The Prague Post - Dans l'est de l'Ukraine, une guerre de clocher à la portée politique

EUR -
AED 4.246634
AFN 73.430163
ALL 94.923531
AMD 424.664483
ANG 2.070369
AOA 1061.514433
ARS 1656.448721
AUD 1.643921
AWG 2.081401
AZN 1.968375
BAM 1.954716
BBD 2.321213
BDT 141.76138
BGN 1.930985
BHD 0.434955
BIF 3435.294799
BMD 1.156334
BND 1.484996
BOB 7.963583
BRL 5.896028
BSD 1.152461
BTN 110.304779
BWP 15.641461
BYN 3.180922
BYR 22664.140558
BZD 2.317904
CAD 1.616265
CDF 2651.473435
CHF 0.92076
CLF 0.026634
CLP 1048.239481
CNY 7.835606
CNH 7.821233
COP 4049.954721
CRC 526.115043
CUC 1.156334
CUP 30.642843
CVE 110.203881
CZK 24.168588
DJF 205.226182
DKK 7.474125
DOP 67.53313
DZD 154.124217
EGP 60.117452
ERN 17.345006
ETB 184.26146
FJD 2.566252
FKP 0.863664
GBP 0.862654
GEL 3.063772
GGP 0.863664
GHS 12.849874
GIP 0.863664
GMD 83.850427
GNF 10095.401131
GTQ 8.785128
GYD 241.046317
HKD 9.061326
HNL 30.908848
HRK 7.536519
HTG 150.638411
HUF 353.560719
IDR 20722.482823
ILS 3.38713
IMP 0.863664
INR 110.302498
IQD 1514.79715
IRR 1591115.173773
ISK 143.790331
JEP 0.863664
JMD 182.338876
JOD 0.819809
JPY 185.390933
KES 150.011377
KGS 101.121415
KHR 4641.445942
KMF 492.598063
KPW 1040.532951
KRW 1759.402224
KWD 0.356624
KYD 0.960467
KZT 562.867836
LAK 25370.819741
LBP 103205.816205
LKR 384.066998
LRD 209.753671
LSL 19.03696
LTL 3.414353
LVL 0.699455
LYD 7.361917
MAD 10.697532
MDL 20.064785
MGA 4863.539643
MKD 61.650659
MMK 2427.887477
MNT 4138.310301
MOP 9.303242
MRU 45.814159
MUR 55.26151
MVR 17.865284
MWK 1998.517555
MXN 19.954562
MYR 4.697605
MZN 73.901374
NAD 19.037042
NGN 1572.243588
NIO 42.344607
NOK 10.996445
NPR 176.487647
NZD 1.987529
OMR 0.444613
PAB 1.152461
PEN 3.932704
PGK 5.060984
PHP 70.49877
PKR 320.714207
PLN 4.251301
PYG 7080.07342
QAR 4.215416
RON 5.238657
RSD 117.343604
RUB 83.227826
RWF 1692.461368
SAR 4.341281
SBD 9.303494
SCR 16.266272
SDG 694.377397
SEK 10.934152
SGD 1.486184
SHP 0.86332
SLE 28.448391
SLL 24247.741997
SOS 660.817328
SRD 43.174607
STD 23933.773002
STN 24.486737
SVC 10.084407
SYP 127.81199
SZL 19.032609
THB 37.947374
TJS 10.74704
TMT 4.041386
TND 3.374762
TOP 2.784174
TRY 53.496272
TTD 7.831657
TWD 36.579502
TZS 3018.028679
UAH 51.789326
UGX 4344.590508
USD 1.156334
UYU 46.554181
UZS 13841.323657
VES 672.937464
VND 30449.157207
VUV 138.310997
WST 3.175158
XAF 655.593411
XAG 0.017319
XAU 0.000277
XCD 3.12505
XCG 2.077093
XDR 0.815355
XOF 655.593411
XPF 119.331742
YER 275.889616
ZAR 18.844481
ZMK 10408.388571
ZMW 19.908959
ZWL 372.33898
  • AEX

    11.1600

    1074.23

    +1.05%

  • BEL20

    80.1900

    5727.24

    +1.42%

  • PX1

    175.5000

    8376.53

    +2.14%

  • ISEQ

    408.7800

    13595.24

    +3.1%

  • OSEBX

    -29.2300

    1972.62

    -1.46%

  • PSI20

    45.1200

    9069.58

    +0.5%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    64.9300

    4253.66

    +1.55%

  • N150

    48.8300

    4258.53

    +1.16%

Dans l'est de l'Ukraine, une guerre de clocher à la portée politique
Dans l'est de l'Ukraine, une guerre de clocher à la portée politique / Photo: Roman PILIPEY - AFP/Archives

Dans l'est de l'Ukraine, une guerre de clocher à la portée politique

Dans sa nef étroite, l'archiprêtre Oleksandre Tkatchouk s'emporte durant son homélie: "Méfiez-vous des fausses églises, des faux prophètes", lance-t-il devant une poignée de fidèles à Kramatorsk, dans l'est de l'Ukraine, où se joue une guerre de clocher.

Taille du texte:

À une vingtaine de kilomètres de là, le front gronde entre l'Ukraine et la Russie, mais dans cette ville du Donbass, un autre conflit divise les âmes, entre l'Église orthodoxe indépendante crée en 2018, et sa rivale relevant du patriarcat de Moscou.

"Ce n'est que le FSB sous le couvert de l'église", lâche Oleksandre, 53 ans, en référence au service de sécurité russe.

Avis partagé par beaucoup en Ukraine, l'un des pays les plus importants du monde orthodoxe, avec des millions de croyants.

Pour une majorité d'Ukrainiens, l'invasion lancée par la Russie en 2022 et ardemment soutenue par le patriarcat de Moscou qui l'a qualifiée de "guerre sainte" a remis en cause tout ce qui est associé à ce pays, y compris l'Eglise qui a perdu de sa popularité.

L'an dernier, 56% de la population se disaient des fidèles de l'Eglise indépendante et 6% de celle relevant du patriarcat de Moscou, contre respectivement 34% et 15% en 2020, selon l'Institut international de sociologie de Kiev.

Mais au grand dam d'Oleksandre, il y a bien peu de monde à assister à son homélie: à Kramatorsk, où vivaient avant le début de l'invasion russe quelque 147.000 personnes, la majorité des habitants préfèrent toujours l'église concurrente.

Nombre de fidèles sont des personnes âgées russophones, nostalgiques de l'époque soviétique où beaucoup d'entre elles travaillaient dans des mines à charbon, répandues dans la région, étaient respectées et très bien payées.

- Agents de Moscou? -

Après l'indépendance de l'Ukraine en 1991, les orthodoxes avaient été divisés entre trois Eglises: celle relevant du patriarcat de Moscou, la plus importante, et deux dissidentes, qui ont fusionné en 2018 pour devenir une nouvelle Eglise.

Cette Eglise indépendante de Moscou et reconnue par une partie des autres églises orthodoxes dans le monde a mis fin à 332 ans de tutelle religieuse russe sur l'Ukraine.

Sur le parvis de son église rose, le père Oleksandre, glabre et en tee-shirt, détonne dans l'univers des prêtres orthodoxes traditionnels barbus et aux cheveux longs.

"Je veux mettre des bancs comme les catholiques, c'est quoi cette façon de rester debout des heures durant ?", lance le prêtre progressiste, adoptant les recommandations du chef de son Eglise, Epiphaniï, jeune et assez libéral.

Celui de l'Eglise adverse, le métropolite Onoufriï, a été accusé par Kiev de posséder un passeport russe et de l'avoir caché, ce que le dignitaire a nié. Le président Volodymyr Zelensky a révoqué cet été sa nationalité ukrainienne.

Depuis l'invasion en 2022, des poursuites criminelles ont été engagées contre 180 de ses prêtres, le plus souvent soupçonnés d'être agents russes, a indiqué à l'AFP le service de sécurité ukrainien (SBU).

Kiev a exigé que cette Eglise coupe ses liens avec le patriarcat de Moscou, ce qu'elle affirme avoir fait. Kiev l'accuse aussi de propager l'influence russe, ce qu'elle nie.

En septembre, l'Ukraine a entamé des procédures judiciaires en vue de l'interdire si elle ne met pas fin rapidement à toute affiliation avec l'Eglise russe.

Mykola, un paroissien de la nouvelle confession dont le village a été rasé par les bombes russes, voudrait que les églises liées à Moscou soient fermées.

Mais non loin de là, la grande cathédrale de Kramatorsk appartenant à l'Eglise rivale est comble.

Une centaine de personnes âgées prient debout au son de voix cristallines. Une volée de cloches et certains posent front et genoux à terre.

"Plus on interdit quelque chose, plus les gens le veulent", sourit l'archiprêtre Serguiï Kapitonenko, 48 ans.

- "Aucune différence" -

Il dénonce une "persécution", en citant notamment un incident survenu en juin, quand un groupe de jeunes hommes armés de bâtons, sans doute nationalistes, avaient expulsé des fidèles d'une église de sa paroisse.

Le prêtre assure que des soldats ukrainiens viennent prier chez lui et qu'il "prie" pour l'Ukraine.

Mais pour autant, il ne se liera pas à la nouvelle Église ukrainienne, trop libérale pour lui. "Nous restons fidèles à l'enseignement reçu il y a 2.000 ans".

Derrière cette bataille de soutanes se cache une question politique, l'influence de l'Eglise restant importante sur la société ukrainienne, dont 70% se disent orthodoxes.

Une fois les portes de l'église closes, les rites sont pourtant les mêmes, les saints identiques.

A la sortie de la cathédrale, Roman Salnykov, venu de Kiev, dit être passé par les deux églises et n'avoir vu "aucune différence".

Pour cet étudiant de 22 ans, les fidèles restent dans l'Église liée à Moscou "par habitude" et la seule différence se situe entre les prêtres eux-mêmes.

A.Slezak--TPP