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La Maison Blanche a défendu jeudi pied à pied l'action de la police fédérale, visée selon elle par un "assaut organisé", au moment où la mort d'une femme à Minneapolis, tuée la veille par un agent de l'immigration, a provoqué des manifestations dans cette grande ville du nord des Etats-Unis.
Le vice-président JD Vance a martelé que le policier qui a abattu cette Américaine de 37 ans a agi en état de "légitime défense". Mais cette version est fermement contestée par l'opposition locale démocrate, qui dénonce la "propagande" du gouvernement conservateur de Donald Trump, et est mise en doute par plusieurs vidéos.
Devant un bâtiment fédéral, dans la banlieue de la ville aux trottoirs couvert de neige, une bousculade et quelques échanges de coups ont eu lieu jeudi matin entre protestataires et policiers. Au moins deux personnes ont été arrêtées, a constaté un photographe de l'AFP.
Un autre rassemblement s'est tenu sur les lieux de la fusillade, dans le calme, avec là encore des centaines d'habitants et des prises de parole de responsables locaux.
Une cagnotte totalisant déjà près de 800.000 dollars a été lancée pour soutenir l'épouse et la famille de la victime, Renee Nicole Good.
Des photos de cette mère de 3 enfants ont été affichées dans les rues de Minneapolis, la représentant blonde et souriante. "Assassinée par ICE", peut-on lire au-dessus de l'image.
- "Mouvement de gauche dangereux" -
Mais à Washington, l'administration Trump a continué de défendre l'action de ses policiers.
"L'incident meurtrier qui s'est déroulé au Minnesota hier est le résultat d'un mouvement de gauche dangereux et plus vaste qui s'est répandu dans tout le pays, où les courageux hommes et femmes des forces de l'ordre subissent un assaut organisé", a déclaré de son côté la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.
C'est à moins de deux kilomètres du lieu de la mort de Renee Nicole Good que George Floyd, un Afro-Américain, avait été tué en 2020 par un policier blanc, un drame qui avait provoqué des semaines de manifestations antiracistes, parfois violentes, à travers les Etats-Unis.
Les faits qui secouent jeudi la grande ville du Minnesota se sont déroulés mercredi matin, alors que l'ICE menait une vaste série d'opérations impliquant environ 2.000 policiers.
Selon les autorités fédérales, Renee Nicole Good a été tuée par un agent alors après avoir tenté de renverser des policiers avec sa voiture. Tout en soutenant cette version, Donald Trump a déclaré au New York Times: "Je ne veux voir personne se faire tirer dessus."
"Percuter un agent de la police de l'immigration (ICE) avec votre voiture, ça justifie qu'on vous tire dessus", a déclaré JD Vance. "L'idée que cela n'était pas justifié est absurde."
- Vidéos -
Cette explication officielle est vigoureusement contestée, images à l'appui, par les autorités locales démocrates. Le gouverneur Tim Walz a dénoncé une "machine de propagande", le maire de la ville les "conneries" des autorités fédérales.
Plusieurs policiers demandent à la conductrice de sortir de son véhicule. L'un d'eux tente d'ouvrir la portière. Mais alors que la voiture redémarre vers la droite pour s'éloigner des agents, un policier placé à l'avant-gauche du véhicule ouvre le feu à plusieurs reprises.
La voiture de la victime va alors s'encastrer dans une autre, garée un peu plus loin.
Un habitant vivant près de la scène, qui n'a souhaité donner que son prénom, Tyrice, a raconté avoir "entendu trois coups de feu, puis le bruit d'un accident".
Le FBI est seul en charge de l'enquête.
Mercredi, la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem a insisté sur le fait que la victime avait "entravé le travail" de la police "tout au long de la journée".
A plusieurs reprises ces derniers mois, des personnes sont mortes, souvent accidentellement, en tentant d'échapper à des contrôles de la police fédérale de l'immigration.
B.Barton--TPP