535
BIF 3481.804115
BMD 1.179037
BND 1.500778
BOB 8.151334
BRL 6.178977
BSD 1.179601
BTN 106.774838
BWP 15.534579
BYN 3.368605
BYR 23109.122866
BZD 2.372487
CAD 1.613306
CDF 2623.357481
CHF 0.917528
CLF 0.025709
CLP 1015.150551
CNY 8.185051
CNH 8.184945
COP 4294.05232
CRC 584.806528
CUC 1.179037
CUP 31.244477
CVE 110.134401
CZK 24.379295
DJF 210.060907
DKK 7.468143
DOP 74.337942
DZD 153.259481
EGP 55.366398
ERN 17.685553
ETB 182.723404
FJD 2.603373
FKP 0.860599
GBP 0.865826
GEL 3.171396
GGP 0.860599
GHS 12.952641
GIP 0.860599
GMD 86.659176
GNF 10353.118267
GTQ 9.04827
GYD 246.797344
HKD 9.206625
HNL 31.160367
HRK 7.528739
HTG 154.623203
HUF 379.584438
IDR 19841.657958
ILS 3.661204
IMP 0.860599
INR 106.577503
IQD 1545.127832
IRR 49666.928795
ISK 144.809316
JEP 0.860599
JMD 184.946962
JOD 0.835955
JPY 185.017418
KES 152.095646
KGS 103.106443
KHR 4751.517985
KMF 491.658611
KPW 1061.068507
KRW 1730.678721
KWD 0.362459
KYD 0.983034
KZT 586.114976
LAK 25373.911247
LBP 101574.027311
LKR 365.107051
LRD 219.300635
LSL 18.935754
LTL 3.481389
LVL 0.713187
LYD 7.45516
MAD 10.817076
MDL 19.959332
MGA 5224.851532
MKD 61.65157
MMK 2475.902139
MNT 4208.980897
MOP 9.492843
MRU 46.842652
MUR 54.317949
MVR 18.227717
MWK 2049.165735
MXN 20.473563
MYR 4.654863
MZN 75.175678
NAD 18.935336
NGN 1616.931904
NIO 43.41018
NOK 11.446161
NPR 170.839416
NZD 1.969009
OMR 0.453347
PAB 1.179601
PEN 3.964518
PGK 5.0542
PHP 69.307911
PKR 329.944946
PLN 4.217574
PYG 7807.741467
QAR 4.293168
RON 5.094974
RSD 117.387278
RUB 89.901336
RWF 1721.344913
SAR 4.42182
SBD 9.508517
SCR 16.63247
SDG 709.192533
SEK 10.618294
SGD 1.502429
SHP 0.884583
SLE 28.945049
SLL 24723.813011
SOS 673.826757
SRD 44.678417
STD 24403.682969
STN 24.471915
SVC 10.32176
SYP 13039.646688
SZL 18.934999
THB 37.525241
TJS 11.023728
TMT 4.132524
TND 3.354952
TOP 2.838838
TRY 51.310979
TTD 7.990525
TWD 37.358842
TZS 3047.810805
UAH 50.877391
UGX 4200.019556
USD 1.179037
UYU 45.466086
UZS 14460.852111
VES 445.657489
VND 30616.640206
VUV 140.961863
WST 3.214255
XAF 655.060768
XAG 0.014992
XAU 0.00024
XCD 3.186406
XCG 2.125979
XDR 0.814834
XOF 655.180078
XPF 119.331742
YER 280.993934
ZAR 19.036252
ZMK 10612.744345
ZMW 23.091618
ZWL 379.649395
  • AEX

    -3.6800

    990.32

    -0.37%

  • BEL20

    45.6500

    5545.43

    +0.83%

  • PX1

    82.6100

    8262.16

    +1.01%

  • ISEQ

    144.4500

    13519.02

    +1.08%

  • OSEBX

    5.9800

    1765.77

    +0.34%

  • PSI20

    53.8500

    8881.79

    +0.61%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -18.9200

    4094.87

    -0.46%

  • N150

    24.1500

    3983.95

    +0.61%

Dans l'est de l'Ukraine, une guerre de clocher à la portée politique
Dans l'est de l'Ukraine, une guerre de clocher à la portée politique / Photo: Roman PILIPEY - AFP/Archives

Dans l'est de l'Ukraine, une guerre de clocher à la portée politique

Dans sa nef étroite, l'archiprêtre Oleksandre Tkatchouk s'emporte durant son homélie: "Méfiez-vous des fausses églises, des faux prophètes", lance-t-il devant une poignée de fidèles à Kramatorsk, dans l'est de l'Ukraine, où se joue une guerre de clocher.

Taille du texte:

À une vingtaine de kilomètres de là, le front gronde entre l'Ukraine et la Russie, mais dans cette ville du Donbass, un autre conflit divise les âmes, entre l'Église orthodoxe indépendante crée en 2018, et sa rivale relevant du patriarcat de Moscou.

"Ce n'est que le FSB sous le couvert de l'église", lâche Oleksandre, 53 ans, en référence au service de sécurité russe.

Avis partagé par beaucoup en Ukraine, l'un des pays les plus importants du monde orthodoxe, avec des millions de croyants.

Pour une majorité d'Ukrainiens, l'invasion lancée par la Russie en 2022 et ardemment soutenue par le patriarcat de Moscou qui l'a qualifiée de "guerre sainte" a remis en cause tout ce qui est associé à ce pays, y compris l'Eglise qui a perdu de sa popularité.

L'an dernier, 56% de la population se disaient des fidèles de l'Eglise indépendante et 6% de celle relevant du patriarcat de Moscou, contre respectivement 34% et 15% en 2020, selon l'Institut international de sociologie de Kiev.

Mais au grand dam d'Oleksandre, il y a bien peu de monde à assister à son homélie: à Kramatorsk, où vivaient avant le début de l'invasion russe quelque 147.000 personnes, la majorité des habitants préfèrent toujours l'église concurrente.

Nombre de fidèles sont des personnes âgées russophones, nostalgiques de l'époque soviétique où beaucoup d'entre elles travaillaient dans des mines à charbon, répandues dans la région, étaient respectées et très bien payées.

- Agents de Moscou? -

Après l'indépendance de l'Ukraine en 1991, les orthodoxes avaient été divisés entre trois Eglises: celle relevant du patriarcat de Moscou, la plus importante, et deux dissidentes, qui ont fusionné en 2018 pour devenir une nouvelle Eglise.

Cette Eglise indépendante de Moscou et reconnue par une partie des autres églises orthodoxes dans le monde a mis fin à 332 ans de tutelle religieuse russe sur l'Ukraine.

Sur le parvis de son église rose, le père Oleksandre, glabre et en tee-shirt, détonne dans l'univers des prêtres orthodoxes traditionnels barbus et aux cheveux longs.

"Je veux mettre des bancs comme les catholiques, c'est quoi cette façon de rester debout des heures durant ?", lance le prêtre progressiste, adoptant les recommandations du chef de son Eglise, Epiphaniï, jeune et assez libéral.

Celui de l'Eglise adverse, le métropolite Onoufriï, a été accusé par Kiev de posséder un passeport russe et de l'avoir caché, ce que le dignitaire a nié. Le président Volodymyr Zelensky a révoqué cet été sa nationalité ukrainienne.

Depuis l'invasion en 2022, des poursuites criminelles ont été engagées contre 180 de ses prêtres, le plus souvent soupçonnés d'être agents russes, a indiqué à l'AFP le service de sécurité ukrainien (SBU).

Kiev a exigé que cette Eglise coupe ses liens avec le patriarcat de Moscou, ce qu'elle affirme avoir fait. Kiev l'accuse aussi de propager l'influence russe, ce qu'elle nie.

En septembre, l'Ukraine a entamé des procédures judiciaires en vue de l'interdire si elle ne met pas fin rapidement à toute affiliation avec l'Eglise russe.

Mykola, un paroissien de la nouvelle confession dont le village a été rasé par les bombes russes, voudrait que les églises liées à Moscou soient fermées.

Mais non loin de là, la grande cathédrale de Kramatorsk appartenant à l'Eglise rivale est comble.

Une centaine de personnes âgées prient debout au son de voix cristallines. Une volée de cloches et certains posent front et genoux à terre.

"Plus on interdit quelque chose, plus les gens le veulent", sourit l'archiprêtre Serguiï Kapitonenko, 48 ans.

- "Aucune différence" -

Il dénonce une "persécution", en citant notamment un incident survenu en juin, quand un groupe de jeunes hommes armés de bâtons, sans doute nationalistes, avaient expulsé des fidèles d'une église de sa paroisse.

Le prêtre assure que des soldats ukrainiens viennent prier chez lui et qu'il "prie" pour l'Ukraine.

Mais pour autant, il ne se liera pas à la nouvelle Église ukrainienne, trop libérale pour lui. "Nous restons fidèles à l'enseignement reçu il y a 2.000 ans".

Derrière cette bataille de soutanes se cache une question politique, l'influence de l'Eglise restant importante sur la société ukrainienne, dont 70% se disent orthodoxes.

Une fois les portes de l'église closes, les rites sont pourtant les mêmes, les saints identiques.

A la sortie de la cathédrale, Roman Salnykov, venu de Kiev, dit être passé par les deux églises et n'avoir vu "aucune différence".

Pour cet étudiant de 22 ans, les fidèles restent dans l'Église liée à Moscou "par habitude" et la seule différence se situe entre les prêtres eux-mêmes.

A.Slezak--TPP